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Recensement agricole 2020 : ce qu’il faut retenir

Le ministère de l’Agriculture a dévoilé le 10 décembre les résultats du recensement agricole pour l’année 2020. Ils marquent une poursuite des tendances à l’œuvre sur la décennie 2000

Rappelons d’abord que cette campagne de recensement, réalisée du 1er octobre 2020 et le 15 mai 2021, recelait quelques nouveautés méthodologiques. Il s’agissait de la première collecte à avoir été réalisée en partie en ligne et à intégrer le territoire de Mayotte, où la surface moyenne d’une exploitation ne dépasse pas 1,4 ha. Ce travail réalisé tous les dix ans aura mobilisé 1 500 enquêteurs.

 

Les exploitations de grandes cultures toujours plus majoritaires

Avec 389 000 exploitations recensées, la baisse du nombre de structures se poursuit mais ralentit de nouveau. L’effectif est en diminution de 21 % sur la décennie, alors qu’il avait diminué de 26 % entre 2000 et 2010, et de 35 % entre 1988 et 2000. Comme il y a dix ans, cette baisse touche davantage les exploitations d’élevage (- 31 %) que celles spécialisées en production végétale (- 9 %), malgré le recul du nombre de structures viticoles (- 11 %) et arboricoles (- 6 %). Le seul type d’exploitation à connaître une croissance en valeur absolue est l’ensemble constitué par l’horticulture et le maraîchage (+ 1 %). Le mouvement d’ensemble marque donc une poursuite de la spécialisation des exploitations puisque le nombre d’exploitations en polyculture-polyélevage est en net recul (- 18 %), tout comme celles qui conjuguent bovins viande et bovins lait (- 41 %). Avec une baisse de seulement 3 % de ses effectifs, l’exploitation spécialisée dans les grandes cultures reste la plus représentée au sein de la Ferme France, fortes de 112 000 structures. En parallèle, le recensement marque une mutation des pratiques agronomiques et commerciales. Le nombre d’exploitants vendant en circuits courts a progressé de 5,6 %, pour atteindre près d’un quart des structures (23,1 %). Même mouvement pour les signes officiels de qualité ou d’origine (Siqo), commercialisés par plus d’un quart des agriculteurs (27,3 %). En dix ans, la part des exploitations en agriculture biologique a triplé, passant de 4 à 12 %.

 

Les exploitations continuent de croître

La surface agricole utile française s’est stabilisée à 26,7 millions d’hectares, après une légère baisse de 1 % dans les années 2010. Mécaniquement, la taille moyenne des exploitations continue de progresser. En 2020, elles mesuraient en moyenne 69 ha, soit 14 ha de plus qu’en 2000, résume le ministère. Et de rappeler que la surface reste comparable à celles de nos voisins européens (ex. 81 ha au Royaume-Uni), et inférieure à celles des fermes américaines (ex. 178 ha aux États-Unis).

En raison d’une concentration plus rapide, les augmentations de sur- faces sont plus rapides en élevage. Les élevages laitiers mesurent désormais 106 ha en moyenne, contre 78 en 2010. Si bien qu’ils ont dépassé la taille moyenne des exploitations de grandes cultures (87 ha en moyenne). Les élevages de bovins viandes restent les plus étendus en moyenne, à 123 ha.

 

L’emploi baisse moins vite que le nombre de fermes

En parallèle, l’emploi a également continué de baisser, de 12 % (en équivalent temps plein) soit un peu moins vite que le nombre d’exploitations agricoles, signe d’une augmentation du nombre d’actifs par ferme. 759 000 personnes occupent un emploi permanent dans les exploitations agricoles (583 000 ETP). En parallèle, la part des salariés continue de progresser, pour atteindre 139 000 ETP. Le nombre de saisonniers est, quant à lui, en légère baisse, à 76 000 ETP. La part des femmes cheffes, coexploitants ou associés actives est encore en recul (- 0,5 %), sous l’effet de l’érosion du modèle d’exploitation familiale gérée en couple. Le niveau de diplôme des chefs d’exploitation et coexploitants a continué de grimper : 55 % d’entre eux ont un diplôme au moins égal au baccalauréat, contre 38 % en 2010. Les chefs d’exploitation continuent de vieillir. Un quart d’entre eux ont plus de 60 ans, contre 20 % en 2010. C’est la tranche de population dont l’effectif croît le plus, celle des moins de 39 ans restant stable.

 

Évolution de la surface moyenne par spécialisation

Spécialisation

Surface moyenne 

en 2010

Surface moyenne 

en 2020

Grande cultures

77

87

Horticulture, maraîchage

9

12

Viticulture

16

19

Fruits, autres cultures permanentes

17

23

Bovins lait

78

106

Bovins viande

65

85

Bovins mixtes

102

123

Ovins, caprins, autres herbivores

33

49

Porcins, volailles

42

55

Polyculture, polyélevage

72

94

Exploitation non classées

10

9

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