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Témoignage d'éleveurs en ZH :«Nous conduisons nos prairies en extensif»

Les vaches allaitantes d’Alain et Isabelle Gosset pâturent dans les prairies humides de la plaine maritime picarde de mai à novembre. Une conduite particulière qu’ils ont appris à gérer.

Sans élevage, Alain et Isabelle Gosset ne pourraient rien faire des 100 ha de prairies, dont la moitié en zones humides, qu’ils exploitent.
Sans élevage, Alain et Isabelle Gosset ne pourraient rien faire des 100 ha de prairies, dont la moitié en zones humides, qu’ils exploitent.
© A. P.

«On a toujours été plus éleveurs que polyculteurs», confient Isabelle et Alain Gosset. Mari et femme sont associés du Gaec de la Grande rue, à Saint-Blimont, en plaine maritime. 280 ha en tout, une petite centaine de Blondes d’Aquitaine, élevées à la ferme depuis deux générations et, depuis deux ans et l’installation d’Isabelle, une quarantaine de laitières, dans un deuxième site, à Meneslie. «Sans élevage, nous ne pourrions rien faire des 100 ha de prairies, dont la moitié en zones humides (à Noyelles-sur-Mer, à Onival, et dans les marais de Lanchères, à Cayeux-sur-Mer, ndlr), que nous exploitons», ajoutent-t-ils.
Les allaitantes valorisent ces parcelles du 1er mai à mi-novembre, selon les conditions météorologiques. «C’est la principale contrainte des zones humides, assure Alain. Les pâtures ne sont parfois pas assez ressuyées pour y mettre des bêtes.» Des contraintes, l’éleveur en énumère d’autres. Une partie des terres est en MAE (Mesures agroenvironnementales) depuis quatre ans.  Une autre est exploitée sous convention avec le Conservatoire du littoral. «Cela implique une coupe tardive dans les surfaces fourragères, après le 25 juin, donc nous ne réalisons qu’une coupe de foin au lieu de deux ailleurs. Dans les prairies, le chargement est limité, entre 0,5 et 1,5 UGB. L’entretien des fossés doit être assuré. Aucun engrais, n’est toléré…» L’herbe semble s’y plaire, malgré quelques problèmes de résistances des joncs.
Mais Alain relativise : «Même en conduite classique, on sait que ces prairies ne seraient jamais montées à 3 UGB/ha.» A cela s’ajoute un prix de location assez bas avec le Conservatoire du littoral, et une compensation financière intéressante pour les MAE. Les agriculteurs se sont aussi rendus compte que l’entretien était bénéfique pour les sols. «Le raisonnement est là : il s’agit de conduire ces prairies en extensif», assure Alain.
Une conduite qui, il le pense, pourra permettre d’exploiter ces parcelles le plus longtemps possible. Car Arthur, leur fils de vingt ans, aimerait prendre la relève de ses parents dans quelques années. Son avenir, les parents le voit dans la diversification, avec la mise en place de vente directe à la ferme. «C’est dans cette idée que nous avons investi dans les laitières. Nous voulions diversifier les productions, et nous avons pour projet de diversifier la commercialisation», confie Isabelle. Atelier de transformation du lait, vente de caissettes de viande, étals aux marchés du secteur et magasin à la ferme…
Pour ce projet, la localisation en plaine maritime picarde est un atout. «L’étude de marché réalisée avec la chambre d’agriculture s’est avérée positive. La zone est attractive pour les touristes.» De l’herbe des prairies humides, cibles des appareils photos des promeneurs, à la dégustation des produits locaux que cette même herbe a participé à créer, la boucle sera bouclée.

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