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Pomme de terre
Stockage : alterner les produits pour maîtriser la germination

L’an passé, Nicolas Lemoine, agriculteur à Athies-sous-Laon, dans l’Aisne, a testé Dormir, une des alternatives au CIPC. Un an après, il dresse le bilan.

Pour Nicolas Lemoine, agriculteur dans l’Aisne, deux éléments restent un frein : l’aspect préventif, qui peut conduire à des difficultés à maîtriser la germination, et le coût.
© G. T.
L’an passé, vous aviez expérimenté Dormir, une des alternatives au CIPC. Vos conclusions étaient mitigées. Aujourd’hui, quelle est votre position. Continuez-vous avec Dormir et si oui, pourquoi ?

Je pense que le Dormir est efficace mais son utilisation est différente de celle du CIPC. Il faut l’utiliser de manière préventive alors que le CIPC avait une action curative également, ce qui rend l’utilisation du Dormir un peu plus compliquée. La surveillance du lot de pommes de terre doit être scrupuleuse. Si les germes sont trop avancés, il faudra alors passer sur un autre produit afin de tuer le germe existant. Peut-être que la bonne technique sera d’alterner les différents produits existants sur le marché (Dormir, huile de menthe, huile d’orange). Concernant les coûts, le Dormir est évidemment plus cher que le CIPC, mais moins onéreux que l’huile de menthe. À côté de cela, je ne connais pas encore l’huile d’orange mais, selon les échos, cela semble se rapprocher du Dormir. Pour cette année, les pommes de terre, dans leur majorité, sont très nerveuses en germination, ce qui semble compliquer la première année d’utilisation du Dormir.

Même si vos bâtiments sont assez récents, avez-vous rencontré des problèmes de nettoyage ?

Le nettoyage a pris du temps. La plus grosse difficulté était le nettoyage des ventilateurs car je ne voulais pas mettre d’eau sur les moteurs. Nous avons donc frotté l’ensemble des pâles de ventilateurs et leurs parois à la brosse métallique.

 
Que pouvez-vous me dire au sujet des PPM ?

D’après les analyses de résidus qui ont été faites dans mon bâtiment, la concentration en résidus de CIPC sur les pommes de terre en cours de stockage semble avoir diminuée avec le temps. Ce qui est peut-être dû au Dormir, mais sans en être certain car d’autres paramètres peuvent avoir in uencé cette concentration en cours de campagne. La zone la plus impactée par la concentration en résidus de CIPC est le couloir technique. En revanche, concernant les pommes de terre en elles-mêmes, on retrouve moins de résidus en moyenne, sur les pommes de terre de la campagne N-1 que pour la campagne N-2, et dans les deux cas, elle est inférieure à la LMR temporaire.

Aujourd’hui, êtes-vous satisfait du Dormir ou attendez-vous d’autres solutions ou d’autres avantages ?

Dans l’ensemble, je suis satisfait du Dormir, mais deux éléments restent un frein : l’aspect préventif, qui peut conduire à des difficultés à maîtriser la germination, et le coût, qui reste bien supérieur à celui du CIPC. Dans certain cas, il faudra donc peut-être alterner les produits en cours de stockage afin de bien maîtriser la germination des pommes de terre.

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