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Regards croisés sur ces PME qui exportent

La Banque de France des Hauts-de-France et l’Insee se sont intéressés à ces petites et moyennes entreprises (PME) qui partent à la conquête de marchés extérieurs à la France, et leurs secrets pour réussir.

Pour exporter, une PME doit avoir une taille critique et ne pas hésiter à se faire accompagner.
Pour exporter, une PME doit avoir une taille critique et ne pas hésiter à se faire accompagner.
© Pixabay

Qu’est-ce qui pousse une entreprise de petite ou de moyenne taille à s’intéresser aux marchés extra-nationaux ? Quels sont les pistes à ne pas négliger pour que l’export ne soit pas un «one shot» ? Ou encore quelles sont les activités qui s’exportent le mieux ? Compte-tenu de leur positionnement géographique, les PME des Hauts-de-France sont particulièrement intéressés par l’export, même si l’on constate qu’elles ne sont pas les plus dynamiques en la matière lorsqu’on les compare à celles d’autres régions françaises. Le 27 septembre, l’Insee et la Banque de France des Hauts-de-France ont croisé les résultats de leurs enquêtes sur le sujet. Le résultat de ces enquêtes réalisées sur l’année 2015 pour l’Insee et sur la période 2013-2017 pour la Banque de France est une série de chiffres et de recommandations qui s’appliquent à toute entreprise tentée par une aventure à l’étranger. Pour être considérée comme une PME, l’entreprise doit compter moins de 250 salariés, réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros et doit employer au moins 80 % de son effectif salarié localement pour être «régionale».

Qui sont celles qui exportent ?
D’après les chiffres de l’Insee, en 2015, sur les 166 000 petites et moyennes entreprises du secteur marchand non agricole que comptent les Hauts-de-France, «seules» 6,5 % d’entre elles ont exporté, soit 10 800 entreprises. Si on compare ce chiffre au reste de la France, on constate néanmoins qu’il est plus important que dans les autres régions de France où seulement 5,9 % des PME exportent, hors Ile-de-France. Pour un premier passage à l’export, plusieurs facteurs ont une influence favorable : avoir plus de dix salariés, disposer de ressources financières suffisantes, ou encore avoir un positionnement industriel plutôt que commercial. Sur ce dernier point, l’Insee apporte néanmoins une nuance. En effet, si l’industrie est le premier secteur exportateur pour les groupes de la région (63 %) devant le commerce (25 %), le transport et l’entreposage (7 %), et les autres services (5 %), les entreprises indépendantes exporteraient davantage dans le secteur commercial (48 %), devançant l’activité industrielle (27 %), les autres services (14 %) et le transport et l’entreposage (11 %).
Toujours d’après l’Insee, le fait d’être un groupe accroît la probabilité de passer à l’export par rapport à une PME indépendante. Pour expliquer cette caractéristique, on considère que le fait d’avoir une taille plus importante favorise un positionnement international et offre une assise et une santé financière plus grandes. Dans les Hauts-de-France, si les groupes sont moins nombreux au sein du «club» des entreprises exportatrices (2 300 contre 8 500), leur activité hors-France est néanmoins plus conséquente avec un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros contre 1,95 milliard d’euros par les entreprises indépendantes.

Le handicap de la taille
La Banque de France, qui s’est intéressée pour sa part à l’activité export des PME des Hauts-de-France sur la période 2013-2017, dresse à quelques détails près les mêmes constats. Une comparaison entre PME exportatrices et celles qui se contentent d’un marché nationale montre que les premières réalisent un chiffre d’affaires global plus important (7,6 millions d’euros contre 3,2 millions d’euros) et ont une capacité plus importante à dégager de la valeur ajoutée. L’enquête de la Banque de France montre ensuite que les PME les plus tournées vers l’export sont les plus grandes en termes de taille, mais aussi les plus matures. «Au sein des PME exportatrices, les entreprises de moins de dix salariés sont fortement sous-représentées», indique son rapport. Sur la question de l’ancienneté, on constate que 61 % des PME exportatrices ont plus de vingt ans d’expérience en 2018, qu’elles soient installées dans les Hauts-de-France ou ailleurs.  

Ile-de-France et Paca en tête
Les régions où les PME sont le plus portées vers l’export, avec des taux d’activité d’exportation par entreprise au-delà de 15 %, sont l’Ile de France, Paca, Grand-Est et Auvergne-Rhône-Alpes. Les Hauts-de-France arrivent, quant à eux, en cinquième position. Ce qui pousse ces entreprises à «aller voir ailleurs», selon la Banque de France, «c’est aller chercher de la croissance quand le marché national est atone. Autrement dit, on s’intéresse à l’export quand on a fait le tour d’un marché chez soi...» En revanche, difficile d’expliquer pourquoi la région Hauts-de-France fait figure de retardataire par rapport à ses homologues : «Nous n’avons pas forcément d’explications, regrette Kathie Werquin-Wattebled, directrice de la Banque de France dans les Hauts-de-France. Nous sommes dans une région où le discours sur l’export est très positif, mais les entreprises ne suivent pas.» Pour l’Insee Hauts-de-France, cette différence pourrait s’expliquer sur la période récente par la nature des productions exportées par les entreprises du nord de la France. «La crise qu’a connu encore récemment le secteur industriel n’est pas favorable», estime ainsi François Chevalier, le directeur adjoint de l’Insee Hauts-de-France.

Eviter d’y aller en solo
Si l’export peut se révéler intéressant pour un certain nombre d’entreprises, toutes n’y trouvent pas forcément fortune. En effet, pour les entreprises ayant exporté pour la première fois en 2015, seules quatre sur dix ont renouvelé l’expérience dans les deux années suivantes. La principale recommandation de la Banque de France aux entreprises souhaitant se développer à l’export porte sur le besoin d’être accompagné, quelle que soit la région dans laquelle elles se trouvent : «Les entreprises qui chercheraient à se lancer en y allant seules, la fleur au fusil, risquent de ne pas s’y retrouver, prévient Kathie Werquin-Wattebled. Il faut avoir conscience de la nécessité d’être accompagné et il y a pour cela plein d’organismes au sein des différentes régions, des conseils régionaux aux chambres de commerce et d’industrie (CCI) en passant par BpiFrance et l’agence Business France».

Chiffres et repères-clés*

6,5 des PME des Hauts-de-France exportent, soit 10 800 entreprises
5,3 % des indépendantes exportent contre 38 % des groupes
20 %, c’est le taux d’export moyen des PME de Hauts-de-France, contre 26 % ailleurs en France
Etre un groupe, avoir plus de 10 salariés, appartenir à l’industrie, avoir des ressources financières, être dans une région transfrontalière sont des atouts
Une PME exportatrice est en moyenne deux fois plus grande en chiffre d’affaires qu’une PME qui n’exporte pas

* D’après la Banque de France et l’Insee Hauts-de-France

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