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Semis direct : disques ou dents, il faut choisir !

Un bon diagnostic de sol et un semoir adapté sont les clés de réussite de l’implantation des céréales d’hiver.

Pilier de l’agriculture de conservation, la réduction du travail du sol peut être très largement envisagée pour l’implantation automnale des céréales d’hiver, à condition de respecter quelques règles.

En effet, les techniques simplifiées d’implantation telles que le TCS ou le semis direct par leurs avantages et inconvénients nécessitent des niveaux d’exigence différents sur la qualité des sols.  

 

Choisir sa technique d’implantation nécessite un diagnostic

Le point de départ pour assurer une bonne implantation en semis direct est donc de diagnostiquer l’état structural du sol sur les quarante premiers centimètres. Différents moyens simples sont utilisables, comme le pénétromètre (tige métallique) qui permet de diagnostiquer une zone de compaction ou le mini profil 3D (fourche à palette sur chargeur) permettant de faire une lecture rapide du profil.

Une bonne structure est en effet indispensable pour assurer la colonisation et l’exploration racinaire de la céréale, favoriser la vie biologique du sol et assurer un bon drainage de l’eau. Cette capillarité est également la conséquence de la densité du système racinaire de la culture précédente (même plusieurs semaines après la récolte), des repousses ou des plantes compagnes. Un précédent de type colza ou maïs sous couvert aura toutes les chances d’être favorable à un semis direct, d’autant plus que la récolte aura été faite en bonnes conditions.

Avec des précédents en cultures industrielles comme la betterave ou la pomme de terre, le semis direct est rarement permis. En effet, la récolte de ces derniers bouleverse l’horizon de surface du sol et rompt la capillarité de surface. De plus, les ensembles de récolte sont lourds et peuvent provoquer, en conditions humides, des compactions plus ou moins profondes. Dans ce cas, un travail de reprise du sol peut être nécessaire sur la profondeur définie par le diagnostic structural et fait donc appel à un passage de dents ou même à un labour. 

 

À disques ou à dents le choix de l’élément semeur est primordial

Des travaux menés par la chambre d’agriculture avec le GIEE Sols vivants Plateau Picard ont été mis en place pour accompagner les agriculteurs dans le choix des semoirs de semis direct. Ainsi, l’année dernière, deux essais ont été implantés pour comparer le comportement de plusieurs semoirs de semis direct avec des éléments semeurs différents (disques et dents), dans deux précédents différents (terre nue en précédent betterave et repousse en précédent colza) et deux type de sol (crayeux et argilo-limoneux).  

Dans ces deux essais, même si tous les semoirs testés, qu’ils soient à dents ou à disques, obtiennent des résultats équivalents au niveau des rendements et du nombre d’épis, des différences sur la gestion des résidus ou le recouvrement de la graine ont pu être observés.

En règle générale, les éléments à dents permettent de limiter l’enfouissement de débris dans le sillon de semis et favorisent également le passage sur un sol ayant été travaillé pour corriger un défaut de structure. En revanche, la dent est plus sensible au bourrage en présence de forte biomasse et a également l’inconvénient de déplacer davantage de terre par rapport à un disque pouvant provoquer une entrée en germination d’adventice.

L’élément à disque suivi de sa roue plombeuse assure, quant à lui, une meilleure fermeture du rang, point important pour limiter le manque de sélectivité des désherbants qui s’applique au semis. Ces éléments à disque sont conçus pour travailler dans de la biomasse sur des sols non travaillés (risque important de bourrage de terre dans la rampe de semis).

Les semoirs de semis direct sont moins polyvalents, il faut bien raisonner leurs utilisations au système de rotation de l’exploitation. Leur utilisation n’est à conseiller qu’en conditions optimales de ressuyage du sol. En condition difficile, le labour reste encore une solution à privilégier.

 

Créer une carte des sols pour moduler la densité de semis

La modulation de densité de semis permet de répartir plus judicieusement la quantité de semence pour compenser les pertes de pieds à la levée en fonction du potentiel de sol. On limite alors le risque de stress hydrique, d’échaudage, de verse ou, encore, de développement excessif de talles secondaires non valorisées. L’intérêt de la modulation de semis est moins évident pour du blé que pour du maïs ou de la betterave. Toutefois, les essais menés par les chambres d’agriculture montrent tout de même un gain moyen de 1,5 q/ha et un pourcentage à la levée supérieur de 4 %.
Beaucoup d’agriculteurs modulent déjà manuellement leur densité de semis en fonction de leur connaissance parcellaire. Cette pratique peut également être faite de manière automatique à l’aide d’une console capable de gérer une carte de modulation et un semoir à distribution électrique. Une licence pour la modulation est souvent nécessaire sur la console, son coût peut varier de 400 à 2 000 € selon la marque/modèle de la console et les licences déjà activées.
La carte de préconisations de densité de semis, que l’on intègre dans la console, est basée sur la carte des sols de la parcelle. Une grande partie des fournisseurs de cartes (Be Api, Precifield…) utilise la mesure de conductivité pour déterminer les zones de potentiels de sols. Un scanner vient injecter un courant dans le sol, la vitesse de propagation du courant dans le sol est influencée par différents facteurs comme le taux d’argile, la pierrosité, l’humidité... On obtient donc une carte avec des délimitations de zones qui se comportent de manière homogène en terme de conduction d’électricité. Cette carte constitue la carte des potentiels de sols. Des sondages terrains sont alors nécessaires pour déterminer les types de sols dans chacune des zones. 
Cette méthode, bien que largement utilisée, est pourtant coûteuse (à partir de 70 €/ha). Même si la carte des sols est un investissement à faire qu’une seule fois, le retour sur investissement peut être très long sur la partie modulation de densité de semis. Et pourtant, il existe de nombreuses informations sur vos parcelles qui peuvent déjà être utilisées pour créer des cartes de potentiels de sols : la topographie, la géologie, les images satellites… Associées à des sondages terrain, nous pouvons aboutir à une carte des sols. Cette méthode est fiable et beaucoup moins coûteuse (inférieure à 30 €/ha) que l’utilisation de la conductivité. Ce service est notamment proposé par votre chambre d’agriculture. La carte des potentiels de sols est créée à partir de toutes les données existantes sur votre parcelle. Un sondage est réalisé sur chaque zone déterminée précédemment. Une carte des sols est éditée ainsi qu’une carte de densité de semis compatible avec votre console. Une formation est également organisée au mois de janvier 2022 pour apprendre à créer ses cartes de modulation avec un logiciel libre. Pour plus d’information contactez votre chambre d’agriculture. Aline Dupont
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