Plus de PAC contre l’adoption de l’accord avec le Mercosur : le marchandage de von der Layen
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, propose une rallonge budgétaire pour la future PAC afin de désamorcer l’opposition au Mercosur.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, propose une rallonge budgétaire pour la future PAC afin de désamorcer l’opposition au Mercosur.
A la veille d’une réunion exceptionnelle à Bruxelles entre les ministres de l’Agriculteurs et la Commission européenne, sa présidente Ursula von der Leyen propose dans une lettre du 6 janvier une rallonge de 45 milliards d’euros pour la future Pac. Elle suggère un amendement à sa proposition de cadre financier pluriannuel 2028-2034 pour que les États membres « aient accès, lors de la soumission de leur plan initial, à deux tiers maximum du montant normalement disponible pour l'examen à mi-parcours (en 2030). Cela représente environ 45 milliards d'euros mobilisables immédiatement pour soutenir les agriculteurs ». Ces fonds ne seront pas soumis à l’inflation.
Dans sa proposition actuelle, pour la prochaine Pac Bruxelles prévoit une enveloppe minimale de 300 Mrds€ soit une baisse d’environ 20% par rapport au budget actuel.
De plus la présidente de la Commission ouvre la porte à une utilisation des fonds prévus pour l’« objectif rural » (10% du budget communautaire) pour des mesures agricoles, ce qui n’était pas le cas pour l’instant. Le développement rural pourrait donc bénéficier de 48,7 Mrds€ dans ce cadre. Ursula von der Leyen affirme que ces instruments apporteront « un soutien sans précédent, parfois même supérieur à celui du cycle budgétaire ».
Le think tank agricole Farm Europe prévient que cette proposition reste une simple « possibilité, pas une garantie pour les agriculteurs qui devront la sécuriser dans les décisions de chaque État membre de l’UE ».
Pour la France, « pas un seul centime ne doit manquer » par rapport au budget actuel. Elle pousse en ce sens, avec l’Italie notamment. Et le ministère de l’Agriculture « nourrit de bons espoirs » d’y parvenir. Paris espère aussi obtenir des garanties pour empêcher une renationalisation de la future Pac.