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Faits divers
Plusieurs retenues d’eau vandalisées

Un groupuscule d’activistes écologistes a détruit plusieurs retenues d’eau en Vendée, en Charente et Charente-Maritime, peu avant le vote de la proposition de loi des sénateurs Duplomb-Menonville (PPL Duplomb) visant à lever les contraintes du métier d’agriculture.

bassines dégradations faits divers retenues d'eau
© D.R.

Le vandalisme n’a pas de visage mais il a un nom. Celui du collectif baptisé DU PLOMB pour « Débâchages Unis Pour L'Obstruction aux Méga-Bassines ». C’est ce groupuscule extrémiste qui a officiellement revendiqué le 7 juillet la destruction volontaire de quatre réserves de substitution situées à Ferrières et à Benon en Charente-Maritime, deux réserves « depuis longtemps illégales, mais toujours utilisées » dans la plaine d'Aunis, précise le communiqué du groupuscule. Les deux autres retenues mise « hors d’état de nuire », selon le même communiqué sont situées à Fouqueure (Charente) et à Sainte-Gemme-la-Plaine (Vendée). Ces actions coordonnées et préméditées ont été menées « au cours des derniers jours ». 

Dans une vidéo revendicative, on voit notamment des individus encagoulés et gantés lacérer les bâches des bassines à coups de cutter. « En neutralisant ces quatre bassines, nous visons tout un système qui agit comme une mafia », a insisté le collectif qui promet de repasser à l’action : « Tant qu’il y aura des projets de bassines, nous irons leur rendre visite. » Les gendarmeries territorialement compétentes ont été saisies pour mener les investigations et tenter de retrouver les coupables. Ces actions « commandos » et « guérillas » sont survenues à la veille du vote de la PPL Duplomb qui a été adoptée le 2 juillet par le Sénat avec 232 voix, contre 103. Le texte qui prévoit le retour de l’acétamipride facilite également l’accélération des projets de stockage d’eau. Ce qui agace fortement les associations écologistes et parmi elles, les plus radicales. 

« Réponse pénale ferme » 

Les syndicats agricoles ont vite réagi à ces actions qui compromettent leurs cultures et leurs revenus. Sur son compte X, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau a fermement condamné ces actes de sabotage et dénoncé l’attitude de certains élus de la Nation, comme Lisa Belluco, députée écologiste de la première circonscription de la Vienne qui a appelé « publiquement au sabotage de nos outils d’irrigation », a-t-il écrit. Apportant tout son soutien aux agriculteurs touchés, il a demandé au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, « d'assurer la sécurité de nos agriculteurs et le respect des lois de la République » et à son collègue de la Justice, Gérald Darmanin « une réponse pénale ferme et exemplaire ». Moins surprenante est la réaction des associations de défense de l'environnement qui « condamnant les actes (…), comprennent ces comportements (sic) compte tenu d'une situation qui dure depuis bien trop longtemps. Certains projets sont illégaux, les bassines sont malgré tout remplies. Pour d'autres, les arguments et les discussions sont complétement bloqués par une profession agricole extrêmement arrogante, qui refuse tout dialogue », a ainsi affirmé avec un aplomb qui défie l’entendement, Pascal Biteau, président de SOS Rivières. 

Sivens, Sainte-Soline

Le préfet de la Charente-Maritime, Brice Blondel, a lui aussi condamné, par l’entremise d’un communiqué de presse, les dégradations commises : « Aucun désaccord ou différend, quel qu’en soit l’objet, ne justifie le recours à des agissements violents, à la dégradation du bien d’autrui ni à la violation de la propriété privée », a -t-il écrit, exprimant « sa solidarité à l’égard des agriculteurs touchés par ces agissements inacceptables qui relèvent désormais du ressort de la justice ». 

Ce n’est pas la première fois que des activistes s’en prennent aux retenues. Tous les agriculteurs ont encore en tête les épisodes de Sivens (Tarn) en 2014 ou de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) en octobre 2022 et mars 2023 qui ont défrayé la chronique. « On ne débat pas sous la menace. La République doit tenir (…) Nous ne céderons pas », a conclu Arnaud Rousseau. 

Avant d’entrer en vigueur, la PPL Duplomb doit être adoptée par l’Assemblée nationale, être validée par le Conseil constitutionnel après que les partis écologistes et de gauche auront déposé leur recours et enfin être promulguée par le président de la République. 

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