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Élevage laitier
Pourquoi choyer les vaches taries

Suivre de près les vaches avant leur vêlage, c’est assurer l’efficacité de la conduite du troupeau. Les associés du Gaec du Bout des Haies à Méneslies (80) ont bien intégré cet impératif. Depuis un an, ils ont revu la ration du lot des vaches en préparation au vêlage tout en instaurant un suivi précis de leur état de santé. Les résultats sont au rendez-vous.

Mardi 21 janvier, à l’occasion des Hivernales 2025 d’Avenir conseil élevage sur la nutrition du tarissement jusqu’au pic de lactation, les participants ont eu l’occasion de découvrir l’élevage du Gaec du Bout des Haies. Objectif de l’après-midi : illustrer concrètement les points de vigilance détaillés le matin en salle par Benoit Verriele et Vincent Leconte, conseillers nutritionnistes d’ACE.

Depuis décembre 2023, le troupeau de 130 vaches occupe un bâtiment neuf. «Nous avons joué à fond la carte du confort des animaux», explique Stéphane Boulnois, éleveur associé du Gaec du Bout des Haies. Les vaches le rendent bien ; le nouveau logement et le passage à la traite robotisée expliquent certainement une part de la hausse de production : + 1 000 litres par vache en 2024 pour dépasser les 11 000 litres par an. Cependant, d’autres évolutions doivent aussi être prises en compte…

 

Des sportives de haut niveau

«Une vache qui produit 40 à 45 litres par jour réalise l’équivalent d’un marathon quotidien», aime à comparer Benoit Verriele. Pour performer à ce point, la préparation est indispensable. À Méneslies, les vaches taries (VT) sont conduites en deux lots, correspondant aux deux objectifs du tarissement : du repos d’abord, puis la préparation de la vache au vêlage. «Pendant la première phase, les taries ont une portion de la ration des vaches en lactation (VL). Je compte 1 ration de VL pour 2,3 VT et j’ajoute du tourteau de colza et de la paille broyée», explique Kévin Boulnois.

 

Pas d’impasse sur l’ingestion

S’il ne fallait surveiller qu’une chose pour les vaches taries, c’est le niveau d’ingestion. «Vous pouvez facilement mesurer le remplissage du rumen en observant le côté gauche de la vache. Après avoir distribué la ration, vous ne devriez pas voir le creux en forme de triangle sur le flanc», explique Adeline Lavaquerie d’Avenir conseil élevage.

 

Accélérer quand l’objectif approche

Trois semaines avant la date de vêlage prévue, les vaches taries intègrent le lot «préparation». La concentration énergétique de la ration augmente nettement afin de préparer le rumen et réduire l’hypocalcémie liée au vêlage. «Je prépare une ration pour deux jours à la mélangeuse, en comptant 18 kg de maïs, 3 kg de paille, 2 kg de blé Aliplus, 4 kg de tourteau de colza et un minéral vache tarie avec du chlorure de magnésium et un hépato protecteur», détaille Kévin.

Avec cette composition, la balance anions-cations (Baca) est négative. Cette acidification de la ration favorise la régulation du taux de calcium dans le sang en prévention des risques de fièvre de lait suite au vêlage. Le suivi du pH urinaire qui est directement lié à la Baca est un moyen de valider le niveau d’acidification. Léa Bruyer, conseillère d’Avenir conseil élevage a détaillé le mode opératoire : «Il faut respecter la règle des trois 5 : mesurer le pH urinaire cinq heures après la distribution de la ration, sur cinq vaches et cinq jours après l’entrée dans le lot des préparations au vêlage. Il faut viser un pH entre 6 à 6,5 en veillant à ne pas descendre trop bas.»

Les éleveurs du Gaec du Bout des Haies ont donc instauré une mesure hebdomadaire du lot des vaches en préparation. Et, preuve que le critère est indicateur réactif et intéressant, le test de démonstration a révélé un pH supérieur à l’objectif : «En rupture de tourteau de colza, nous avons mis du soja (le soja pur possède une Baca positive, contrairement au colza, ndlr), cela se voit tout de suite sur la bandelette», explique Margie, salariée de l’élevage en charge des mesures.

Selon Kévin Boulnois, l’évolution de la conduite nutritionnelle du tarissement a permis d’optimiser l’expression des pics de lactation sans nuire à la santé des vaches et des veaux, bien au contraire. «Nous avions déjà de bons pics de production, mais avec cette gestion en deux phases, ils se sont généralisés. Les vaches atteignent aujourd’hui plus de 45 litres et les génisses plus de 35 litres. L’autre bénéfice concerne les veaux et les vêlages, nous assistons moins les vaches et les veaux sont plus vigoureux.»

 

L’élevage du Gaec du Bout des Haies à Méneslies (80)

• Main-d’œuvre : Stéphane et Béatrice Boulnois, leur fils Kévin et Margie, salariée à mi-temps.
• Mise en service du bâtiment et des deux robots de traite en décembre 2023
• 130 vaches en lactation (1,6 million de référence laitière)
• Production en janvier 2025 : 35,8 litres (43 de taux butyreux et 34 de taux protéique) pour un stade de 5,5 mois

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