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Régionales : une France mitigée

Les élections régionales des 6 et 13 décembre ont rendu leur verdict.

© AAP

Sept régions remportées par les listes LR-UDI-MoDem, cinq par le PS et une (la Corse) par des régionalistes. Alors que le battage médiatique de la dernière quinzaine proposait tous les scénarios, c'est finalement un résultat à peu près prévisible dix ans à l'avance sur le papier... Pour autant, le scrutin livre à froid plusieurs enseignements.

Les perdants
Si spontanément chacun est tenté de citer le Front national comme perdant des élections, c'est peut-être vrai au second tour, mais le premier aura été plus cruel encore pour d'autres partis. Ainsi en est-il, par exemple, des partis dits d'extrême gauche ou Europe Écologie Les Verts, dont les scores ne les auront pas placés en position de recomposition de liste pour le second tour dans le cadre de «majorités plurielles».
D'ailleurs, ce fut le cas même dans les communes qui ont été le siège d'oppositions locales entre projets d'élevage et associations environnementales, comme Drucat-Le-Plessiel dans la Somme (projet des 1 000 vaches), Heuringhem dans le Pas-de-Calais ou Loueuse dans l'Oise (projets de porcheries).
La défaite est amère pour le Front national au second tour, mais le score obtenu au premier n'en fait pas un perdant. De même, pour le Parti socialiste, qui s'est retiré dans deux régions, mais en conserve cinq, ce qui était loin d'être acquis.

Les vainqueurs : les électeurs
Difficile de trouver des nets vainqueurs en se plaçant à l'échelle nationale, du moins dans les partis politiques. Les listes d'union LR-UDI-Modem ont certes remporté une majorité de régions, faisant ainsi basculer l'équilibre national, mais dans deux d'entre elles, le désistement des listes PS n'y est pas innocent. Le Front national est bien le vainqueur du premier tour mais, au final, ne remporte aucune région. Enfin, le PS échappe à une défaite plus large que prédisaient certains, mais perd quand même sa position majoritaire sur les exécutifs régionaux.
Les seuls vainqueurs sont à retrouver parmi les électeurs. Le score du premier tour a été interprété de bon nombre de façons, certes, mais nul ne peut dire que le mal-être national n'a pas été entendu, surtout dans les territoires ruraux. Les électeurs ont montré au travers de ce premier tour qu'ils avaient bien encore une capacité à appuyer sur le «bouton rouge», et que l'envie était forte. Tous sont en attente de changement : changement de forme, changement de fond.
Une majorité a accordé aux partis traditionnels un nouveau mandat. Une sorte de dernière chance, si on prolonge les courbes d'évolutions des scores des différents partis jusqu'aux prochaines échéances électorales, mais une chance quand même...
Côté agricole, les exécutifs régionaux ont une chance : celle d'avoir avec la nouvelle Pac des moyens d'action à la hauteur de leurs ambitions. Ils ont aussi à présent la responsabilité d'agir.

Edito de Xavier Beulin, président de la FNSEA

Attention à l’amnésie !


Ce scrutin des régionales a mis en lumière, s’il en était besoin, une France quasiment à l’agonie. Renoncements, promesses non tenues, poids des charges sociales et fiscales, excès de normes, ambitions et investissements contrariés, corps intermédiaires malmenés par un pouvoir administratif zélé et très souvent «hors sol», territoires ruraux délaissés … Chacun y va de son explication pour tenter de comprendre, voire justifier le paysage politique actuel. Le diagnostic peut sans doute rallier une majorité de Français. Pour autant, la réforme dans notre pays ne va pas de soi. Soyons néanmoins réalistes.
Il n’y a que deux alternatives possibles : ou bien le repli sur soi qui - sur un court terme, (un court terme seulement) - peut donner l’illusion d’une embellie sur l’économie et l’emploi ; ou bien une adaptation de notre modèle dans un monde en mouvement qui ne nous attend pas. Notre monde agricole et alimentaire, et plus largement notre monde rural, exprime de plus en plus, à la fois ces questionnements sans réponses, mais aussi paradoxalement, cette capacité d’initiative, de projets et, au final, de solutions économiques, sociales, environnementales.
La FNSEA depuis plusieurs années, et y compris dans des périodes syndicales tendues comme celle que nous vivons en ce moment, n’a pas varié sur ses objectifs et sur ses combats : remettre la filière agricole et alimentaire française sur les rails d’une croissance durable ; valoriser nos savoir-faire et notre excellence sur notre marché intérieur, comme à l’export ; permettre le développement de chaque segment, du circuit court à la filière longue, du bio au conventionnel.
Pour réussir ce challenge, oui nous avons besoin d’un cadre réglementaire et normatif corrigé en profondeur, d’une compétitivité retrouvée, de prix garantissant un revenu digne pour chacun, d’une modernisation de nos exploitations, de la reconnaissance de la société et d’une confiance renouvelée en nous-mêmes.
Mais nous devons nous aussi accepter et prendre notre part de responsabilité sur l’organisation de nos filières, sur la prise en compte de la demande des consommateurs, sur une adaptation de moyens de production plus efficients, grâce notamment aux technologies les plus en pointe.
Oui, les agriculteurs français recèlent un potentiel formidable ils sont, dans bien des domaines, une solution pour la France.
J’y crois, la FNSEA y croit, la France doit y croire et les politiques doivent le comprendre.

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