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Semis directs : travailler en Cuma pour se donner les moyens

La Cuma de Canaples (80), qui regroupe une trentaine d’adhérents, veut se doter de nouveaux semoirs en direct. Le moyen, pour ces agriculteurs qui se convertissent en agriculture de conservation, de bien s’équiper.

Après la récolte de son blé, Didier Carette compte désormais semer ses couverts en direct, grâce à l’achat d’un semoir à dents en Cuma.
Après la récolte de son blé, Didier Carette compte désormais semer ses couverts en direct, grâce à l’achat d’un semoir à dents en Cuma.
© A. P.




«Quand on fait les choses à moitié, on a le résultat à moitié. Et pour bien faire, il faut obligatoirement du bon matériel», soutient Didier Carette, agriculteur à Canaples, au nord d’Amiens. La Cuma (Coopérative d’utilisation de matériel agricole) de Canaples, dont il fait partie, est donc le meilleur moyen pour s’équiper, car la trentaine d’adhérents ont un projet ambitieux : se convertir progressivement à l’agriculture de conservation.  
La réflexion est large : «Nous avons de plus en plus de pressions de mauvaises herbes, de maladies et de ravageurs, alors que nous disposons de moins en moins de solutions chimiques. Nous souhaitons aussi réduire les charges, en diminuants le temps passé dans les champs et la consommation de gazoil.» Pour cela, plusieurs leviers : optimiser les rotations et les couverts d’interculture, et travailler le moins possible les sols.
Après une formation sur l’agriculture de conservation suivie récemment, le groupe d’agriculteurs s’est décidé : «nous voulons investir dans deux types de semoirs, à disques et à dents, l’un les cultures semées à l’automne, l’autre pour les couverts.» Les débutants dans la pratique savent déjà ce qu’ils veulent : «Il nous faut un engin capable de semer une grande surface dans la même journée, au minimum 30 ha par jour, donc nous partirions certainement sur un 6 m. Il faut aussi que chaque adhérent puisse s’en servir avec son tracteur. 130 ou 140 chevaux doivent être suffisants.» La Cuma a donc convié les constructeurs à une démonstration le 11 août, qui sera réalisée dans une terre difficile, en dévers, «car nous voulons pouvoir nous en servir dans toutes les conditions.»

Simple question d’organisation
Il faut dire que l’investissement n’est pas à prendre à la légère : comptez entre 80 et 120 000 € selon le semoir et ses options. Alors mieux vaut être sûr de son choix. «Mais quand on est décidé, il faut se lancer, assure Didier Carette. En Cuma, on est toujours frileux d’acheter, car on a peur de ne pas amortir le matériel s’il ne sert pas assez. On remarque finalement qu’une fois qu’on a investi, les adhérents au départ hésitants s’y intéressent, et finissent par être intéressés eux aussi.»
N’y aura-t-il pas de problème de partage de l’outil à la période des semis ? La question fait sourire Didier Carette. «Il y a de la place pour tout le monde, il suffit de s’organiser ! Nous sommes habitués à travailler dans ce sens.» Il est vrai qu’entre les assolements différents, les éleveurs qui ramassent la paille et épandent du lisier avant de semer leurs couverts, ou encore les terres blanches récoltées une dizaine de jours avant les limons, les semis de couverts s’étendent sur près d’un mois. Il n’y a plus qu’à…

La démonstration de semis en direct réunira une petite dizaine de constructeurs. Rendez-vous est donné le 11 août, dans le secteur de Canaples (lieu exact encore à définir) et sera ouverte à tous.

Contact : FR Cuma Hauts-de-France : 03 21 60 57 53


Non labour : le dernier défi avant la retraite

Les défis ont toujours été le moteur de Didier Carette. Il y a trois ans encore, il a cessé son activité d’éleveur de vaches laitières et s’est lancé dans la production d’œufs bio. Alors se convertir à l’agriculture de conservation, «progressivement, en mesurant les risques», ne lui fait pas peur : «se sera mon dernier défi avant de prendre ma retraite», sourit-il.
Le professionnel n’hésite pas à remettre en cause ses pratiques pour ses cultures (blé, colza, orge de printemps, maïs, betteraves) : «Quand je laboure, je me rends compte que les vers de terre, si précieux à la biodiversité des sols, trinquent deux fois. Un fois à cause de la charrue, et une deuxième fois à cause des oiseaux qui font un festin.» Semer en direct lui permettrait de les préserver, eux, ainsi que la structure du sol. Didier Carette n’hésite pas non plus à bannir la simple moutarde qui lui permettait d’être en règle avec la législation des Cipan. «Je cherche désormais des couverts multi espèces, qui restent le plus longtemps possible, pour remonter les taux d’humus et éviter les tassements.» Il pourra comparer ses résultats avec ceux des collègues de la Cuma : «C’est aussi ça, la force du travail en groupe».

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