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Société Timac Agro Nord : au plus près des besoins locaux

Installé au Tréport, le site industriel de Timac Agro Nord est spécialisé dans l’agrofourniture. Pour ce site, comme pour leurs autres usines en France, le groupe développe depuis 2012 sa stratégie autour de la proximité.

© AAP

Depuis 1938, les habitants du Tréport et de Mers-les-Bains vivent aux côtés de ce site industriel, occupant 3,6 ha sur le quai nord du Tréport, mais sans vraiment trop savoir quelle est l’activité qu’il abrite, comment il fonctionne et à partir de quelles matières il travaille ses produits. Un «mystère» que le groupe a décidé de lever en ouvrant ses portes et en jouant la transparence sur tout ce qu’il fait.
Une façon, surtout, de rappeler à tous que le site n’est pas classé Seveso, et que tout ce qui est produit sur place n’est pas source de pollution pour l’environnement. Dans les 70 % de matières premières d’origine naturelle réceptionnées (phosphate d’Afrique du Nord, chlorure de potassium d’Angleterre, du Chili et de Russie), comme dans les 30 % de matières issues d’activités industrielles de type sucrière (sulfate d’ammoniac), par exemple, aucune matière explosive n’est présente.
Destiné à l’origine à broyer et conditionner des phosphates naturels, l’usine du Tréport prend un nouveau virage dans les années 1960 en démarrant une activité de granulation par attaque d’acide sulfurique. La granulation est toujours au cœur de ses activités aujourd’hui, puisqu’il y est produit des engrais génériques et techniques sous forme de granulés, vendus dans les seize départements de la zone Nord couverte par le groupe.
Si le groupe Roullier, auquel est rattachée l’usine du Tréport depuis 1979, a développé ses activités autour de trois métiers, à savoir l’agroalimentaire, l’agrochimie et l’agrofourniture, le site industriel du Tréport a conservé son métier d’origine, soit la production de fertilisants, à hauteur désormais de 180 000 tonnes par an. Ces produits granulés sont répartis en 260 formules différentes. L’usine tourne sept jours sur sept, 24 heures sur 24, durant 325 jours, les quarante autre jours étant consacrés à l’entretien technique.
«L’organisation de proximité, souhaitée par la famille Roullier depuis 2012, a pour objectif de doubler notre activité d’ici 2020. En France, la volonté est d’augmenter la capacité de production de nos usines à leur maximum. Ainsi, au Tréport, nous sommes à 180 000 tonnes alors que la capacité maximale de production est de 200 000 tonnes», précise Jacques Fourmanoir, directeur Agrofourniture Nord, chez Timac Agro France. Pour atteindre ce cap, il faut néanmoins l’autorisation de la Dreal. Mais point d’urgence du côté de l’industriel, pour l’heure, qui préfère se concentrer sur son ancrage territorial.

La carte de la proximité
Si Timac Agro ne vend pas ses produits directement aux agriculteurs, le groupe travaille, en revanche, avec les distributeurs de la région que sont les coopératives et les privés tels que Noriap, Cap Seine, Agora, Lactalis, Sodiaal Union, etc. Au Tréport, comme dans les autres sites en France, la proximité avec le territoire passe par des produits adaptés au plus près de ses caractéristiques, à savoir la nature de ses sols et les cultures qui y sont réalisées. D’autres paramètres entrent aussi en ligne de compte en Picardie. Outre la diversité de ses terres et de ses cultures, l’exigence de qualité et de hauts niveaux de rendement sont à considérer pour ce territoire.
De fait, deux grandes gammes sont proposées, à savoir des fertilisants génériques et techniques, avec des formules collant au plus près aux terres et cultures locales. «On a fait le constat que lorsqu’on a des plantes aussi différentes que la betterave, le blé, les plantes fourragères, la pomme de terre, les légumes, etc., les besoins sont forcément différents. C’est la raison pour laquelle nous sommes capables de fabriquer au Tréport, 260 produits en engrais génériques et techniques», détaille Jacques Fourmanoir. Par ailleurs, compte tenu des besoins locaux, «le site industriel du Tréport s’est orienté vers la production de produits azotés», ajoute Sébastien Gourhant, directeur du site.
Reste que le coût des engrais techniques est du simple au double comparativement aux engrais génériques. Mais l’efficience des produits techniques permet un retour sur investissement rapide et l’usage de moins d’intrants, selon le directeur d’Agrofourniture Nord. Bien que les engrais génériques restent, pour l’heure, les plus distribués, et donc les plus produits, soit une tonne d’engrais techniques pour trois tonnes de génériques en France, «nos usines se préparent à cette évolution», dit-il. Ainsi, au Tréport, alors qu’il y a encore trois ans aucun engrais technique n’était produit sur le site, plus de 30 000 tonnes y sont désormais fabriquées, soit une tonne sur six pour les engrais génériques. «Fin 2017, nous escomptons atteindre une tonne sur quatre, voire une tonne sur trois», envisage-t-il. L’avenir dira si ce choix est le bon.


Chiffres clés du groupe

- 3,1 milliards d’euros : chiffre d’affaires de 2014
- 10 sites industriels en France
- 78 unités de production- 114 pays où le groupe est présent
- 7 300 collaborateurs tous pays confondus, fin 2014
- 1 100 collaborateurs en CDI chez Timac Agro France, dont 350 technico-commerciaux
- 54 salariés CDD/CDI sur le site du Tréport 

Développement industriel du site du Tréport

Face aux besoins locaux en produits azotés, un atelier azotine a été construit. Coût de l’opération : 1 million d’euros. «Pour garantir une qualité d’épandage, un gros travail a été fourni sur la granulométrie de nos produits. Ainsi, suivant la cible des produits à fabriquer pour assurer un épandage régulier, la cible granulométrique est différente», dixit le directeur du site.
Deux autres gros chantiers ont été entrepris pour améliorer le fonctionnement de l’usine : le remplacement du laveur de gaz au niveau de la granulation afin d’augmenter la performance de dépoussiérage (avril 2014 : coût 1 million d’euros) et la réfection des charpentes et toitures sur des zones vieillissantes (de novembre 2014 à mai 2015 : coût 1,5 million d’euros).
Quant aux travaux réalisés pour l’intégration urbaine du site, il consiste à la création d’une aire goudronnée à l’entrée, à la végétalisation des espaces, et à la circulation des camions organisée suivant des plages horaires pour éviter tout embouteillage, comme un accès au site de ces mêmes camions sans passage par le centre-ville.

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