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Quel avenir pour les marques régionales Terroirs de Picardie et Saveurs en’Or ?

Le 26 octobre, avait lieu, à Amiens, la 7e convention d’affaires «Terroirs de Picardie». Au cœur des débats : l’avenir des marques après la fusion des régions Picardie et Nord-Pas-de-Calais.

Quel sera le menu du futur conseil régional ? Une marque ou deux ?
Quel sera le menu du futur conseil régional ? Une marque ou deux ?
© AAP

D’un côté, la marque «Terroirs de Picardie» et ses 94 adhérents, de l’autre, Saveurs en’Or et ses 291 adhérents. La première a été lancée en 1992, la seconde en 2004. Beaucoup de travail a été réalisé par chacune pour mettre en avant leurs produits régionaux et favoriser les circuits courts. Reste que tout ce travail risque d’être remis en cause avec la fusion des régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie.
Si l’avenir des marques est donc suspendu aux résultats des élections régionales, en décembre prochain, le Conseil économique, social et environnemental de Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, réuni en colloque le 1er juillet dernier, a pris position sur le sujet en proposant «de créer une marque à l’échelle de la nouvelle région», avec notamment pour objectif de «s’imposer comme le signe fort de la nouvelle identité régionale, et ce, dès que possible».

«Une chance à saisir»
Pour le président du Comité de promotion de Saveurs picardes, Didier Verbeke, quelles que soient les incertitudes qui pèsent sur le maintien des deux marques après la fusion des régions, «nous ne devons pas voir l’avenir d’une manière inquiétante, mais bien plus comme une chance à saisir pour renforcer le travail fait, conforter et développer nos exploitations et nos entreprises».
Une chance, parce que les deux territoires ont beaucoup plus de points communs qu’il n’y paraît de prime abord en raison de leurs agricultures et de leurs terroirs, finalement «pas si différents». Sans compter leur complémentarité due à des savoir-faire différents. De quoi avoir des ouvertures sur le nouveau marché qui s’ouvre à eux. Une opportunité à ne pas négliger au regard des incertitudes des futurs financements de la grande région.
«Il faut être dans un esprit gagnant-gagnant face aux bouleversements qui nous attendent», ajoute Jean-Marie Raoult, président de Saveurs en’Or. Et pour ceux qui craindraient que le Nord «avale tout cru» la Picardie, le président précise que «loin de nous l’idée d’avoir une seule marque régionale». «Une marque unique est cependant une possibilité», ajoute Didier Verbeke.
Aussi plutôt que de se retrouver face au mur, si le futur Conseil régional décrète une seule marque régionale, les comités de promotion ont commencé à travailler sur la question. Les deux marques multiplient aujourd’hui les échanges et les expériences. «Les deux comités de promotion peuvent fusionner en un seul. En revanche, pour les marques, il faudra du temps», dixit Didier Verbeke.
Leurs logiques - un réseau de relais, d’épiceries fines, de magasins à la ferme et de magasins de proximité pour Terroirs de Picardie, et un réseau essentiellement axé sur la grande distribution pour Relais en’Or - peuvent-elles être compatibles ?

Inquiétudes chez les producteurs
C’est la question que se posent certains adhérents de Terroirs de Picardie. «Je suis inquiet, avoue Anselme Baudoin, du Gaec de la Chapelle Saint-Jean, dans l’Oise. S’il y a fusion des marques, il faudra bien prendre le temps de le faire. Moi, dans tous les cas, mon projet n’est pas de travailler avec la grande distribution. Nous avons créé une marque terroir, et il ne faut pas perdre cet esprit-là. Aujourd’hui, face au Nord, on se sent comme le petit Poucet, car le Nord a bien plus de moyens que nous.»
Emmanuel Frémaux, du Gaec Les Trois châtaigniers, à Villers-Tournelle, veut croire, lui, en une démarche «constructive». «La complémentarité qu’évoque Saveurs en’Or, à savoir la grande distribution pour elle et les magasins relais pour nous peut se faire, mais à condition de définir une vraie ligne politique. Mais, quand son président dit que le Nord ne va pas absorber la Picardie, j’ai des doutes.»
Les doutes, Christophe Podigue, artisan brasseur dans la Somme, les balaient d’un revers de la main. «C’est une belle opportunité à saisir, nous permettant de faire la promotion de nos produits sur un marché de six millions de consommateurs. Il ne faut pas rester sur le pas de la porte.» Suite après les élections régionales et la constitution de la nouvelle équipe aux manettes.

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