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Aménagement du territoire
Pour mieux manger, Amiens métropole veut préserver le foncier agricole

Pour avancer dans son projet alimentaire territorial (PAT), Amiens Métropole conviait les acteurs du projet à une journée de travail ce 27 septembre, à Saveuse. Un des ateliers était dédié à la question de la préservation du foncier agricole.

Une étude foncière est menée aux hortillonnages et à l’île Sainte-Aragone,  «pour maintenir la douzaine de maraîchers en place, voire développer l’activité».
Une étude foncière est menée aux hortillonnages et à l’île Sainte-Aragone, «pour maintenir la douzaine de maraîchers en place, voire développer l’activité».
© A. P.

Sans terres agricoles, pas d’agriculteurs, et donc pas d’agriculture de proximité. Or, les produits locaux sont au centre du projet alimentaire territorial que mène Amiens Métropole depuis 2018, relancé très activement l’année dernière. Ce 27 septembre à Saveuse, les acteurs de ce PAT étaient conviés à une journée de travail animée autour de quatre axes : l’innovation au service de l’agriculture, utiliser plus de produits locaux en restauration collective, la logistique pour structurer les circuits agroalimentaire locaux, et la préservation du foncier agricole, donc.

«Nous avons engagé un premier diagnostic foncier. Bien connaître le territoire est une étape essentielle», note Philippine Fiess, de la Chambre d’agriculture de la Somme, partenaire du PAT. Sur les 350 km2 du territoire, la surface agricole utile s’étend sur 21 137 ha. «C’est 60 % du territoire, avec une baisse de 3,2 % par rapport à 2010.» 210 exploitations y vivent. C’est presque 30 % de moins qu’en 2010, mais celles-ci sont plus grosse, avec 100 ha de surface moyenne. «C’est le constat que l’on fait partout en France. Mais on peut noter que les fermes d’Amiens Métropole font en moyenne 10 ha de plus que les autres de la région, et 31 ha de plus que la moyenne française.»

Les exploitations de grande culture sont les plus nombreuses, alors que l’élevage est de moins en moins présent sur le territoire. Celles en polyculture-élevage ne représentent que 10 % des fermes, soit 23 de moins qu’en 2010. Les élevages spécialisés, eux, sont presque inexistants. «En dix ans, Amiens métropole a perdu un tiers de ses élevages. On compte – 20 % du cheptel bovin et – 28 % du cheptel volaille. Seul le cheptel ovin a augmenté», précise Philippine Fiess. Mais le plus inquiétant est le vieillissement des agriculteurs, avec un âge moyen de cinquante et un ans. «Un tiers des chefs d’exploitation ont plus de cinquante-cinq ans. D’ici dix ans, ces entreprises devront trouver repreneur. Or, les jeunes sont de moins en moins nombreux.»

 

Le nerf de la guerre

Il faut dire qu’en dehors d’une reprise familiale, l’accès au foncier est un vrai combat. L’histoire de Gaëtan Vallée, maraîcher installé depuis 2013 au sein du Gaec des Franches terres sur 12 ha à Pont-de-Metz, fait figure d’exception. «L’association Terre de liens nous épaulait, mon associé et moi, dans notre recherche. Nous avons été mis au courant de la possibilité de signer un bail rural pour ce terrain un peu par hasard. Il est situé à proximité de la plus grosse zone de captage d’eau d’Amiens métropole, donc notre projet de maraîchage bio extensif s’y prêtait bien. Il aura tout de même fallu attendre trois ans d’études administratives pour pouvoir entrer dans les terres», raconte-t-il. Lui sait qu’il a eu «une chance folle» que tout le monde n’a pas. Pourtant, «le premier frein à l’installation, c’est l’accès au foncier», assure Alexandre Platerier, de Terre de liens Picardie. 

Amiens Métropole tente d’apporter des solutions. «Nous avons un partenariat avec la Safer pour constituer une réserve foncière. Aujourd’hui, nous disposons de 7,60 ha à Camon, destinés à la compensation et éventuellement une installation», note Juliette Dingeon, du service urbanisme d’Amiens Métropole. Une goutte d’eau parmi les 21 000 ha de SAU, mais qui a le mérite d’exister, et qui pourrait s’étendre dans les années à venir. Une étude foncière est aussi menée aux hortillonnages et à l’île Sainte-Aragone, «pour maintenir la douzaine de maraîchers en place, voire développer l’activité.» L’enjeu est de recenser les difficultés d’exploitation pour anticiper la transmission. «L’enjeu patrimonial est indéniable, mais ce n’est pas avec les hortillonnages et l’île Sainte-Aragone qu’on va nourrir les plus de 180 000 habitants. Il faudra pouvoir travailler avec les agriculteurs proches de la retraire qui n’ont pas de repreneur», émet Alexandre Platerier. Il y a du pain sur la planche. 

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