Aller au contenu principal

Robot de traite : qu’est-ce qu’une bonne fréquentation ?

La fréquentation du robot de traite, autrement dit, le nombre de traites par vache et par jour, est un sujet récurrent aussi bien pour les éleveurs déjà équipés que pour ceux qui le projettent.

Il n’existe pas une seule fréquentation idéale pour tous les élevages.
Il n’existe pas une seule fréquentation idéale pour tous les élevages.
© D. R.



Pour amorcer une réponse, il faut avoir en tête quelques éléments fondamentaux. Même si un robot de traite n’est pas matériellement si différent d’une salle de traite, il présente un changement fondamental ? puisque c’est la vache qui décide d’aller à la traite et non plus l’éleveur. Mais alors, combien de fois une vache va-t-elle venir au robot ? A partir de quand doit-on lui en refuser l’accès ? Ce passage d’une traite «obligatoire» à une traite «volontaire» va donc nécessiter une gestion de la fréquentation par l’éleveur.
Il faut être clair, il n’existe pas une seule fréquentation idéale pour tous les élevages. Cependant, quelques règles doivent être respectées. Un même niveau de fréquentation peut cacher des différences importantes entre deux élevages. Comme pour toute moyenne, l’écart-type est important à prendre en compte. Une fréquentation moyenne de 2,5 traites par vache et par jour peut, par exemple, résulter d’une situation où toutes les vaches sont traitées 2,5 fois par jour, mais aussi 50 % à deux traites et 50 % à trois traites. La fréquentation moyenne du troupeau n’est pas un critère interprétable.
Pour analyser la fréquentation d’un troupeau, une méthode simple consiste à observer toutes les traites pendant une semaine pour classer les vaches en trois catégories. La première, la sur-fréquentation, correspond à une  traite à moins de 10 kg de lait (8 kg pour les primipares) ou à moins de six heures d’intervalle. La seconde est l’optimum de traite. Quant à la dernière, il s’agit de la sous-fréquentation, soit une traite à plus de 20 kg de lait (16 kg pour les primipares) ou à plus de seize heures d’intervalle.

«Sur-fréquentation»
Au sein de la catégorie «sur-fréquentation», il y a donc les vaches qui sont traitées pour une quantité de lait trop faible et celles dont l’intervalle entre deux traites est trop faible. Les premières nuisent à la capacité du robot. Elles peuvent en effet entraîner une augmentation du taux d’échec (traites incomplètes) et un coût de fonctionnement du robot (eau, électricité, produit de lavage). Pour les secondes, les intervalles inférieurs à six heures altèrent l’intégrité de la mamelle (notamment du sphincter).
La sur-fréquentation, elle, est uniquement liée au paramétrage de l’automate. Dans cette situation, l’éleveur peut modifier l’accès au robot : à partir de quand est-il judicieux d’accepter ou de refuser une vache à la traite ? Attention, en paramétrant un intervalle trop court entre deux traites, l’éleveur peut aussi être à l’origine de vaches en sous-fréquentation, puisque des animaux occupent inutilement le robot et empêchent les autres d’y accéder.

«Sous-fréquentation»
Pour la catégorie «sous-fréquentation», une quantité trop élevée de lait à la traite entraîne des risques de perte de lait dans le logement (logettes, aire paillée). Cela peut être à l’origine d’infections mammaires (mammites, cellules).
Un intervalle de traite trop important (plus de 16 heures) provoque une diminution des performances des vaches. L’augmentation de la pression mammaire qui en résulte génère un phénomène de tarissement prématuré.
Les causes des traites en sous fréquentation sont aussi diverses que complexes. Elles nécessitent une expertise approfondie. Voici une liste non exhaustive des causes, sans ordre d’importance : l’implantation du robot dans le bâtiment et organisation des différents circuits ;
la gestion des concentrés entre l’auge et le robot ; la santé générale du troupeau et notamment des pattes ; la saturation du/des robots de traite ; des interventions éleveur excessives ; une gestion du pâturage inadaptée, etc.
Pour conclure, la bonne fréquentation du troupeau doit être analysée régulièrement en catégorisant chaque animal.. Dans tous les cas, il ne faut pas s’arrêter à un seul chiffre pour juger une situation.



