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Gestion de l’eau
Sage de l’Authie : l’enquête publique reste ouverte jusqu’au 12 mars

Jusqu’au 12 mars 2026, le projet de Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) de l’Authie est soumis à enquête publique. Elle doit permettre aux habitants, agriculteurs, élus et acteurs économiques de formuler leurs observations sur l’avenir de la gestion de l’eau à l’échelle du bassin versant

© Symcea

L’eau conditionne l’alimentation en eau potable, la production agricole, le fonctionnement des milieux naturels et la prévention des inondations. Sur un territoire qui s’étend sur 155 communes de la Somme et du Pas-de-Calais, la ressource est à la fois stratégique et vulnérable.

L’enquête publique qui concerne le Sage de l’Authie constitue la dernière phase de consultation avant validation du document. Pendant un peu plus d’un mois, chacun peut prendre connaissance du projet, en comprendre les objectifs et en mesurer les implications locales. Les observations recueillies seront ensuite examinées par la commission d’enquête, qui établira un rapport et des conclusions motivées. Le projet pourra, si nécessaire, être ajusté avant son approbation préfectorale.

Un cadre pour organiser la gestion de l’eau

C’est quoi un Sage ? Il s’agit d’un document de planification prévu par le Code de l’environnement. Il organise la gestion de l’eau à l’échelle d’un bassin versant, c’est-à-dire l’ensemble du territoire dont les eaux s’écoulent vers un même cours d’eau. Dans le cas présent, il s’agit du bassin de l’Authie, fleuve côtier qui traverse un territoire rural, agricole et riche en milieux naturels remarquables, dont plusieurs sites Natura 2000.

Le Sage fixe des objectifs et des règles destinés à protéger la ressource en eau, améliorer sa qualité, préserver les rivières et les zones humides, prévenir les inondations et concilier les usages. Il encadre ainsi les décisions publiques et les projets susceptibles d’avoir un impact sur l’eau, qu’il s’agisse d’alimentation en eau potable, d’irrigation, d’activités économiques ou de loisirs.

Le bassin versant de l’Authie est soumis à des pressions multiples. La ressource en eau est fragilisée par le changement climatique, les épisodes de sécheresse plus fréquents et l’évolution des besoins. La qualité des eaux reste impactée par différentes sources de pollution. Les phénomènes de ruissellement et d’érosion des sols posent des problèmes récurrents, tout comme les risques d’inondation sur certains secteurs.

Dans ce contexte, le Sage vise à apporter une réponse globale et cohérente. Il ne se limite pas à un diagnostic : il établit une stratégie de long terme pour équilibrer les usages et préserver les milieux aquatiques. Pour autant, rappelle Cassandre Waymel, animatrice du Sage de l’Authie, «le Sage n’amène pas de réglementation supplémentaire».

Une démarche pilotée localement

Le projet est élaboré par la Commission locale de l’eau (CLE), instance de concertation réunissant des élus, des représentants des usagers de l’eau — dont le monde agricole — et des services de l’État. Elle est accompagnée par le Syndicat Mixte Canche & Authie (Symcéa), structure porteuse du Sage, chargée de l’animation et du suivi technique.

Comment participer ?

Le dossier d’enquête est consultable dans les mairies accueillant des permanences de commissaires enquêteurs, aux horaires habituels d’ouverture. Des permanences sont organisées notamment à Argoules, Authie, Auxi-le-Château, Berck-sur-Mer, Bernaville, Campagne-lés-Hesdin, Doullens, Fort-Mahon-Plage, Hébuterne, Labroye et Pas-en-Artois, à des dates échelonnées depuis le 9 février jusqu’au 12 mars. Deux réunions publiques se sont tenues en amont à Argoules le 28 janvier et à Auxi-le-Château le 5 février, afin de présenter le projet et répondre aux questions. Pour le maire d’Auxi-le-Château, Henri Dejonghe, la participation est importante, comme il le rappelait fin janvier : «C’est à l’échelon local de se mobiliser pour éviter que d’autres, qui n’ont pas forcément de lien avec le territoire, apportent leur contribution…»

Les observations peuvent être consignées sur les registres d’enquête disponibles dans les mairies concernées, adressées par courrier à la commission d’enquête en mairie d’Auxi-le-Château, siège de l’enquête, ou transmises par voie électronique à l’adresse dédiée de la préfecture de la Somme, en précisant l’objet de l’enquête.

Le dossier est également accessible en ligne sur le site des services de l’État dans la Somme, ainsi qu’à la préfecture d’Amiens sur un poste informatique mis à disposition du public.

Et après le 12 mars ?

À la clôture de l’enquête publique, l’ensemble des contributions sera analysé. Le commissaire enquêteur rédigera un rapport et formulera des conclusions motivées. Le projet de Sage pourra être modifié pour tenir compte des remarques jugées pertinentes. Une fois cette étape achevée, le document sera soumis à l’approbation du préfet. S’il est validé, il deviendra le cadre de référence pour la gestion de l’eau sur l’ensemble du bassin versant de l’Authie, avec des effets concrets sur les décisions d’aménagement et les pratiques liées à la ressource.

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Eau : les comités de bassin s’inquiètent d’un affaiblissement de leurs prérogatives

Réunis lors d’un point presse le 6 février, à l’invitation d’Alain Rousset, président du comité de bassin Adour-Garonne, les présidents des comités de bassin ont fait part de leurs inquiétudes sur l’avenir de la gouvernance de l’eau et la soutenabilité financière des politiques de gestion de l’eau. Ils redoutent que le projet de loi d’urgence agricole, qui contiendra un volet relatif à la gestion de l’eau, n’affaiblisse leurs prérogatives. Le Premier ministre a notamment appelé à revoir la composition des instances locales de gouvernance de l’eau pour que plus d’agriculteurs y soient représentés. «Le piège serait d’opposer les questions agricoles aux questions de l’eau», a précisé Thierry Burlot, président du comité de bassin Loire-Bretagne, au média Actu-Environnement. Et de rappeler que les comités de bassin constituent, depuis soixante ans, des lieux de médiation, de concertation et d’élaboration des politiques de l’eau.
Ces préoccupations ont été exprimées dans un courrier envoyé le même jour au Premier ministre Sébastien Lecornu et à la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. «La simplification de la gouvernance de l’eau que vous appelez de vos vœux ne saurait se traduire par une recentralisation de décisions stratégiques […]», écrivent les comités de bassin. Et de demander le renforcement de leurs institutions comme instances politiques centrales de l’eau. Selon les comités, le projet de loi d’urgence agricole pourrait revenir sur plusieurs leviers aujourd’hui pilotés localement, notamment les volumes de prélèvement pour l’irrigation, les projets de stockage ou encore les travaux sur les schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage), dont la suspension a été demandée aux instances de bassin.

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