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Pour tripler le volume de déchets recyclés, Veolia compte sur les agriculteurs

La Secode de Boves, plus grand site de gestion des déchets de Veolia au nord de Paris, compte tripler le volume de déchets valorisés d’ici à 2030. Le monde agricole, via la fertilisation des sols et la méthanisation, est un précieux partenaire pour cela. 

Veolia veut «épuiser les capacités de valorisation de chaque objet». Pour cela, les agriculteurs méthaniseurs sont des alliés de taille.
Veolia veut «épuiser les capacités de valorisation de chaque objet». Pour cela, les agriculteurs méthaniseurs sont des alliés de taille.
© A. P.

La montagne de déchets qui s’étend sur un hectare, qu’un compacteur œuvre à réduire en blocs bien denses, donne le tournis. Pourtant, une grande partie des matières qui entrent à la Secode de Boves, site de gestion des déchets de Veolia, ont une seconde vie. «Nous fêtons aujourd’hui ses cinquante ans. Depuis sa création en 1972, nous sommes passés d’un objectif d’évitement de la pollution à une volonté de transformer les déchets en matière ou en énergie», annonce Anne Le Guennec, directrice générale de Veolia recyclage et valorisation des déchets, ce 9 septembre, lors d’une visite. 

Aujourd’hui, le site de 55 ha reçoit chaque année 200 000 t de déchets générés par plus de 700 000 habitants et 300 entreprises des environs. 17 % de ce volume est valorisé en «matière» et 6,3 % sert de fertilisant pour les sols cultivés. Les 76,7 % restants servent à fabriquer du biogaz et sont surtout stockés, faute de savoir en faire autre chose. «Demain, on veut réduire cette part à 40 %», annonce Guillaume Cossez, directeur des services aux entreprises Hauts-de-France. Autrement dit, La Secode veut tripler le volume de déchets recyclés d’ici à 2030. 50 000 t de moins seraient stockés chaque année. «On va épuiser les capacités de valorisation de chaque objet», ajoute Patrick Hasbroucq, directeur des unités industrielles de Veolia. 

Pour atteindre cet objectif, l’entreprise s’engage dans le projet Valopôle. «C’est un nouvel outil industriel de transformation écologique, pensé en hub industriel», présente Guillaume Cossez. Quatre filières seront renforcées : tri, bio déchets, énergie et stockage. 50 M€ seront investis d’ici 2026, et quarante à cinquante emplois seront créés. Il en faudra, des petites mains, pour désemballer les produits alimentaires et trier ce qui est valorisable. Le démarrage prévisionnel de l’activité est prévu en 2026. 

 

Biodéchets cherchent méthaniseur

Les citoyens devront mettre la main à la pâte avec, en plus du tri des papiers et des plastiques, le tri des biodéchets (déchets alimentaires). Veolia compte surtout sur les partenariats avec le monde agricole. Car les méthaniseurs sont ceux des agriculteurs. Une précision tout de même, pour pouvoir intégrer des produits carnés au méthaniseur, celui-ci doit être doté d’un outil d’hygiénisation à l’entrée du système, et doit disposer de l’autorisation d’exploiter adéquat. 

Du compost, réalisé à partir de déchets verts broyés, est aussi utilisé en fertilisant naturel pour les terres agricoles. «On produit 15 000 t de compost qui amendent 1 500 ha», précise-t-on à la Secode. Les échanges devraient aller plus loin. «Notre station d’épuration nous permet de récupérer une eau parfaitement propre, que la réglementation nous empêche de valoriser. Mais celle-ci devrait s’assouplir.» L’eau pourrait, par exemple, servir à l’irrigation. Veolia travaille aussi avec la Chambre d’agriculture de la Somme pour une consommation raisonnée du foncier. «Nous avons des projets de réhabilitation de certaines surfaces, pour restituer au monde agricole ce que l’on a pu consommer.»

 

Du compost au marc de café, what else ? 

Le site de Boves est le seul en France à recycler les capsules Nespresso.
Le site de Boves est le seul en France à recycler les capsules Nespresso.
© A. P.

Les 15 000 t de compost de la Secode de Boves ont quelque chose de plus qu’un simple compost. Voilà un an qu’il est complété par du marc de café des capsules Nespresso. Jusqu’alors, ces capsules en aluminium étaient acheminées aux Pays-Bas pour y être valorisées. Mais une solution de valorisation par déconditionnement a été développée au site de Boves, permettant de séparer de manière effective l’aluminium du marc de café des capsules. Le marc de café, qui représente 90 % du poids de la capsule, retourne donc au sol au service des agriculteurs. L'aluminium, lui, sert à fabriquer de nouveaux objets du quotidien, comme des cadres de vélo, des canettes ou encore des moteurs de voiture. Les buveurs de café Nespresso sont invités à les déposer dans près de cinq mille points de collecte dédiés que sont les points relais, les déchetteries et les grandes surfaces partenaires. En parallèle, il existe une autre solution pour valoriser les capsules en aluminium : dans les collectivités équipées, 50 % des Français peuvent déposer leurs capsules dans leur bac de tri, avec tous les autres petits emballages métalliques.

 

Une biodiversité… Parfois envahissante

Centre de tri des déchets n’irait pas de pair avec épanouissement de la biodiversité ? Bien sûr que si, se targue Veolia. La présence de la gentiane croisette et du sisymbre en sont la preuve. La première plante de 40 cm aux feuilles décussées et aux fleurs bleu violacé habite les prairies sèches. Le développement du papillon azuré de la croisette en est dépendant : il dépose ses œufs uniquement sur cette plante et les chenilles s’en nourrissent. «Un partenariat est en place avec le conservatoire d’espaces naturels.» Mais cette biodiversité est parfois un fléau. La présence des mouettes rieuses et des goélands argentés est particulièrement néfaste. «Ils causent des dégâts sur les équipements du site, et emportent les déchets à l’extérieur. Ils sont parfois des milliers.» Le moyen de lutte le plus efficace est la fauconnerie. Rien de tel qu’un rapace pour faire fuir les autres oiseaux.
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