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Piétin verse, un risque à évaluer à la parcelle

Le blé est-il plus vulnérable au piétin verse cette année ? Pour quelles raisons et comment lutter ? Les réponses d’Arvalis-Institut du végétal.

Le meilleur moyen de lutte contre le piétin verse est le choix variétal.
Le meilleur moyen de lutte contre le piétin verse est le choix variétal.
© Arvalis

Le risque climatique est élevé cette année compte tenu des conditions climatiques douces et pluvieuses de l’automne et de l’hiver qui rappelle l’année 2001 (grande année piétin verse). Cependant, ce risque est largement déterminée par les critères agronomiques de la parcelle (potentiel infecteux, milieu physique, sensibilité variétale et date de semis). L’utilisation de la grille agronomique permettra donc d’affiner le risque pour décider de l’intérêt réel d’une intervention, en complétant par des observations à la parcelle. En cas d’attaque, la nuisibilité liée au piétin verse est relativement faible avec seulement 3 à 4 q/ha de perte de rendement en absence de verse. Attention donc à la rentabilité d’un traitement (parfois onéreux) qui ne sera donc pas forcément systématique.
Le meilleur moyen de lutte contre le piétin verse est le choix variétal, les variétés peu sensibles à cette maladie (notée 5 et plus) ne nécessiteront aucune intervention.

Utiliser la grille de risque agronomique
L’utilisation de la grille agronomique de risque prend en compte l’effet climatique élevé de cette année (indice TOP), mais également l’effet variétal, le potentiel infectieux et le type de sol. La rotation des pailles est un élement important, ainsi les successions de blé sur blé, ou les rotations avec présence de blé tous les deux ans, favorisent la maladie qui se maintient d’une saison à l’autre sur les résidus de culture. Il faut donc qu’il y ait eu une attaque conséquente les dernières années pour qu’un minium d’inoculum soit présent dans la parcelle et contamine ensuite les tiges durant l’hiver et le printemps. Or, les dernières années ont généralement été peu favorables au piétin verse, laissant finalement très peu d’inoculum dans les parcelles. Il faut donc relativiser les risques agronomiques et climatiques parfois élevés annoncés par les outils.

En fonction du cumul de points obtenu à l’aide de la grille agronomique de risque piétin verse :
• Si la note est inférieure ou égale à 5, alors le risque est faible et aucune intervention n’est requise, même dans le contexte climatique de cette année.
• Si la note obtenue dépasse la note de 9, alors le risque est fort et un traitement est conseillé (surtout si une attaque de piétin verse a déjà été observée par le passée) et peut être confirmé par une observation en parcelle.
• Pour le reste, si la parcelle se situe en risque moyen (note entre 6
et 8), alors il sera nécessaire de réaliser une observation à la parcelle en prélevant 50 tiges à partir de «Épi 1cm». Si plus de 35% de tiges sont atteintes, alors une intervention est conseillée entre les stades «Épi 1 cm» et «2 Nœuds».

La sensibilité variétale : un levier majeur
Pour les variétés notées 5 et plus, le risque est nul est aucun traitement spécifique n’est nécessaire. Dans la région, un grand nombre de variétés sont peu sensibles (LG absalon, Fluor, Boregar ...), attention toutefois à certaines variétés plus sensibles (Bergamo, RGT Sacramento, Rubisko ...).

Indice climatique TOP élevé en 2020
L’indice climatique TOP est élevé cette année, proche, voire supérieur à l’année de référence haute 2001, ce qui est logique compte tenu des cumuls de pluie et de températures élevés depuis le semis.
• Le risque est élevé pour les semis précoces (1/10) et intermédiaires (20/10) (indice TOP>45)
• Le risque est moyen pour les semis tardifs (15/11) (indice TOP entre 30 à 45)

Comment reconnaitre les symptômes ?
L’année étant particulièrement précoce, en cas d’attaque de piétin verse, les symptômes seront facilement visibles cette année, ce qui facilitera le diagnostic dès le stade «Épi 1 cm» (contrairement à certaines années). Ils peuvent ainsi s’observer dès le début de la montaison. Sur gaine, on observe une tache ocelée (elliptique), bordée par un liseré brun diffus. Après avoir soulevé successivement les gaines, on observe un ou plusieurs points noirs sur la tige correspondant à des amas mycéliens (stromas). Sur la tige, on observe le plus souvent une seule tache, plus rarement deux. La limite de la tache est peu délimitée, diffuse et se situe en général sous le premier nœud. En grattant, le stroma noir ne s’enlève pas en frottant avec un doigt humide. Aucun symptôme sur racine ne s’observe.

Traitement uniquement en cas de risque très élevé
Le seuil de 35 % de section nécrosée en fin de cycle est le seuil de maladie nécessaire pour rentabiliser une intervention dédiée à la lutte contre le piétin verse. Depuis plusieurs années, on observe une érosion progressive des efficacités des différentes spécialités du marché (30 à 45 % d’efficacité). Attention donc à la rentabilité des traitements. Les matières actives utilisables sont d’abord la métrafénone et le cyprodinil et, dans une moindre mesure, le prothioconazole. Les bases Unix Max 2,5 l/ha (cyprodinil) ou Flexity 0,5 l/ha (métrafénone) associées assurent une efficacité modeste sur piétin verse. Le prochloraze, longtemps utilisé en T1, ne présente plus d’activité sur un piétin verse qui lui est devenu résistant. Le traitement doit être positionné entre Epi 1 cm et 1 nœud pour être le plus efficace.

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