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Télétravail : l’entreprise sera-t-elle digitale demain ?

La commission régionale de l' Apecita a mis en avant le télétravail comme nouveau mode de travail.

© AAP


Le monde du travail change profondément et rapidement. Avec la déferlante technologique et l’accélération de l'usage du numérique (Internet, SMS, …), l'heure est aujourd'hui à la flexibilité et à la mobilité. Dès lors, quel sera le lieu de travail de demain ? A la maison, dans un café, à 6000 km de la France ? Et quelle sera la relation avec l’employeur ?
Des questions que l'on peut raisonnablement se poser et qui ont été développées à l'occasion de la quatrième commission régionale de l'Apecita (Association pour l'emploi des cadres, ingénieurs et techniciens de l'agriculture) qui s'est tenue le 21 novembre dernier à Amiens, en présence du président national de l'Apecita Jean-Marie Blin.
Le télétravail, une pratique encore peu courante en France, semble toutefois appelée à un fort développement. Pour Nicole Turbe-Suetens, leader du réseau "Distance Expert", le télétravail «suscite une prise de conscience de toutes les transformations que nous subissons et de la nécessité des remises en cause organisationnelles que cela suppose».
Un sujet que l’Apecita connaît bien car elle l’a mis en place. En effet, explique Philippe Pelvet, directeur de l’Apecita, "le télétravail a été intégré dans la convention collective de l’Apecita et a ouvert depuis quelques années de nouvelles opportunités d’organisation : par exemple, une chargée de mission de l’Apecita vit en Bretagne et «télétravaille» à temps plein. Cela ne pose aucun souci lorsqu’avant de se lancer, la salarié et l'employeur, ont bien pris le temps de la préparation, de la concertation et ont déterminé les conditions de réussite de ce système d'organisation". Toutefois, même si de nombreux outils sont mis à disposition des salariés pour travailler chez eux, des limites persistent.

Organisation personnelle
Samuel Bonvoisin, ingénieur et télétravailleur depuis 10 ans, a apporté son témoignage. Dès l’obtention de son diplôme d'ingénieur à l'Institut LaSalle Beauvais, il a expérimenté le télétravail et en pèse aujourd’hui les avantages : «pas de temps de transport, plus de souplesse dans les horaires», mais aussi les inconvénients : «difficulté à séparer vie personnelle et professionnelle, isolement social vis-à-vis des collègues». Pour autant, si l'on sait s'organiser et être autonome, on trouve son équilibre dans le télétravail. Il faut aussi que l'entreprise s'adapte bien à ce mode de travail. Par exemple : en organisant une réunion hebdomadaire «physique», les autres réunions étant réalisées en vidéoconférence, par skype... ; en ayant une base documentaire partagée via l’outil dropbox, et un serveur privé accessible depuis internet où sont stockées les archives.
Finalement, la question du télétravail doit plutôt se poser en termes de capacité et de goût à travailler dans des ambiances et des rythmes différents du milieu de l’entreprise. «Il faut très bien se connaître et connaître sa façon de travailler», a conclu Samuel Bonvoisin.
Si la loi Warsann du 22 mars 2012 a posé le cadre législatif en la matière, le sujet du télétravail reste vaste et l'on n'a pas fini d'en parler.

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