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Rendements betteraviers : la Somme dans le peloton de tête cette année

La campagne 2013 est marquée par une tare terre élevée et des rendements moyens mais dans le haut de la fourchette nationale.

© AAP


C'est au début décembre, avec une quinzaine de jours de retard par rapport à l'an dernier, que les arrachages des betteraves se sont achevés dans la Somme. Début novembre, la moitié des surfaces seulement avaient été arrachées, chose que l'on n'avait pas vue depuis longtemps. Ce retard s'explique par la forte pluviométrie enregistrée fin octobre et en novembre - 60% de plus que la moyenne pour le mois dernier - ce qui a perturbé les travaux. Le temps est revenu au sec depuis, mais cette campagne restera caractérisée par un taux élevé de tare terre. Il se situe autour de 20% en moyenne départementale, après avoir démarré très bas, autour de 10% début octobre.
A Sainte-Emilie, où le déterrage n'est pas pratiqué, la tare terre est montée jusqu'à 33% sur le net lavé dans la deuxième quinzaine de novembre. Ces taux élevés font que, globalement dans la Somme, la moyenne des planteurs sera pénalisée.

La question du matériel de déterrage
Le groupe Cristal Union auquel appartient Sainte-Emilie réfléchit à la mise en place du déterrage dans l'usine. "Nous allons en discuter avec les responsables du groupe car l'impact pour les planteurs n'est pas neutre. Quel serait le matériel de déterrage utilisé : avaleur ou trémie ? Dans quelles conditions économiques ?" s'interroge Dominique Fiévez, président de la l'Asbs (Association syndicale betteravière de la Somme).
La question se pose aussi à Roye où le matériel de déterrage actuel doit être renouvelé. L'industriel souhaiterait remplacer les trémies par des avaleurs. L'Asbs s'y oppose toutefois. "Nous ne souhaitons pas voir venir des avaleurs dans le secteur de l'usine tant que des améliorations ne seront pas apportées à cette technique afin de résoudre les problèmes qu'elle pose aux planteurs, notamment la largeur des silos", affirme Dominique Fiévez.
Cette question de la tare terre fait d'ailleurs partie du projet de la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves) sur la modernisation des réceptions qui inclut tout à la fois la suppression du décolletage, la résolution du problème des pertes au lavage et l'évolution de l'atelier de mesure de la richesse où beaucoup d'opérations restent encore manuelles.

Rendements : mieux que la moyenne nationale
La récolte de betteraves 2013 est globalement très moyenne avec un rendement moyen d'environ 84 tonnes à 16 sur le plan national. Mais la Somme se situera cette année dans le peloton de tête. Les usines de Boiry, Saint-Emilie et Roye se classent en effet parmi les meilleures : les 87 tonnes à 16 y seront atteints voire dépassés. Ce sera en revanche un peu moins bon pour Attin et Eppeville où les rendements ne devraient guère dépasser les 84 tonnes.

Bâchage et paillage
A l'heure actuelle, la météo étant redevenu clémente, aucun problème de conservation des silos ne se pose. A Roye, il a été demandé aux planteurs de bâcher partout les betteraves après le 16 décembre. La consigne a été bien suivie. Une mesure de précaution qui n'est pas superflue : il a gelé plusieurs jours la semaine dernière et il reste encore trois semaines de campagne. A noter que Tereos mène de son côté une expérience de paillage des silos : 700 000 tonnes sont concernées sur l'ensemble des usines du groupe. "Nous réfléchissons actuellement à la possibilité d'offrir aux planteurs un service de bâchage", indique Etienne Lenaerts, directeur de l'Asbs. "D'autant que la tendance est l'augmentation des durées de campagne et qu'il faudra alors de toute façon bâcher les derniers enlèvements".

La pulpe très bien valorisée
Dernier fait notable de cette campagne, elle sera encore très bonne pour les pulpes après une année 2012 excellente. Les outils de déshydratation tournent bien et le marché reste soutenu. Les adhérents de la Sica pulpes de Haute-Picardie (Sainte-Emilie) vont ainsi valoriser leurs pulpes à hauteur de 2,50 euros la tonne et pour ceux de Roye ce sera 4,50 euros. Un niveau exceptionnel.

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