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Soupçons de fraude autour de l’huile de cuisson usagée

Au lieu d’huiles de cuisson usagées, un volume important d’huile de palme serait en réalité utilisé pour la production de biocarburants dans l’UE à cause du manque de contrôles et de suivi mis en place, alertent l’ONG Transports & environnement et le think tank bruxellois Farm Europe. Un sujet auquel la Commission européenne devrait s’attaquer dans le cadre de la prochaine révision de la directive énergies renouvelables. 

Face à une «soif d’huile de cuisson usagée», l’UE se retrouve à en importer massivement pour l’incorporer dans la fabrication de biocarburants. 
Face à une «soif d’huile de cuisson usagée», l’UE se retrouve à en importer massivement pour l’incorporer dans la fabrication de biocarburants.
© Pixabay

L’ONG Transports & environnement de même que le think tank bruxellois Farm Europe alertent sur l’utilisation frauduleuse d’huile de palme en tant qu’huile usagée de cuisson pour la production de biocarburants dans l’UE. Dans le cadre de la dernière révision en date (2019) de la directive sur les énergies renouvelables, l’UE a prévu une élimination progressive de l’utilisation d’huile de palme pour la production de biodiesel d’ici 2030. Cette directive permet aussi aux États membres de comptabiliser deux fois l’huile de cuisson usagée utilisée pour produire du biodiesel dans leurs objectifs nationaux en matière d’énergies renouvelables. Un double comptage qui a créé un véritable appel d’air : la consommation d’huile de cuisson usagée a augmenté de 1 000 % au cours des six années précédant 2020, pour atteindre plus de
4 millions de tonnes, constate Farm Europe. Et dans une étude publiée récemment, Transports & environnement prévient qu’avec cette «soif d’huile de cuisson usagée», l’UE se retrouve à en importer massivement. 

Une fraude très rentable 

La Chine fournirait plus d’un tiers (34 %) des importations et près d’un cinquième (19 %) proviendrait des grands producteurs d’huile de palme que sont la Malaisie et l’Indonésie. Selon Transport & environnement, d’ici dix ans, le volume d’importation dont l’Europe a besoin pourrait doubler pour atteindre 6 millions de tonnes. Et ce, précise-t-elle, sans qu’aucun système de contrôle solide ne permette de vérifier qu’il ne s’agit pas en réalité d’huile de palme déguisée. Une fraude qui serait paraît-il très rentable. «La capacité mondiale en matière d’huile de cuisson usagée est limitée et nécessite des investissements importants dans les infrastructures de collecte pour accroître l’offre, alors que l’huile de palme est bon marché, abondante et peut être facilement achetée en quantités toujours plus importantes», détaille Farm Europe. Ce contrôle de la conformité de l’huile usagée devra donc être pris en compte dans le cadre du nouveau projet de révision de la directive européenne sur les énergies renouvelables. La présentation de cette révision qui s’inscrit dans le cadre d’un paquet législatif que prépare la Commission européenne pour répondre au nouvel objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’UE de 55 %, vient d’être reportée d’environ un mois, au 14 juillet. 

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