Aller au contenu principal

Pression sur Danone pour appliquer la loi Egalim 2

Plus de 150 producteurs se sont donné rendez-vous lundi 24 janvier devant l’usine Danone de Ferrières-en-Bray pour demander une juste rémunération du lait.  

Les responsables de Caplait, l’OP des producteurs Danone, reprochent à l’industriel  de biaiser sa formule de prix  en choisissant une base de calcul qui pénalise trois producteurs sur quatre.
Les responsables de Caplait, l’OP des producteurs Danone, reprochent à l’industriel de biaiser sa formule de prix en choisissant une base de calcul qui pénalise trois producteurs sur quatre.
© Simon Huet

Premier avertissement. C’est en substance le message que sont venus délivrer les 150 producteurs rassemblés devant l’usine Danone de Ferrières-en-Bray, lundi 24 janvier. Car la situation devient intenable pour les producteurs Danone qui voient leur entreprise proposer des prix du litre de lait, bien inférieurs à ceux de la concurrence. Pour le mois de janvier 2022, Danone affiche un prix à 339 €/1 000 l quand Lactalis, en tête, propose 378 €/1 000 l. En cause, une formule d’élaboration du prix défaillante. Comme le rappelle Hubert Dion, président de l’OP Caplait devant les éleveurs, la formule de prix, proposée par Danone «est biaisée car si elle prend bien en compte les coûts de production, elle s’appuie sur le quartile supérieur. En se basant sur les meilleurs, Danone pénalise ainsi trois producteurs sur quatre. Cette situation est intolérable». Tout l’enjeu maintenant pour les responsables de l’OP est donc de parvenir à remettre sur la table cette formule de prix. Car pour Caplait, Danone doit revoir sa formule, et pas seulement donner un coup de pouce conjoncturel comme proposé, en s’appuyant sur les coûts de production interprofessionnels, comme la loi Egalim 2 l’impose. Aujourd’hui, précise Jocelyn Pesqueux, membre de l’OP, «Danone ne respecte pas la loi en ne prenant pas les coûts de production moyens. Cela fait plusieurs mois qu’on demande un changement de méthode de calcul. Il faut maintenant que Danone entende notre demande légitime.» 

 

Étude sur les coût de production

Pour étayer son discours avec Danone, l’OP a fait réaliser une étude auprès d’une trentaine de producteurs pour évaluer leurs coûts de production. Résultat, et sans grande surprise, ce coût de production moyen (sur trois ans) atteint les 394 €/1 000 l, proche des 405 €/1 000 l définis par l’interprofession laitière. La balle est maintenant dans le camp de l’industriel qui «réfléchit» et qui doit revenir devant l’OP dans les prochains jours. Hubert Dion, président de l’OP a donc averti les éleveurs que de nouvelles actions pourraient être enclenchées si la réponse de Danone n’était pas à la hauteur des attentes. «On ne demande pas la lune, juste une rémunération de notre travail et le simple respect de la loi. Restons donc mobilisés et prêt à agir si besoin», lâche Hubert Dion à la fin du rassemblement. Sébastien Jumel, député de la circonscription, venu soutenir les éleveurs a promis d’intervenir auprès du ministre de l’Agriculture pour qu’il fasse appliquer la loi, rien que la loi.

 

Pas de baisse de prix chez Sodiaal, assure Damien Lacombe

«Notre différend avec la FNPL porte uniquement sur un indicateur faisant référence au prix FranceAgriMer», a réagi le président de Sodiaal Damien Lacombe, auprès d’Agra Presse le 25 janvier, après que le ministère de l’Agriculture a saisi le médiateur des relations commerciales pour «enquêter» sur la légalité d’un «correctif  appliqué par la coopérative». Il précise que le prix du lait payé aux coopérateurs a augmenté «significativement» cette année (+ 18 % au mois de janvier par rapport à 2021). «L’indicateur faisant référence au prix FranceAgriMer ne modifie qu’à la marge notre formule de prix. Il était négatif sur janvier, mais sera positif en février», ajoute Damien Lacombe. La FNPL estime que la prise en compte de cet indicateur dans la formule de prix s’assimile à un «correctif lié à l’environnement concurrentiel», une pratique interdite par la loi Egalim 2. «Nous avons saisi le médiateur à la demande de la FNPL», avait annoncé le ministre de l’Agriculture, le 18 janvier. Sodiaal informe avoir elle-même sollicité le médiateur des relations commerciales pour «travailler» sur ce sujet. «S’il doit y avoir une évolution par rapport à la loi Egalim 2, elle aura lieu en connaissance de cause et en concertation avec nos élus de terrain», explique Damien Lacombe.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Foire de Pâque Montdidier
A Montdidier, une foire de Pâques entre tradition populaire et vitrine agricole, malgré l’absence de concours

Dès les premières heures de la matinée, ce lundi 6 avril, les rues du centre-ville de Montdidier vont se remplir pour la…

Le sol doit être ressuyé pour la préparation du lit de semences et suffisamment réchauffé pour optimiser la levée des plantes.
Lin fibre de printemps : bien préparer son semis

Le semis est une étape essentielle pour la réussite de la culture. Il conviendra d’assurer une bonne structure en travaillant…

Pour Julie Macron, membre des Jeunes agriculteurs de la Somme, cet après-midi  a permis de «familiariser les enfants avec notre quotidien d’agriculteurs».
Quand la visite à la ferme rime avec découverte et transmission

Le 10 mars, les élèves de CE1-CE2 de l’école de Bernaville ont enfilé leurs bottes pour une immersion à la ferme de Julie…

Denis Bully, président de la FDSEA de la Somme : en 2026 plus encore qu'en 2025, il ne faut planter que ce qu'on est  sûr de vendre.
Denis Bully : «Gérer la crise de la pomme de terre et ne pas l’amplifier»

Face à une crise inédite des excédents de pommes de terre, la filière s’organise pour écouler des volumes considérables en un…

Isabelle Dumont vend toutes ses fraises en direct, à la ferme et aux marchés.  Un contact avec les clients qu’elle adore.
Les fraises du Santerre rougissent à Crémery depuis près de cinquante ans

En cette fin de semaine, c’est la première cueillette de la saison aux Fraises du Santerre, à Crémery. Pierre Dumont y a fait…

Champagne : 40 % des bourgeons gelés

En zone champagne, 40 % des bourgeons auraient été détruits par le gel, selon l'interprofession. 

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde