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Retraités : comment optimiser son budget ?

En période de hausse de la CSG et de la faible revalorisation des retraites, le budget subit de plus en plus de retrait pour certains. Comment y remédier ?

Le niveau de taxation de la CSG varie en fonction du revenu des retraites.
Le niveau de taxation de la CSG varie en fonction du revenu des retraites.
© D. R.



Depuis le 1er janvier, les retraités ne sont pas à la fête. En effet,  plus de huit millions de retraités ont subi une hausse de la CSG de 1,7 % pour financer une baisse des cotisations salariales. Et les pensions ne seront revalorisées que de 0,30 % en 2019 et en 2020, sachant que le gouvernement table sur une hausse des prix de 1,7 % en 2019 et de 1,8 % en 2020, et que le pouvoir d’achat a baissé de 2 % en 2018. D’autre part, depuis cette année, le régime complémentaire de retraite Agirc-Arrco a baissé de 10 % pendant trois ans pour ceux qui refusent de travailler un an de plus après soixante-deux ans. Sans aucun doute, toutes ces mesures grèvent le pouvoir d’achat des retraités, et ils ne peuvent plus compter sur une éventuelle augmentation pour améliorer leurs revenus.
Le mouvement des «gilets jaunes» a permis de réduire la hausse de la CSG de 1,7 % pour un peu plus de cinq millions de retraités à la condition que leur pension soit comprise entre 1 200 et 2 000 € par mois pour une personne seule. Afin de ne pas pénaliser ceux dont les revenus augmentent temporairement, les seuils de revenus doivent être franchis pendant deux années de suite pour passer au taux supérieur. Le gain moyen devrait être de 448 € par foyer.
Mais pour ceux qui dépassent ce seuil, rien n’est prévu, et ils devront continuer à supporter la taxe d’habitation, qui représente 20 % des ménages (80 % seraient exonérés totalement en 2020).

Taxation à la retraite
Une fois à la retraite, les revenus des retraités sont soumis à l’impôt sur le revenu dans les mêmes conditions que ceux perçus par les actifs, à commencer par les pensions de retraite. A l’exception de certaines d’entre elles, de faible montant, les pensions de retraite et pensions de réversion, majorations pour enfants comprises, sont imposables après un abattement spécifique de 10 %. Mais, attention, cet abattement est plafonné à 3 812 € par foyer fiscal et concerne toutes les pensions reçues, qu’il s’agisse des retraites versées par les régimes obligatoires ou de celles versées en application d’un régime de retraite facultative.
Les rentes viagères à titre onéreux, versées à la sortie d’un contrat d’assurance-vie ou à la suite de la vente d’un bien immobilier en viager, suivent un autre régime. Elles sont soumises à l’impôt sur le revenu, mais sur une fraction seulement des arrérages reçus. Cette fraction dépend de l’âge du rentier au moment où il demande à percevoir sa rente pour la première fois : 40 % pour une sortie en rente entre soixante et soixante-neuf ans, 30 % à partir de soixante-dix ans.
En plus de l’impôt sur le revenu, les retraités supportent les prélèvements sociaux. Pour les pensions de retraite, il existe désormais trois taux de CSG : un taux réduit de 3,8 %, un taux intermédiaire de 6,6 % et un taux normal de 8,3 %, auxquels s’ajoutent la CRDS de 0,5 % et la Casa, la contribution additionnelle de solidarité de 0,3 %. Le taux de 6,6 % ne s’appliquera effectivement qu’aux pensions versées à partir de mai prochain. Une régularisation sera effectuée pour la période courant depuis le 1er janvier.
En revanche, pour les autres revenus, comme les revenus fonciers ou les rentes viagères versées à la sortie d’une assurance-vie, le taux de la CSG est le même : 9,2 % depuis le 1er janvier 2019, soit une ponction de 17,2 % compte tenu de la CRDS de 0,5 % et du prélèvement de solidarité de 7,5 % qui s’y ajoutent.

