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Premiers échos de la mise à l’herbe

L’année étant particulière, les conseillers de la Chambre d’Agriculture des Hauts-de-France, ont décidé de réaliser un tour d’horizon des prairies, avec différents témoignages. L’objectif étant de recueillir le ressenti des éleveurs sur le démarrage de la campagne herbagère 2020.

A Liercourt (80), un agriculteur constate une pousse de l’herbe est au ralenti.
A Liercourt (80), un agriculteur constate une pousse de l’herbe est au ralenti.
© ptijo53

Bonningues-lès-Ardres (62) - Alexandra et Mickaël Dambricourt, éleveurs bovins lait (62)
«Concernant les prairies des vaches laitières, nous nous sommes retrouvés avec une grande quantité d’herbe d’automne : Nous constatons que les vaches ont tendance à gaspiller cette herbe de moyenne qualité et je crains la chute de lait si je diminue fortement la ration à l’auge.  Sur 11 hectares, on a donc décidé d’en faucher 3, pour favoriser la repousse et raser suffisamment les 8 autres hectares, ce qui n’est pas évident.
A l’inverse, sur quelques prairies pour génisses dans lesquelles elles sont restées plus longtemps à l’automne, au point de descendre le niveau trop bas (<5cm), nous constatons que l’herbe a beaucoup de mal à redémarrer ce printemps. Il vaudrait mieux dans cette situation rentrer les animaux plus tôt à l’automne pour le regagner largement au niveau de la pousse de printemps. Sur la partie prévue au pâturage, j’ai apporté 50 unités d’azote vers le 15 mars. Sur l’herbe d’automne fauchée, j’ai décidé d’apporter les 50 unités après la fauche, pour éviter le gaspillage c’est-à-dire début avril.
»

Landrecies (59) - Olivier Trotin, éleveur de 60 vaches allaitantes sur 54 STH
«Étant dans un secteur humide, la portance des sols n’était pas trop favorable pour sortir les animaux jusqu’à maintenant sur mes prairies. De plus, j’avais encore un peu de stock de fourrage que je souhaitais faire consommer et par précaution, ne pas trop abîmer mes prairies. Au niveau entretien, j’ai réalisé un premier apport de fumier fin janvier sur une partie de ma surface. Je n’ai apporté le reste qu’autour du 23 mars sur d’autres surfaces. Je regrette d’ailleurs cet apport qui est réalisé trop tard mais avec la pluviométrie et la portance des sols, je n’avais pas trop le choix.
Pour l’azote, au 20 mars, j’ai apporté 30 N sur les parcelles qui avaient eu du fumier à l’automne et 60 N sur les autres. Au 3 mars, j’ai réalisé l’apport d’azote sur mon raygrass.  Le terrain n’était pas si portant que ça… Je retrouve mes trains de tracteur aujourd’hui. J’aurais dû faire le tour de la parcelle avant.
Au niveau hersage, j’ai priorisé les prairies de fauche exclusivement, pas de parcelles pâturées. Seule une parcelle de fauche n’a pas été faite car j’ai jugé que l’herbe était trop avancée. J’envisage de sortir mes génisses autour du 8-9 avril si les conditions climatiques annoncées sont au rendez-vous. Pour les vaches suitées, j’espère aussi les sortir en journée avec une rentrée au bâtiment pour la nuit
».

Liercourt (80) - Matthieu Longuet, naisseur-engraisseur d’un troupeau de Blondes d’aquitaine
«Chez moi, la pousse de l’herbe est au ralenti ! En cause, le piétinement des animaux et un pâturage trop ras l’été dernier ainsi que le froid et le gel que nous avons depuis près de deux semaines. Cette année, j’ai donc décidé de corriger ces effets de dégradation de mes prairies humides par un hersage afin d’obtenir une herbe de qualité et garantir un beau couvert végétal. La portance du sol, un peu plus tardive, a décalé le 1er apport d’engrais. Toutes mes surfaces, hormis les parcelles engagées en MAE absence de fertilisation, ont reçu 48 unités d’azote 27 en un seul passage fin mars. Concernant la sortie en prairie de mes animaux, comme j’ai beaucoup de prairies en zone humide je peux difficilement sortir tôt mes animaux. Les génisses pleines de plus de deux ans sortiront cette semaine.»

Le Nouvion en Thiérache (02) - Jean-Christophe Grandin, éleveur laitier 240 VL sur 107 STH
«Cette année, la pluviométrie a empêché l’apport de lisier et le hersage des prairies en sortie d’hiver. Lorsque la portance est revenue, l’herbe était trop développée dans le circuit de pâturage mais les parcelles de fauche ont tout de même été fertilisées au 10 mars. De ce fait les animaux sont sortis : le 10 mars pour les vaches et le 13 mars pour tous les autres de plus d’1 an. Depuis, le hersage et l’apport de 40 N se font derrière le passage des animaux. Ce début de saison est très bon car le déprimage a été super grâce à l’arrivée du froid qui a stoppée la pousse depuis 15 jours. Le retour de températures clémentes va permettre à l’herbe de repartir et le risque d’être débordé sera moindre.»

Ribécourt Dreslincourt (60) - Jean-François Cauche, éleveur laitier avec 12 ares/vache laitière
«Nous avons sorti les vaches le lundi 23/03, l’herbe était déjà très avancée dans les prairies qui ont été ressemées il y a 2 ans, le ray Grass est reparti très vite dans ces parcelles. L’engrais n’est pas épandu. Nous avons préféré faire pâturer les vaches avant, je mettrai l’engrais environ 40 unités d’azote après le premier passage. Pour l’instant les vaches sortent 4 à 5 h 00 par jour. J’ai déjà réduit ma ration d’hiver de 6 kg de MS en maïs et enrubannage et de 500 g de soja.»

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