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Philippe de Mester, nouveau préfet de la Somme

Philippe de Mester a pris officiellement ses fonctions le 1er janvier dernier. Il a rencontré la presse ce mercredi 6 janvier.

Cérémonie d'installation de Philippe De Mester, préfet de la Somme, le lundi 4 janvier au monument aux morts, Place Foch, à Amiens.
Cérémonie d'installation de Philippe De Mester, préfet de la Somme, le lundi 4 janvier au monument aux morts, Place Foch, à Amiens.
© D R

Parce que «la sécurité est la mission, plus exactement la première mission du corps préfectoral, ma première visite, la nuit de la Saint-Sylvestre, quelques heures à peine avant ma prise de fonctions, a été pour les pompiers, les gendarmes et les policiers», explique Philippe de Mester, le nouveau préfet de la Somme. Une autre façon de dire que la question de la sécurité fera l’objet de toute son attention, ainsi que celle de l’emploi, car «le chômage rongeant notre société, il faut mobiliser toutes les énergies, même si la réponse à cette question est extrêmement complexe et qu’il n’existe aucune solution magique», ajoute-t-il.
Seule certitude, pour lui, la nécessité de préserver le tissu industriel et de le redévelopper. Mais «dans le concert international, une seule voie doit être empruntée, celle de l’innovation et de la technologie. Une voie possible, car notre territoire national a de grandes possibilités, de même que notre département avec l’agroalimentaire, la chimie verte et l’industrie (mécanique, verrerie, aéronautique)». Mais quelles que soient les options prises, avant toute chose, «il faut être à l’écoute du territoire et de ceux qui y vivent, d’autant que beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment de ne pas être entendus et suffisamment considérés. Notre devoir sera donc de redoubler d’attention, de capacité d’écoute et de trouver des réponses aux questions qui nous sont posées», précise le préfet. Et des questions, il n’en manque pas.

Un travail dans la continuité
Sur la question des Plans de prévention des risques (PPR) et des levées de bouclier des élus du littoral, comme de la population, le préfet rappelle «qu’après des événements tel celui de la Faute-sur-Mer, on ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé. Nous avons une obligation de dialogue et d’écoute des élus locaux, des gens qui veulent se développer, mais ceci ne peut se faire sans mettre en cause la sécurité des personnes et des biens. On ne peut pas transiger sur le sujet». Une position déjà clairement énoncée et suivie par son prédécesseur, Nicole Klein.
Et le sous-préfet d’Abbeville, Jean-Claude Geney, d’ajouter que les discussions se poursuivent et que les PPR crée des contraintes pour l’urbanisme, une fois qu’il est adopté, ce qui n’est le cas que pour un seul actuellement sur les quatre en cours d’élaboration. Sur les inquiétudes des agriculteurs dans la zone des Bas-Champs pour leurs exploitations, celui-ci rappelle que «dans une grande majorité des cas, les mises aux normes des exploitations pourront être réalisées. Pour quelques exploitations, la situation est plus difficile, car le niveau minimum du sol à respecter par rapport à l’existant implique que celui-ci soit relevé de quelques mètres, ce qui pose problème pour le bétail. Une fois cela dit, la priorité reste la protection des personnes et des biens, mais chaque fois qu’il sera possible d’assouplir la doctrine, nous le proposerons au préfet».
Autre dossier délicat en lien avec le monde agricole, la ferme des 1 000 vaches. Un dossier qui, pour le préfet, soulève deux questions : la première est celle de «la coexistence entre les gens d’un quartier urbain un peu chic», et la seconde, celle des «divergences d’appréciation sur le modèle économique d’exploitation». Selon lui, la seule façon d’éviter la montée des crispations entre le monde agricole et les riverains est de «diffuser un message de confiance sur les conditions dans lesquelles on va conduire nos procédures. C’est dans ce sens-là que Nicole Klein avait souhaité lancer l’enquête publique, à la suite de la procédure administrative demandée par le promoteur du projet pour régulariser sa situation. Nous n’avons rien à cacher sur le sujet. Nous continuerons à surveiller de près le fonctionnement de cette installation. Si on constate d’autres manquements, on prendra les décisions qui s’imposent».
Très rapidement, le préfet prendra rendez-vous avec le monde agricole. Parmi les questions abordées, il y aura forcément «le Plan de soutien à l’élevage, la question de la viabilité des exploitations, les difficultés avec l’Europe, et comment on peut faire pour trouver des solutions et des aides rapides pour les agriculteurs en difficulté», explique Philippe de Mester.
Sur le plus long terme, il souhaite aussi se pencher avec la profession sur les enjeux économiques des différentes filières et comment structurer au mieux l’outil industriel. «La profession agricole est incontestablement face à des choix de modèle d’exploitation très difficiles. Nous serons à l’écoute», conclut-il.

Son parcours

Ne vous y trompez pas, la particule n’est pas signe de noblesse, mais d’origine flamande. Ce natif de Calais, âgé aujourd’hui de 60 ans, marié et père de deux enfants, a débuté sa vie professionnelle dans une entreprise de textile comme ouvrier. Son intention ? Mettre de l’argent de côté pour pouvoir se payer des études. Objectif atteint deux ans plus tard. Il fait des études supérieures à l’école de service social à Lille, puis exerce ce métier au sein du Conseil général du Nord.
Sa vie change littéralement quand il passe le concours de l’ENA, et qu’il fait le choix de la carrière préfectorale. Après avoir occupé des postes préfectoraux dans la Manche, en Guadeloupe, le Tarn, puis être passé par le ministère de l’Intérieur, il revient dans la préfectorale dans le Val de Marne. Nouvelle sortie de la préfectorale pour diriger l’Agence régionale de l’hospitalisation d’Alsace. Il enchaîne avec la direction générale des services du Conseil régional de Haute-Normandie, avant de partir à Mayotte en 2001 comme préfet. De retour en métropole en 2002, il devient préfet des Alpes de Haute-Provence. Puis, en 2004, il est à la tête de RFF pour Rhône Alpes et l’Auvergne, avant de diriger l’Opac du Rhône de 2009 à 2012. Depuis 2012, il était directeur général des services du Conseil régional de Rhône Alpes.

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