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Tereos met les pieds dans le plat de pulpes avant le début de campagne

Les adhérents de la coopérative Tereos ont reçu il y a quelques jours (11 avril) une note dans laquelle le groupe détaille les conditions de la prochaine campagne de livraison des pulpes de betteraves. Explications avec Emilien Rose, président de la commission «nutrition animale» de Tereos.

Ne pas reproduire les «erreurs» de l’an dernier et privilégier l’anticipation, c’est le sens d’une note que Tereos a adressé mi-avril à ses agriculteurs coopérateurs achetant de la pulpe de betteraves. Dans ce courrier de trois pages, le groupe coopératif y rappelle un certain nombre de principes et… de prévision de prix. En ce qui concerne ce sujet toujours délicat, le prix de la tonne de pulpes sur-pressées pourrait progresser d’environ 20% (au maximum) par rapport à l’an dernier, «pour tenir compte d’un contexte haussier des matières premières», expliquait en ce début de semaine Emilien Rose, agriculteur à Houplin-Ancoisne (59), membre du Conseil de surveillance et président de la commission «nutrition animale» de Tereos. Pour les autres coproduits fabriqués par Tereos, pas plus d’exception : la luzerne en granulés par exemple devrait afficher un prix supérieur de 15% tandis que pour Amyplus (co-produit de l’amidonnerie et de la distillerie du blé), la hausse de prix pourrait être comprise entre 30 et 40%.

Priorité aux coopérateurs

Le premier principe défendu ensuite par Tereos, «c’est que la priorité de la coopérative reste de servir d’abord les coopérateurs, qu’ils soient éleveurs ou méthaniseurs, puis les clients éleveurs fidèles», rappelait en ce début de semaine Emilien Rose, agriculteur à Houplin-Ancoisne (59) et président de la commission «nutrition animale» de Tereos. Chaque année, la quantité de pulpes surpressées produites par les usines de Tereos se porte à environ 1,7 million de tonnes (à 25% de MS). La moitié de ce volume est consommé par les coopérateurs éleveurs de Tereos – avec un volume stable autour de 850 000 tonnes –, tandis que l’autre moitié est répartie entre les coopérateurs méthaniseurs
(600 000 tonnes) et des clients non adhérents de la coopérative, qu’ils soient agriculteurs ou négoces (plus de 200 000 tonnes). Du côté des méthaniseurs, on constate bien un engouement de plus en plus fort pour la pulpe de betteraves : «Il y a encore trois ans, environ 50 000 tonnes de pulpes surpressées étaient destinées à la méthanisation, rapporte Emilien Rose. Cette année, on estime que ce seront 600 000 tonnes qui y seront consacrées et cela devrait encore sans doute augmenter dans les prochaines années». Pour répondre à cette demande, Tereos devra alors se poser la question de réduire les volumes à déshydrater ou restreindre ses autres clients.

Strict respect des engagements

Compte tenu de la nature même de la pulpe surpressée, «toute annulation de commande pose un réel problème que ce soit en termes de production ou de logistique sur nos sites», constate Emilien Rose. Pour la coopérative et ses usines, un impératif : «le respect strict de la planification et la réalisation d’enlèvements réguliers, du premier au dernier jour de campagne». Et si cela n’est pas le cas ? «Que fait-on des volumes que l’on devait livrer quand un client (coopérateur) décide de ne plus les prendre ?», interroge en effet M. Rose, en ayant la réponse :
«Soit on trouve une solution auprès d’autres clients, soit on est obligé de faire du dégagement vers la déshydratation. Mais cela demande de chambouler l’organisation, d’avoir des moyens supplémentaires pour la déshydratation. La dernière solution, c’est le déclassement, mais là, c’est de la perte sèche pour tout le monde…» L’an dernier, les «13%» (selon la coopérative) des volumes qui ont été décommandés en cours de campagne ont été «perturbants» pour les équipes. Pour les prochaines campagnes, Tereos a donc décidé de mettre un tour de vis. «On sera plus ferme», prévient M. Rose. Alors que la date-butoir d’envoi des commandes de pulpes pour la campagne 2022 est fixée au
30 avril, les retours semblaient encore timides en ce début de semaine. Mais rien d’anormal pour le président de la commission «nutrition animale» de Tereos. «On a déjà enregistré quelques commandes. Nous ne sommes qu’en avril. L’an dernier, c’est vrai que notre communication était arrivée plus tard (juin)». Pour Tereos, il s’agit d’abord de faire de la «pédagogie». Si les adhérents de la coopérative doivent dès à présent s’engager dans un volume à acheter, ils gardent toutefois la possibilité d’ajuster leurs besoins jusqu’au jour de démarrage de la prochaine campagne. En revanche, toute annulation de commande pendant la campagne sera synonyme de restriction de volumes pour la campagne 2023. «Pour le coopérateur qui ne respecterait pas son engagement, c’est simple, détaille Emilien Rose. Le seul volume qui sera disponible sera celui qui correspond au droit à restitution». Or, en moyenne chez Tereos, les coopérateurs éleveurs consomment deux fois plus de pulpes de betteraves que le volume correspondant à leurs surfaces betteravières. Autant dire que ne pas respecter son engagement peut être dangereux… Quid des autres clients ? «Les non-coopérateurs n’ont représenté «que» 4% des annulations», constate-t-on chez Tereos. «Les plus «mauvais élèves», ce sont finalement chez les coopérateurs qu’on les trouve. Mais ils doivent prendre conscience que ce type de comportement plombe l’ensemble de la coopérative, et donc l’ensemble des coopérateurs», conclut Emilien Rose. Y compris la rémunération de la betterave.

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