Fréquentation et performances

L’augmentation de la quantité de lait produite lorsque les vaches sont traitées trois fois par jour au lieu de deux est connue : 10 à 20 % supplémentaires selon les animaux, la race et les conditions de conduite du troupeau.
De nombreuses études réalisées dans le monde ne montrent pas d’augmentation systématique de la production laitière des vaches liée à l’utilisation du robot. Bien souvent, les comparaisons s’avèrent délicates. La mise en route du robot s’accompagne souvent de changements notables dans la conduite du troupeau (notamment la distribution des concentrés).
Des résultats obtenus en Hollande et en France par l’Inra montrent que des vaches traitées en système robotisé en moyenne 2,8 à 2,9 traites par jour ne produisent pas plus de lait que celles traitées deux fois par jour en salle de traite conventionnelle.
Ce résultat s’explique principalement par le fait que, en système robotisé, les intervalles entre les traites ne sont pas fixes. Il y a également davantage d’échecs de traite.

Valo’robot

Depuis quelques semaines, Avenir conseil élevage s’est doté d’un nouvel outil : Valo’robot dont l’objectif est de fournir aux éleveurs, sans surcoût, un tableau de bord avec les données techniques importantes de l’élevage :
- Les performances laitières
- Les résultats individuels
- L’analyse de la fréquentation
- L’analyse de la capacité/efficacité du robot
- Synthèse annuelle des résultats
L’éleveur a ainsi un aperçu rapide et synthétique de sa situation. Le conseiller d’Avenir conseil élevage peut le compléter à chaque visite avec les données du contrôle de performances par des données supplémentaires (taux, cellules, poids, fréquentation…).
Il permet également de comparer les résultats de l’élevage avec une moyenne par marque de robot. A ce jour, l’outil est opérationnel sur les robots Delaval et Lely.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Hutte Hable d'Ault
Un drame évité de justesse dans une hutte du Hable d'Ault
Deux chasseurs occupant une installation de chasse de nuit ont échappé la nuit dernière à l’intoxication par les fumées d’un…
Jean-Louis Bouthors a sauvé son exploitation par la remise en cause du poste d’alimentation, avec l’affouragement  en vert. Un défi qu’il a su relever avec le soutien de sa famille (ici ses enfants, Louis et Laura).
Eleveurs bovins (5/10). L’autonomie fourragère pour un élevage viable
Épisode 5/10. Ils sont éleveurs bovins par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Chaque semaine,…
Aujourd’hui, Frédéric Gaffet est à l’aise avec ses pratiques qui lui ont permis de sauver sa ferme. Sa fille, Constance, pourrait même s’y installer à l’avenir grâce  à un projet de diversification.
Eleveurs bovins (7/10): "Si je n'étais pas bio, je n'existerais plus"
Épisode 7/10. Ils sont éleveurs bovin par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Chaque semaine,…
Selon leur qualité, les pailles 2020 sont orientées vers la transformation la plus valorisante pour elles : un teillage classique ou un teillage toutes fibres. 
Mauvaise récolte 2020, teillage en souffrance en 2021
Depuis décembre, la Calira, à Martainneville, teille le lin récolté en 2020. Sans (bonne) surprise, la récolte est très mauvaise…
Jaunisse de la betterave
Néonicotinoïdes : une consultation publique pour rien
Lors de sa conférence de presse de rentrée le vendredi 22 janvier, la ministre de la Transition écologique s'est exprimée contre…
Noriap diversifie ses filières bio
Voilà dix ans que Noriap valorise les productions de ses adhérents convertis en agriculture bio. Les volumes et les débouchés…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde