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Fourrages
Semis précoces de maïs : y gagne-t-on à tous les coups ?

La météo sèche et ensoleillée des deux dernières semaines a permis un avancement rapide des chantiers en plaine.

Semer trop tôt peut exposer les jeunes plantules à des stress climatiques et limiter le potentiel de rendement.
Semer trop tôt peut exposer les jeunes plantules à des stress climatiques et limiter le potentiel de rendement.
© FranceAgriTwittos

Certains producteurs de maïs sont tentés de sortir les semoirs, mais nous ne sommes encore qu’au mois de mars, rappelle Arvalis Hauts-de-France.
 

Qu’appelle-t-on semis précoces ?

On peut parler de semis précoces lorsqu’ils se déroulent avant le 10 avril pour le nord de la France. Ils peuvent avoir plusieurs objectifs. Le premier est de chercher à augmenter le potentiel de rendement par le choix d’hybrides plus tardifs, ce qui est vrai pour le maïs grain comme le maïs fourrage. La seconde motivation est d’augmenter ses chances de récolter plus précocement ou à des teneurs en eau du grain plus faibles et ainsi économiser des frais de séchage pour le maïs grain. Enfin, en semant "tôt", on cherche à préserver la qualité sanitaire. Les récoltes tardives et humides favorisent le développement de champignons de type Fusarium qui produisent des mycotoxines (DON et ZEA). La date de récolte est ainsi un levier important d’abord en maïs grain mais aussi pour le maïs fourrage en cas d’année favorable aux champignons.

Un des risques majeurs des semis très précoces dans nos régions est la survenue d’une période froide et humide juste après les semis qui peut exposer les graines et jeunes plantules à plusieurs stress sur une durée plus longue : attaques de ravageurs (corvidés, taupins,), battance, voire prise en masse du sol, pouvant entraîner des pertes de pieds synonyme de pertes de rendement.
 

Maïs fourrage plus sensible

À la différence du maïs récolté en grain, le rendement maïs fourrage est plutôt pénalisé par des semis trop précoces de début avril. Le créneau optimal se situe dans la 2e quinzaine d’avril. En effet, les surfaces foliaires et les gabarits de plantes sont plus courts pour ces dates de semis. Ceci s’explique par les conditions plus froides que rencontrent les cultures en semis précoces. La photosynthèse est réduite et, malgré la production de grain (potentiellement) plus importante, la production de biomasse totale sur la plante entière est affectée. Avant la mi-avril, en moyenne, les risques sont plus importants que les gains espérés. En revanche, il faut être prêt à partir de cette date pour saisir le premier créneau disponible.

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