Associatif
Solaal Hauts-de-France, sept ans de dons agricoles au service de la solidarité
En octobre 2018, une antenne régionale Solaal a vu le jour en Hauts-de-France. Sept ans plus tard, l’association poursuit son engagement aux côtés des acteurs agricoles et agroalimentaires pour valoriser leurs invendus encore consommables. L’objectif : orienter ces produits vers des associations d’aide alimentaire capables de les distribuer. Sa mission : réduire le gaspillage et aider les personnes en situation de précarité alimentaire.
En octobre 2018, une antenne régionale Solaal a vu le jour en Hauts-de-France. Sept ans plus tard, l’association poursuit son engagement aux côtés des acteurs agricoles et agroalimentaires pour valoriser leurs invendus encore consommables. L’objectif : orienter ces produits vers des associations d’aide alimentaire capables de les distribuer. Sa mission : réduire le gaspillage et aider les personnes en situation de précarité alimentaire.
Créée au niveau national en 2013 par Jean-Michel Lemétayer, Solaal repose sur un principe : permettre à des denrées agricoles encore consommables de ne pas être gaspillés. Reconnue d’intérêt général, l’association s’est progressivement structurée en douze antennes régionales, dont celle des Hauts-de-France en octobre 2018.
Son rôle est de faciliter, gratuitement, la mise en relation entre les donateurs agricoles et agroalimentaires, et les associations d’aide alimentaire. Il suffit de contacter l’équipe Solaal par mail ou par téléphone ou de passer par la webapp (https://dons.solaal.org). La chargée des dons se charge ensuite de trouver les associations en capacité de récupérer les produits et gère l’administratif du don. Cette coordination couvre l’ensemble des Hauts-de-France, aussi bien les zones rurales que les villes. Cette simplicité est l’une des clés du fonctionnement de l’association, qui souhaite rendre la solidarité accessible à ceux qui ont peu de temps disponible.
En sept ans, plus de 12 500 tonnes de dons de produits agricoles ont été organisées par Solaal Hauts-de-France, soit l’équivalent de 25 millions de repas redistribués aux personnes en précarité alimentaire. Fruits, légumes, œufs, lait et viande diversifient l’approvisionnement en produits frais des associations locales, contribuant ainsi à une alimentation plus équilibrée pour les personnes accueillies.
Des donateurs engagés
Derrière ces chiffres se cachent des agriculteurs et des entreprises engagés et solidaires. Parmi eux, Damien Van Isacker, gérant de l’exploitation agricole Le Clos des Cinq Setiers à Flavy-le-Martel, dans l’Aisne. Il cultive des céréales, des légumineuses et des graines oléagineuses. Pour lui, donner ses surplus de production est avant tout une démarche humaine. «Lorsqu’on plante, on aime que cela serve et que rien ne se perde», confie-t-il. Conscient des réalités de la faim en France, il souhaite que son travail ait un impact positif. Avec Solaal, le processus est simple. L’association prend en charge la mise en relation avec les associations locales, permettant à Damien de se concentrer sur sa production sans se soucier des prises de contact ou de la logistique.
De son côté, Lucie Deterpigny, apicultrice et gérante de L’HappyCulture de Lucie à Morvillers, dans l’Oise, raconte que lorsqu’elle constate un surplus de production, elle préfère le donner plutôt que de le jeter. «Ce que j’apprécie vraiment, c’est la simplicité. Il suffit d’un mail ou d’un coup de téléphone, et ensuite Solaal s’occupe de tout», explique-t-elle. Depuis plusieurs années, elle donne une partie de sa production, notamment des œufs bio, à des associations locales par le biais de Solaal, convaincue de l’utilité de la démarche.
Olivier Parcy, éleveur d’allaitantes et polyculteur à Fontaine-sur-Somme, dans la Somme, partage aussi son expérience. «Sur la partie élevage, nous vendons directement de la viande depuis maintenant huit ans. Il restait des morceaux comme le foie, le cœur, des rognons… et pendant des années, je les ai jetés, car je ne savais pas quoi en faire.» Lors d’un salon agricole, il a échangé avec Cécile Peltier, directrice de Solaal Hauts-de-France, et a découvert qu’il pouvait proposer ces produits en don aux associations. La semaine suivante, il réalisait son premier don. «Ce qui me plaît dans cette formule, c’est qu’il y a de la solidarité. Je ne jette plus ma marchandise, ce qui me gênait auparavant. Et la cerise sur le gâteau, c’est le côté fiscal qui permet une réduction d’impôt.» Aujourd’hui, il recommande la démarche à tous les producteurs. «On est bien dans sa tête, car on ne jette plus, on aide les autres.»
Des dons, mais pas que…
Solaal Hauts-de-France ne se limite pas à la gestion des dons. L’association développe également des actions solidaires et de sensibilisation, comme les glanages solidaires organisés avec des étudiants ou des associations locales. Ces initiatives permettent de récupérer des produits après la récolte tout en sensibilisant à la lutte contre le gaspillage alimentaire.
Elle intervient également dans les établissements de formation agricole afin d’informer les futurs professionnels sur le don et sur le fonctionnement de l’aide alimentaire en région. Pour rendre visible la solidarité agricole et présenter son service, Solaal Hauts-de-France participe régulièrement à des salons et foires régionales. Depuis 2023, l’association propose aussi des ateliers culinaires animés avec un professionnel de santé, mettant en avant les produits frais et locaux.
Les salariés de Solaal Hauts-de-France partagent une même conviction : être utiles. «Chaque don, petit ou grand, contribue à aider des personnes et à limiter le gaspillage alimentaire. Notre souhait est que de plus en plus d’agriculteurs franchissent le pas.»