Aller au contenu principal

Prairies permanentes : l'Etat veut obliger à des réimplantations !

Le taux de prairies déclarées comme telles à la Pac en 2015 a reculé de plus de 6 % entre 2012 et 2015.

La remise en culture des prairies a été accélérée par les annonces de l’Etat depuis 2012, tant chez les éleveurs qui ont cessé leur activité d’élevage que pour ceux qui la poursuivent.
La remise en culture des prairies a été accélérée par les annonces de l’Etat depuis 2012, tant chez les éleveurs qui ont cessé leur activité d’élevage que pour ceux qui la poursuivent.
© Emilie Durand


Le ministère de l'Agriculture a publié le 14 novembre au Journal officiel, les chiffres du dépassement et les obligations inhérentes à ce dépassement, pour les deux Régions qui n'ont pas respecté en 2016 leur obligation de maintien des prairies permanentes, liée au paiement vert de la Pac. En Normandie, où le ratio de prairies permanentes a baissé de 3,06 % par rapport au ratio de référence (contre - 2,5 % autorisé), un dispositif d'autorisation préalable de retournement est mis en place. Les agriculteurs doivent déposer leur demande avant le 31 décembre. En Hauts-de-France (- 6,62 %), le dispositif est plus dur, car la baisse dépasse 5 %. Le ministère annonce que «tout retournement de prairie permanente entre les déclarations de demandes d'aide de la Pac faites au titre des campagnes 2016 et 2017 est interdit», et des obligations de reconversion seront notifiées aux agriculteurs avant le 31 décembre 2016, afin que l'ampleur de la baisse repasse en dessous de 4 %.

Tollé général
La réaction spontanée des responsables agricoles est la stupéfaction. S'ensuit l'opposition. L'Etat n'a toujours pas fini de solder les dossiers Pac 2015, mais il publie déjà les chiffres sur les régions les plus concernées, et s'empresse d'annoncer des mesures répressives. Les arguments qui contrent cette décision apparaissent spontanément : une mesure qui n'a aucun sens avec autant de retard, inapplicable puisqu'elle fait supporter à l'agriculteur en place les conséquences d'adaptations qui ont parfois plus de quatre ans, inexplicable dans le contexte économique que l'on connaît. Les modalités d'application communiquées par le ministère montrent d'ailleurs la nébulosité du sujet (voir encadré).
Seul point clair, mais tout aussi nébuleux dans ses modalités pratiques, la volonté de l’Etat de mettre en place des obligations de réimplantation, et des sanctions par réduction sur le paiement vert, le cas échéant. La volonté notifiée par l’Etat est de ramener le taux de retournement à 4 %.
Si on part de 6,62 %, c’est une réimplantation obligatoire de 40 % des prairies retournées depuis 2012, et ce, avant la Pac 2017. Tout bonnement inimaginable.

Refus catégorique
A l’heure actuelle, la profession dans son ensemble s’oppose totalement aux annonces et décisions, et refuse de laisser les agriculteurs rentrer dans ces contraintes. D’autant que le ministère veut avancer à marche forcée.
Après le sujet des contraintes d’application des produits phytosanitaires, c’est un nouveau bras de fer qui s’engage, cette fois à l’échelle départementale et régionale.

Ce que prévoit le ministère
- Interdiction de tout retournement à la Pac 2017 (et donc depuis le 16 mai 2016 !), et ce, jusqu’au retour d’un ratio de 4 % comparé à 2012
- Notification au détenteur d’une obligation de réimplantation avant le 31 décembre 2016
- En cas de surface en herbe considérée comme prairie permanent insuffisante à la déclaration Pac 2017, réduction du paiement vert

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

À Mouflers, trois listes pour 96 habitants

À Mouflers, 96 habitants et certainement moins de 80 votants, remporter la mairie tient presque du concours de popularité… et…

guerre Etats-Unis Iran Espagne mesures engrais carburant
Avec la guerre en Iran, le gouvernement espagnol débloque 877 millions pour l'agriculture et la pêche

Le gouvernement espagnol a annoncé le 20 mars avoir adopté un paquet de mesures d'urgence de plus de 877 millions d’euros (M…

Vincent Lepers et Simon Pointel, président et salarié de la Cuma de Belloy-sur-Somme, ont la même optique de travail : «la communication avant tout».
À la Cuma de Belloy, des machines, mais surtout des Hommes

À la Cuma de Belloy-sur-Somme, c’est l’humain qui fait tourner les machines. Elle regroupe une quarantaine de fermes et fêtait…

À Fontaine-sur-Somme, Olivier Parcy lauréat des prairies agroécologiques

Éleveur de charolaises à Fontaine-sur-Somme, Olivier Parcy est le lauréat national des pratiques agro-écologiques - prairies…

harcèlement agression sexuelle Coordination rurale
Sur fond de soupçon de harcèlement et d’agression sexuelle, le SIA tourne au vinaigre pour la CR

La Coordination rurale (CR) traverse une crise interne majeure après des révélations d'agression sexuelle. J. L., 3e vice-…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde