Recyclage
Recycler des palettes pour préserver des arbres : la méthode Gestpal
A l’occasion de la Journée mondiale du recyclage, le 18 mars dernier, l’entreprise axonaise Gestpal a ouvert les portes au grand public de son site de Rouvroy.
A l’occasion de la Journée mondiale du recyclage, le 18 mars dernier, l’entreprise axonaise Gestpal a ouvert les portes au grand public de son site de Rouvroy.
En 1920, l’invention de la palette et l’apparition du chariot élévateur marquent un tournant dans le secteur de la logistique. Le format 80 × 120 s’impose pour optimiser le transport de marchandises par camion et par wagons, mais, au fil de l’utilisation de la palette, la manière de la réemployer, voire de lui donner une seconde vie lorsqu’elle est abîmée, se pose. En 1998, Jean-Claude Josinsky crée son entreprise, Gestpal, «pour professionnaliser le métier», rappelait le 18 mars dernier celui qui lui a succédé, Julien Josinsky. Installée dans la zone d’activités de Rouvroy (02), l’entreprise Gestpal s’est spécialisée dans la collecte, le tri et la valorisation de palettes en bois.
En 2025, quelque 280 000 palettes sont passées par ses ateliers pour être «recyclées», soit l’équivalent de 35 000 arbres épargnés. En développement, à renfort d’importants investissements, l’entreprise veut aller plus loin, comme l’a indiqué son dirigeant à l’occasion de la Journée mondiale du recyclage.
Recyclage sur mesure
Gestpal collecte auprès de professionnels et de particuliers tous types de palettes, pourvu qu’elles soient en bois. Sur place, les palettes sont triées et orientées vers une zone de stockage en fonction de leur état. Celles qui sont abîmées passent entre les mains d’opérateurs pour être réparées, puis réutilisées. Au-delà de trois éléments à remplacer, la palette est considérée comme un déchet.
Ces palettes jugées «irrécupérables » ont néanmoins droit à une seconde vie. Une fois démontées, leurs éléments sont déchiquetés en copeaux pour produire du combustible. Gestpal intervient dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de son siège et reconnaît évoluer dans un secteur « plutôt concurrentiel».
La force de l’entreprise est de pouvoir proposer à ses clients une palette recyclée «à un prix qui reste inférieur à celui d’une palette neuve», explique Julien Josinsky. Le bois qui sert à la réparation est issu des forêts de l’Aisne, fournies par une scierie installée près de Soissons. Si Gestpal recycle, elle fabrique aussi pour répondre à des demandes spécifiques. Un exemple ? Les palettes que l’on retrouve en tête de gondole dans les grandes surfaces de distribution.
Le défi de l’industrialisation
La gamme de palettes proposées se décline en plusieurs catégories :
premier choix, second choix et déclassées. Le recyclage des palettes en bois est un «business» dans lequel croit Julien Josinsky pour de nombreuses années encore : «Du petit commerce à la grande entreprise, tout le monde utilise des palettes», constate le chef d’entreprise. «Et l’intérêt pour le recyclage ne cesse de grandir.»
Quant au bois, « il reste ultra-majoritaire par rapport au plastique, qui est anecdotique ». La limite de l’exploitation reste aujourd’hui la manipulation à la main des palettes : «On est sur un métier très manuel. Un bon opérateur va traiter une centaine de palettes à l’heure, mais nos outils sont spécifiques. Il faut les inventer.» D’où la réflexion et le défi pour Julien Josinsky, qui consiste à industrialiser son activité. Bien que physique, l’activité de Gestpal ne souffre pas de difficultés à recruter. Le turn-over au sein de l’équipe — elle compte 20 ETP — est faible. La fierté de Julien ? «C’est fou de se dire que, sur une palette à quelques euros, on peut faire voyager des marchandises dont la valeur peut atteindre plusieurs milliers d’euros…»