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Sans NNI, quels moyens de lutte contre le puceron vecteur de la JNO ?

Suite à l’arrêt des néonicotinoïdes en traitement de semences, la lutte contre les pucerons à l’automne se base sur les leviers agronomiques et l’observation en parcelle. 

L’observation en parcelle est un des leviers. Les conseillers de la Chambre d’agriculture de la Somme réalisent un réseau de piégeage des pucerons à l’automne. 
L’observation en parcelle est un des leviers. Les conseillers de la Chambre d’agriculture de la Somme réalisent un réseau de piégeage des pucerons à l’automne. 
© CA 80

Aucun moyen de lutte directe n’existe contre le virus de la Jaunisse nanisante de l’orge (JNO). Seule l’élimination du puceron Rhopalosiphum padi, vecteur de cette maladie, est efficace. 

L’activité est étroitement liée à la température. Les automnes et hivers doux sont favorables à l’activité des pucerons. Les vols démarrent à partir de 12°C. En dessous de 3°C, le puceron est inactif, c’est-à-dire qu’il ne se nourrit plus, ne se reproduit plus, mais il peut survivre. Le ravageur va résister à des températures de -12°C à 30°C et a besoin de créneaux de temps doux et calme pour coloniser des parcelles (absence de vent et de pluie).

Dès lors que l’individu est arrivé en parcelle, sa multiplication va être corrélée aux températures. La rapidité des pontes augmente jusque 25°C. À 20°C, la larve devient adulte en un peu plus d’une semaine. Sa durée de vie est de trente à quarante jours à 15°C, jusqu’à deux mois à 10°C. 

 

Des abris à repérer

Les parcelles abritées, à proximité de haies, de parcelles de maïs, ou de repousses de blé, sont les plus à risque. Au printemps, les haies sont favorables au développement de la biodiversité et à l’activité des auxiliaires. À l’automne, elles constituent un abri aux pucerons et deviennent des réservoirs de ce ravageur.  

En juin et juillet, le Rhopalosiphum padi se réfugie dans les cultures en croissance : le  maïs ou les prairies. Une fois les maïs récoltés, le puceron va coloniser les parcelles de céréales à proximité. Lorsque la céréale est implantée en travail simplifié, en semis direct ou en agriculture de conservation, dans des repousses de céréales, la surveillance contre les pucerons est primordiale ! 

 

Quels leviers agronomiques ? 

Premièrement, le décalage de la date de semis permet de limiter le risque de colonisation par les pucerons. Plus la céréale est semée tôt (fin septembre), plus il y a de chance que les températures soient favorables aux vols et à l’activité de celui-ci ! En effet, l’application d’un insecticide en végétation est souvent justifiée sur des semis précoces (avant le 15 octobre). À l’inverse, sur des semis tardifs (novembre), l’insecticide en végétation est rarement nécessaire. 

Des essais, Arvalis-Institut du végétal, ont été réalisés en Charente-Maritime (région fortement impactée par la JNO) sur trois campagnes (2016, 2017 et 2018). Il en ressort qu’en semis précoces (début octobre), deux traitements en végétation ne sont pas toujours suffisants. En semis intermédiaires (à partir du 20 octobre), un traitement en végétation est justifié, parfois deux, mais pas systématiquement. En semis tardifs (début novembre), les infestions sur deux campagnes sont quasi nulles, aucun traitement n’est justifié.

Deuxièmement, la tolérance de la variété à la JNO est un autre levier. Il s’agit de choisir une variété en escourgeon tolérante à la Jaunisse nanisante de l’orge (JNO) telle que KWS Jaguar, KWS Joyau, KWS Feeris, KWS Exquis, LG Zebra... À savoir que la tolérance variétale à la JNO n’est pas une résistance !
Une plante tolérante est une plante pour laquelle l’infection induit peu de symptômes. Ainsi, ce levier génétique, en cas de semis précoces et de forte pression, ne sera pas total, mais permet de réduire les insecticides en végétation (un insecticide au lieu de deux, ou absence de traitement). 

En blé, une nouvelle inscription tolérante à la JNO est en expérimentation dans nos essais variétés. 

 

Une protection efficace, c’est quoi ?

La protection efficace reste une date de semis à partir du 15 octobre et une observation de l’activité du puceron pouvant déclencher un éventuel traitement.

L’observation repose tout d’abord par le piégeage avec les plaques engluées. C’est un indicateur d’activité des pucerons qui permet de dater l’arrivée des premiers vols en parcelles. Il existe deux seuils de nuisibilité : 10 % des plantes avec au moins un puceron, ou présence de plus de dix jours quel que soit le nombre (régulièrement observés ces dernières années avec l’absence d’hiver).

Les pucerons ne sont pas tous virulifères. C’est pourquoi la Chambre d’agriculture de la Somme reconduit cet automne le suivi de plaques engluées afin de détecter l’arrivée des pucerons porteurs de virus. Ces informations seront communiquées chaque semaine dans la messagerie technique de la Chambre d’agriculture de la Somme. 

Lorsque le seuil de nuisibilité est atteint en parcelle, l’intervention se réalise à partir du stade
1 feuille avec une pyrèthre simple. Les insecticides sont des produits de contact, ils ne protègent donc que les feuilles sorties, ils ont une persistance de trois à quatre jours et sont lessivables par la pluie. Il est donc important de bien positionner les insecticides et d’alterner les familles chimiques afin d’éviter l’apparition de résistances.

 

La Jaunisse nanisante de l’orge (JNO)

Sur blé, les plantes atteintes de JNO sont chétives et, le plus souvent, un rougissement «couleur lie de vin» de la dernière feuille est constaté.
Vecteur : le puceron responsable de la JNO est le Rhopalosiphum padi, reconnaissable par sa couleur vert olive à brun avec une sorte de «culotte rouge». Ce puceron est trapu, d’environ 2 mm avec des pattes et des antennes courtes.

Transmission : le virus (BYDV ou virus de la JNO) est transmis lors de la prise de nourriture par piqûre de la céréale (insecte piqueur - successeur).

Dégâts : sur céréales, les dégâts peuvent aller jusqu’au retournement de la parcelle.

Symptômes : sur orge, un jaunissement des feuilles, un nanisme des plantes avec un tallage excessif est observé. Sur blé, il n’y a pas de nanisme, mais les plantes sont chétives et, le plus souvent, un rougissement «couleur lie de vin» de la dernière feuille est constaté.

Lutte : la lutte contre le virus n’existe pas, elle consiste à éliminer le puceron vecteur. 

 

Nos préconisations pour les semaines à venir : 

- Réaliser les observations par beau temps : en début d’une belle après-midi
- Privilégier les observations à proximité des réservoirs : verger, haie, parcelle de maïs, parcelle de repousses de céréales…
- En hiver, c’est le seuil des dix-quinze jours de présence qu’il faut surveiller
- Ne pas intervenir avant le stade 1 feuille de la céréale
- Continuer la surveillance sur décembre si le climat est doux (automne-hiver 2014-2015)
- En cas de ré-intervention, penser à alterner les familles chimiques
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