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Tassement des sols : quelles solutions pour améliorer les sols ?

Le matériel lourd a souvent été mis en cause dans ce colloque sur le tassement. Alors peut-on s’en passer ? Quelles sont les solutions mises en avant pour s’engager dans une logique d’amélioration des sols ?

© D. R.

Fréderic Sabreja, agriculteur à Chalandry (Aisne), céréales betteraves, président de sa Cuma, a investi dernièrement dans un matériel d’arrachage de betteraves décomposé pour plusieurs raisons. «Le coût, entre 120 et 130 000 Ä pour une machine avec effeuilleuse-arracheuse devant le tracteur et chargeuse portée à l’arrière. 100 et 130 ha sont arrachés à l’année, ce qui nous laisse une grosse marge de manœuvre au niveau des temps d’arrachages, c’est-à-dire que l’on ne travaille que dans de bonnes conditions.»
Du côté des entrepreneurs de travaux agricoles, le tassement est aussi une préoccupation, comme l’explique Eric Defacq, dirigeant une ETA près d’Abbeville. C’est avec des intégrales à chenilles qu’il travaille, «plus respectueuses des sols et de la betterave», explique-t-il, conscient qu’il faut encore réfléchir à de nouvelles solutions.
Et des solutions, on en cherche aussi chez Tereos, comme l’explique Alexis Tordeur, responsable du service agronomique. Pour lui, il faut avant tout changer la façon de regarder les champs, ne plus les considérer comme des parcelles et des surfaces, mais comme un volume, avec la volonté commune de travailler à des projets de recherche au sein de la filière. «Plus que jamais, il faut qu’on travaille à l’échelle du système de culture. Les situations à risque ont été identifiées, mais il existe des marges de manœuvre, que ce soit sur le poids des machines, que ce soit sur les équipements pneumatiques, sur la pression pneumatique. Il faut savoir adapter les machines aux systèmes de cultures, à l’humidité de la parcelle, etc
Vincent Henne, de la société Grimme, responsable du pôle betteraves sucrières pour la France, ajoute : «Quand on s’est lancé dans le matériel betteravier il y a quinze ans, il fallait arriver avec quelque chose de différent pour percer sur le marché. Les automotrices existaient, il y avait des machines 4 roues, des 6 roues. Grimme avait donc sorti à l’époque une machine à chenilles, la Maxtron sans turbine, avec des rouleaux pour respecter la betterave, et le sol. On a développé un chantier décomposé, la Rooster, qui est toujours au catalogue aujourd’hui pour permettre à des agriculteurs avec une structure de 100-200 ha d’avoir une certaine autonomie dans leurs arrachages. Force est de constater que depuis ces quinze ans, la demande française et mondiale des clients s’oriente vers des machines 4, 6 roues. La notion de tassement n’est pas toujours un critère de choix dans l’investissement. La 2 essieux avec ses 25 tonnes par essieu est la plus décriée depuis ce matin, mais c’est la plus vendue. Le marché mondial tire aussi vers des machines lourdes. Je pense qu’on pourra améliorer le matériel en intégrant plus d’automatismes, de données, d’informations nécessaires pour limiter le tassement des sols et à l’extrême utiliser des robots dans les zones à risque.»


La préservation des sols est un enjeu majeur pour notre agriculture régionale

«La région Hauts-de-France est un leader en productions végétales notamment. Pour garder cette valeur ajoutée, il faut avoir une gestion optimale de nos sols cultivés», commente Christophe Buisset, président de la Chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France. «Les choix que nous faisons, nous agriculteurs, seront décisifs pour le futur. La préservation des sols est un enjeu majeur pour notre agriculture régionale. Nos structures doivent s’engager à la mise en œuvre sur le terrain de tout ce qu’on a acquis dans ce projet Sol-D’phy, mais aussi dans les projets futurs. Il faudra continuer à réfléchir et à travailler de plus en plus sur l’agronomie de nos sols, sur les tassements, si demain on veut encore avoir une agriculture performante et durable en Hauts-de-France.»

REACTION

Pascal Lequeux, membre de la Chambre d’agriculture de l’Aisne

«Il faut redonner beaucoup de sens à l’agronomie»

On parlait du tassement des sols il y a une vingtaine d’années, et cela avait été délaissé. Pourquoi ce retour ?
Cela revient au goût du jour par rapport à l’optimisation des productions dans les exploitations. Il y a une vingtaine d’années, on est parti dans des modèles avec des investissements matériels importants, avec des tailles et des poids importants pour les tracteurs, les engins de récolte de betteraves, de pommes de terre. On a évolué de façon très rapide sur ces puissances et les poids sans mesurer vraiment l’impact sur le sol. Grâce à ces travaux qui sont menés depuis cinq ans, on peut le mesurer, et je suis certain qu’à la sortie, des questions vont se poser sur la nécessité réelle de garder des matériels aussi lourds et si puissants.

L’observation reprend une place primordiale ?
Il faut redonner beaucoup de sens à l’agronomie. L’agriculteur est un observateur de son sol et des plantes. Il faut être moins dans des modèles systématiques du genre : je sors, je laboure et je traite. Il faut se reposer un certain nombre de questions fondamentales, et c’est le sens qui est pris aujourd’hui. De nombreux élèves sont présents à ce colloque, et c’est important d’impliquer les jeunes générations.

On a beaucoup parlé d’un travail d’équipe dans ce colloque. Qu’en est-il ?
L’objectif d’Agro-Transfert est de transférer la recherche fondamentale vers les agriculteurs en travaillant sur des thématiques bien définies. Cette association a pour vocation de créer des outils pour les agriculteurs, en travaillant en collaboration avec les instituts techniques, les coopératives, les industriels, les opérateurs économiques, tout comme les Chambres d’agriculture des Hauts-de-France qui participent largement aux expérimentations.
Propos recueillis par G. T.

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