Syndicalisme
Plus de 5000 agriculteurs à Strasbourg contre l’accord entre l’UE et le Mercosur
Des milliers d’agriculteurs venus de toute la France et de l’étranger se sont rassemblés le 20 janvier près du Parlement européen à Strasbourg pour faire pression sur les eurodéputés. Avec l’objectif qu’une majorité vote pour la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne et ainsi retarder la ratification du Traité avec le Mercosur.
Des milliers d’agriculteurs venus de toute la France et de l’étranger se sont rassemblés le 20 janvier près du Parlement européen à Strasbourg pour faire pression sur les eurodéputés. Avec l’objectif qu’une majorité vote pour la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne et ainsi retarder la ratification du Traité avec le Mercosur.
Plus de 5000 agriculteurs et 900 tracteurs se sont massés sous les fenêtres du Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier, à l’appel des principales organisations syndicales agricoles, notamment la FNSEA, Jeunes agriculteurs et le Copa-Cogeca. Les agriculteurs sont venus de nombreux départements et régions mais aussi de l’étranger (Belgique, Irlande, Italie, Slovaquie …)
Les tracteurs et les innombrables calicots laissaient apparaître des slogans sans équivoque sur l’avenir d’une profession malmenée par un contexte politique et économique très anxiogène. « France veux-tu encore tes paysans ? », « Demain, nous voulons encore exister », « Stop Mercosur », « On ne vit pas de vos promesses », « Ursula moins de cargos et plus de locaux », « Von der Leyen Go home », « Sauvons nos zones intermédiaires », etc.
La principale revendication et la raison majeure de cette manifestation était naturellement le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, signé le 17 janvier à Asuncion (Paraguay). Les députés européens doivent se prononcer le 21 janvier sur la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne.
En cas de vote positif, l’accord entre l’UE et le Mercosur lui sera transmis et la Cour devra examiner si cet accord est conforme au traité de l’Union européenne révisé en 2009 à Lisbonne. Cette saisine dont le verdict pourrait tomber d’ici la fin 2027 ne suspendra cependant que la ratification de l’accord. Il pourra toujours être appliqué de manière provisoire comme c’est le cas pour le Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA - Accord économique et commercial global) signé le 30 octobre 2016. En effet, malgré la réticence du Sénat français à le ratifier, il s’applique quand même depuis septembre 2017. Mais si la CJUE devrait rendre un jugement négatif, l’accord ne pourrait alors entrer totalement en vigueur que s’il est modifié.
Revenu agricole
« Nous voulons nous battre pour une agriculture qui continue de produire en Europe et nous sommes fiers de produire des produits parmi les plus durables de la planète », a déclaré Arnaud Rousseau lors de son discours devant le Parlement européen. « Le traité a été signé mais pas question de renoncer. Demain, on espère que les eurodéputés saisiront la Cour de justice de l'UE (…) Le désaccord de fond sur ce texte vient de la réciprocité. En Europe, on protège la santé des consommateurs en faisant de l'agriculture durable, et on envisage d'importer des produits qui sont tout l'inverse. Les contrôles ? Aujourd'hui, 1 % des produits qui entrent en Europe sont contrôlés, on n'y croit pas. Ce qu'on veut, c'est qu'on ait les mêmes normes que les autres », a-t-il insisté.
Si l’accord entre l’UE et le Mercosur était la cible de cette manifestation, les agriculteurs avaient aussi en tête les autres dossiers du moment français et européen comme la réforme de la PAC, la lutte contre les épizooties (DNC, FCO, MHE, grippe aviaire…), les mesures d’ajustement carbone aux frontières et d’une manière générale pour la préservation et l’amélioration du revenu agricole qui seul peut garantir le renouvellement des générations et la souveraineté alimentaire.
La manifestation s’est déroulée dans le calme. Il a y eu un petit moment de tension quand une poignée de manifestants venus de la Coordination rurale a tenté de forcer le passage vers le Parlement européen. Les forces de l’ordre, venues en nombre, ont fait usage de gaz lacrymogènes pour les repousser.
Dans le cortège, on pouvait remarquer la présence de nombreuses personnalités politiques, parmi lesquelles des eurodéputés comme François-Xavier Bellamy (PPE) Christophe Gomard (PPE), Raphaël Glucksmann (Sociaux-Démocrates), Fabrice Leggeri (Patriotes pour l'Europe) Marion Maréchal (ECR), et des députés français dont Laurent Wauquiez (LR). « Nous continuerons à nous battre jusqu’au bout », a assuré Arnaud Rousseau.