Comment maintenir son pouvoir d’achat
Entre la hausse de la CSG et la faible revalorisation des retraites, les pensions sont peu à peu grignotées. Il existe des solutions pour optimiser son budget. Comment, dès lors, faire des économies et gérer au mieux son budget ? Une fois à la retraite, il est fréquent de pouvoir optimiser plusieurs postes de dépenses. Certains retraités sont encore titulaires de contrats de fournisseurs d’énergie ou de téléphonie anciens, datant parfois d’avant la libéralisation de ces marchés. Or, il est possible de faire de réelles économies en faisant jouer la concurrence, et en profitant des promotions en cours. Par exemple, un retraité de soixante-six ans vivant seul a réalisé 1 428 € d’économie annuelle en tournant le dos à ses anciens fournisseurs : 1 007 € pour le gaz, 120 € pour l’électricité et 300 € pour la mutuelle.
La principale ressource des retraités est, par ailleurs, bien souvent immobilière. Près de 75 % des plus de soixante ans sont propriétaires de leur logement, d’après l’Insee. Les retraités sont souvent attachés à leur résidence principale, et souhaitent avant tout y rester. Pourtant, revendre son habitation principale pour acheter plus petit et mieux adapté à ses besoins est une bonne façon de réduire ses charges et d’obtenir des liquidités que l’on investira pour dégager des rentes.

Investir dans de l’immobilier locatif
L’investissement en location meublée non professionnelle, les rachats réguliers sur un contrat d’assurance-vie, ou encore l’achat de SCPI sont particulièrement indiqués à cette étape de la vie. La location meublée permet de déduire de ses revenus locatifs les charges, ainsi que l’amortissement comptable. Si bien que les revenus locatifs perçus complètent la pension de retraite sans conduire à payer davantage d’impôts. Les retraités soumis à l’IFI peuvent aussi avoir intérêt à passer, une fois à la retraite et sous réserve de remplir les conditions, à la location meublée professionnelle. Le bien immobilier sort, en effet, dans ce cas, de l’assiette de l’IFI. Le statut professionnel doit être adopté lorsque les revenus locatifs représentent plus de la moitié des revenus, ce qui est plus facile à la retraite.
Il est d’ailleurs possible d’investir dans de l’immobilier locatif en souscrivant un crédit. Les taux sont bas et les banques, comme les assureurs, ont un intérêt croissant pour les seniors.
Les SCPI permettent aussi de se constituer des rentes. Les parts d’investissements immobiliers produisent des revenus fonciers perçus tous les trimestres (une fois passé un délai de jouissance de trois à six mois). Le rendement annuel moyen des SCPI a tendance à diminuer, mais il demeure honorable, soit à 4,35 % en 2018. Attention toutefois, car les frais de souscription, de l’ordre de 10 %, nécessitent de conserver ses parts au moins dix ans. Ce placement est, par ailleurs, très peu liquide lorsqu’il est détenu en direct. C’est la raison pour laquelle il peut être intéressant d’acquérir des parts de SCPI au sein d’un contrat d’assurance-vie. Le taux de rendement est certes un peu plus faible, mais l’épargnant peut effectuer un rachat quand il le souhaite, ce qui est un avantage indéniable.

Le viager
Le viager peut être une solution pour tirer parti de sa résidence principale, tout en continuant à en profiter. Le pari sur la mort que supposait l’achat en viager a eu tendance à dissuader les acquéreurs potentiels : ils sont dix fois moins nombreux que les seniors qui souhaitent vendre. Mais plusieurs acteurs (Allianz, Virage-Viager…) ont imaginé ces dernières années de nouvelles solutions pour remédier à ces inconvénients. Choisir la rente viagère revient donc à abandonner un capital au profit d’un assureur, qui s’engage à vous verser, chaque mois ou chaque trimestre et jusqu’à la fin de vos jours, un revenu régulier. Même si votre espérance  de vie s’allonge, vous pourrez continuer à compter régulièrement sur vos rentes. C’est pourquoi cela vaut de s’y pencher et de regarder les propositions qui en découlent. Ce sont toujours des opportunités intéressantes pour ceux qui n’ont pas d’enfant tout au moins.
A l’inverse, disposer d’un capital, par des retraits ponctuels ou réguliers, vous laisse une entière liberté d’utiliser votre épargne comme bon vous semble, mais avec le risque d’épuiser la source de vos revenus si vous vivez très longtemps.

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