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Réussir sa transition vers l’ACS, quelles sont les étapes à ne pas négliger ?

Avec la hausse importante des charges de mécanisation sur les exploitations et l’attente environnementale sur le stockage de carbone ou l’amélioration de la fertilité biologique des sols, de plus en plus d’agriculteurs se tournent vers l’ACS. Se lancer implique de revisiter le système global de son exploitation (couverture permanente du sol, semis sans travail du sol, etc.). Point sur les facteurs de réussite avec la Chambre d’agriculture de la Somme.

Un sol bien structuré, c’est une activité biologique déjà favorisée

Avant de se lancer, il est important de connaître la structure de son sol et les éventuels tassements qui rendent l’enracinement des cultures difficile dans une implantation sans travail du sol. Afin de diagnostiquer rapidement l’état structural de vos sols et faciliter la prise de décision sur le changement de pratique, la chambre d’agriculture conseille de réaliser un mini profil 3 D. Placé entre le test rapide à la bêche et le profil cultural, le mini profil 3 D est une méthode simple, rapide et peu destructrice, permettant une observation à hauteur des yeux. Elle consiste à prélever un bloc de sol avec les palettes d’un chargeur télescopique, ou d’un tracteur équipé d’un chargeur frontal pour observer les horizons de travail du sol de 70 à 80 cm de profondeur. La structure, l’enracinement ou les traces d’activité biologique donnent les informations essentielles au diagnostic de l’état structural du sol et en un temps réduit. L’agriculteur peut ainsi aider à la restructuration de son sol par un passage de décompacteur, par exemple.

 

L’implantation des cultures de printemps plus exigeante que celles des cultures d’automne

Les semis ne se font pas toujours en conditions optimales (température, humidité, oxygénation, etc.). Il faut privilégier des variétés spécifiquement adaptées au semis direct. Au sein de nos collectifs d’agriculteurs en ACS, les semis en direct de céréales d’hiver et de colza sont couramment réalisés ; les difficultés se ressentent sur les implantations de cultures de printemps avec des reprises de sols de plus en plus difficiles avec l’absence d’hiver.

S’agissant du semis direct en cultures d’automne, la chambre d’agriculture conseille d’avancer les dates de semis et de surveiller les ravageurs d’automne (pucerons et limaces). Bien souvent, les prédateurs arrivent en premier et peuvent impacter les cultures avant que les auxiliaires n’arrivent, en particulier au stade cultural entre la germination et la levée.

Les préconisations de la Chambre d’agriculture :

En céréales d’hiver, 

- avancez la date de semis de sept à dix jours en raison d’une minéralisation plus lente qui rend l’implantation plus longue. Vigilance quant aux parcelles fortement infestées par les graminées (vulpin, ray-grass) qui nécessitent deux interventions chimiques à l’automne, la première à réaliser en post semis pré-levée et la seconde au stade 2-3 feuilles. Pour améliorer le fonctionnement des produits racinaires, pensez également à limiter la biomasse des résidus par un broyage et privilégiez les applications sous la pluie ;

- surveillez l’apparition des limaces et la présence de résidus (pose de piège et observation dès l’interculture) en l’absence de travail du sol. Vigilance également vis-à-vis des pucerons avec l’avancement de la date de semis et la présence éventuelle de couverts permanents ou de repousses. La détection peut se faire par plaque engluée (réseau de détection de l’arrivée des premiers vols par les conseillers de la Chambre d‘agriculture de la Somme). Le seuil de nuisibilité se réalise au stade une feuille de la céréale pour observer la présence de plus de dix jours ou 10 % des pieds porteurs d’au moins un puceron ;

- réalisez un apport de phosphore au semis sur les semis tardifs, derrière des betteraves en terres froides (craies, terres argileuses) afin de «booster» leur
vigueur ;

- il n’est pas nécessaire de décaler son premier apport d’azote même en présence de reliquats élevés.

En colza, 

- effectuez vos semis idéalement en post-moisson afin de profiter de l’humidité résiduelle du sol, qui nécessitera une régulation à l’automne dans la majorité des cas ;

- En association avec des légumineuses, du lin pour dynamiser la vie du sol et pour leur effet répulsif au niveau des grosses altises.

 

La pomme de terre, véritable challenge en ACS 

La pomme de terre est une culture qui demande de l’effort au sol. Créer des buttes est une opération mécanique, mais créer un lit de couverts pour les tubercules peut être une opération d’ACS, la technique reste cependant encore difficile à maîtriser. Le principe est de semer un couvert végétal en plein et de venir former des buttes dès l’été après moisson. Ainsi, les racines du couvert colonisent le sol, améliorent la vie biologique et permettent d’obtenir une meilleure granulosité et porosité améliorant la rétention d’eau. D’après cette technique, plusieurs essais ont été menés notamment par notre partenaire l’association Greenotec, selon différentes méthodes de plantation : avec fraise sur le pré-buttage, avec reprise directe dans les pré-buttes et au labour. Aujourd’hui, dans les différents essais, le rendement est impacté avec une plantation directe dans les pré-buttes (baisse de plus de 10 t/ha par rapport aux buttes retravaillées sur un marché de l’industrie). En revanche, les buttes retravaillées donnent de bons résultats, proches des résultats en TCS et supérieurs d’environ 5 t/ha à la technique en labour. La plantation directe sur pré-buttes engendre un réchauffement plus lent du sol qui entraîne une levée plus tardive.

 

Le strip till, un outil de transition pour la betterave ou le maïs

Réduire le travail du sol ne se fait pas du jour au lendemain, une phase de transition est nécessaire. Pour assurer le bon enracinement de la culture, il est conseillé d’avoir recours au strip-till, l’outil qui permet de travailler partiellement le sol sur la future ligne de semis. Son utilisation est tributaire des conditions de ressuyage du sol, il est aussi préférable de limiter le travail en profondeur dès lors que nous nous approchons du semis de la culture. En effet, le risque est de créer une structure grossière qui sera plus sensible au dessèchement du lit de semence et qui exposera les racines à l’air.

Nos préconisations : 

-> Implantation en mars (betterave) : deux passages dans l’idéal : 

- Passage à l’automne avec une dent fissuratrice pour un travail en profondeur (15 cm) sur la ligne de semis en présence d’un couvert qui continuera de coloniser la future ligne de semis

- Reprise au printemps : dent fine ou disque gaufré pour un travail superficiel (5 cm) pour préparer le lit de semence en assurant un bon rappuie de ce dernier.

-> Implantation semis d’avril – mai (maïs) : 1 passage au printemps en profondeur avec la dent fissuratrice ou la dent fine selon le ressuyage. 

Dans les terres argileuses, il est recommandé de réaliser deux passages comme en betterave pour maîtriser les conditions de ressuyage ou, à l’inverse, pour limiter une exposition aux conditions sèches qui rendront difficiles, voire impossibles la préparation du lit de semence.  

Vous souhaitez vous lancer en ACS ou consolider vos premières pistes ?
Le meilleur moyen d’y parvenir est d’échanger avec des agriculteurs, de participer à des rencontres techniques ou des tours de plaine. Pour en savoir plus, rapprochez-vous de votre conseiller Chambre d’agriculture de la Somme.

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