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Sodine ne met pas tous ses œufs dans le même panier

Opérateur majeur de l’œuf de consommation dans le Nord-Est, le groupe marnais Sodine s’appuie sur un réseau d’éleveurs partenaires et son propre cheptel pour alimenter les GMS, tant en bio qu’en conventionnel. 

Les modes d’élevage alternatifs (sol, plein air et bio) gagnent du terrain chaque année au détriment de l’œuf «en cage».
Les modes d’élevage alternatifs (sol, plein air et bio) gagnent du terrain chaque année au détriment de l’œuf «en cage».
© CNPO

C’est l’un des maillons du groupement Œuf de Nos Villages (ODNV, 17 adhérents, 400 éleveurs), dont les produits sont bien connus de la grande distribution : le groupe Sodine conditionne et commercialise les œufs issus de son réseau. Son rayon d’action : les anciennes régions Champagne-Ardenne et Lorraine, mais aussi Lille, Auxerre, et l’est de la région parisienne.

«Nous avons toujours eu pour objectif de vendre ce que l’on produit», résume Olivier Flambert, PDG de l’entreprise basée à Sommepy-Tahure (Marne).

Entre 1986 et 2010, avec l’augmentation de ses volumes de vente, Sodine a multiplié les élevages de pondeuses en cage (le code 3 inscrit sur les œufs) : de quoi assurer environ 90 % d’autosuffisance. Le cheptel «interne» est constitué d’environ 450 000 poules dans un rayon de 80 km autour du site de conditionnement marnais.

Sodine investit également dans les œufs de poules élevées au sol (code 2) depuis 2018. Ce mode d’élevage, 20 % plus onéreux que le conventionnel, concerne actuellement 200 000 animaux.

Les œufs alternatifs en force

Depuis le début de la dernière décennie, le marché évolue vers des «productions alternatives» (œufs plein air et bio). En vue d’alimenter ces filières qui poursuivent leur montée en puissance chez les consommateurs, Sodine s’entoure d’une vingtaine d’éleveurs des Ardennes, de la Marne, de l’Aisne et de la Seine-et-Marne. Leurs 450 000 pondeuses produisent quelque 140 millions d’œufs par an, soit l’intégralité du segment «alternatif» (codes 0 et 1) chez Sodine.

Des accords d’approvisionnement de sept à dix ans sont proposés aux producteurs. Olivier Flambert parle de contrats «physiques et moraux» et d’un «engagement profond» : les élevages de poules pondeuses, «ce sont des investissements plus lourds qu’en volaille de chair, entre 1 et 1,5 ME, qui s’amortissent en dix à quinze ans. Il s’agit de ne pas trop anticiper le marché…».

Ce modèle semble rassurer les banques, et permet d’amortir les installations tout en assurant l’indépendance des éleveurs. «Nos agriculteurs sont des chefs d’entreprise à part entière : ils ont besoin de faire des choix, donc nous ne sommes pas là pour imposer nos façons de faire.»

Sodine se contente donc de veiller à ce que les différents cahiers des charges des enseignes soient respectés à la lettre – «une base de raisonnement indispensable» –, avec l’appui de deux personnes dédiées au service qualité. Sur ce sujet, Olivier Flambert constate que les éleveurs récemment installés sont un peu plus demandeurs de conseils sur le plan administratif. «Nous avons fait ce choix car nous sommes nous aussi éleveurs», appuie le PDG.

 

Double contexte sanitaire

Si le marché de l’œuf n’a pas pâti de la crise sanitaire, Olivier Flambert note qu’il a parfois été difficile de suivre «la demande phénoménale pendant le premier confinement», car il n’est pas possible d’augmenter facilement les capacités de production. «Un bâtiment, c’est deux ans de démarches : c’est long, dans un contexte de profonds changements sociétaux…», souffle le PDG de Sodine. La grippe aviaire constitue l’autre actualité sanitaire pour les volailles, qui se voient elles aussi confinées. «Le risque de contamination par des porteurs sains est quasi permanent en période de migration des oiseaux sauvages», relativise Olivier Flambert, qui regrette le recul de l’élevage en cage, «plus sécurisant» face aux maladies. Mais à l’horizon 2025, ces exploitations disparaîtront du paysage agricole, comme en témoigne l’engagement du groupement ODNV pris fin 2019 : «100 % d’œufs français pondus par des poules élevées en plein air, label rouge, biologique ou au sol». Un objectif en passe d’être atteint, puisque le PDG de Sodine affirme que «les constructions d’élevages pleins air et bio sont maintenant terminées», et que «l’équilibre entre production et vente est désormais atteint».

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