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Tereos vante la vente directe de luzerne à ses coopérateurs éleveurs

Coopérateurs au sein de la même entreprise, producteurs de luzerne du Grand-Est et éleveurs des Hauts-de-France ne se connaissent pas forcément. Pour Tereos, l’ambition est de les rapprocher.

En matière d’alimentation animale et de coproduits fabriqués par la coopérative Tereos, il n’y a pas que la pomme de terre et la pulpe de betteraves, il y a aussi la… luzerne. Fin mai, une cinquantaine d’éleveurs des Hauts-de-France ont participé à un voyage dans le sud de la Marne, à Allemanche-et-Launay-Soyer, à la découverte d’une activité pas forcément connue des coopérateurs du nord de la France : la déshydratation de luzerne. Cette activité, qui concerne 760 associés coopérateurs de Tereos, 10 500 ha et quatre sites industriels se concentre en effet en Champagne où les conditions pédoclimatiques y sont favorables. Pour Jean-Jacques Mennesson, vice-président du conseil de surveillance de Tereos et responsable de ses commissions «métiers», «la luzerne est présente de manière historique en Grand-Est. Ses atouts sont indéniables dans cette région pour valoriser des terres fragiles».

 

Riche en protéines

À l’échelle nationale, on estime que 80 % de la production de luzerne est réalisée en Champagne-Ardenne, couvrant
66 000 ha. Problème, selon M. Mennesson, «il faut aussi que cette filière retrouve un intérêt économique», au risque de voir les surfaces se réduire d’année en année. Et l’une des solutions imaginées par la nouvelle gouvernance de Tereos, c’est de créer davantage de passerelles entre les adhérents-coopérateurs utilisateurs d’aliments végétaux pour l’alimentation de leurs troupeaux et les coopérateurs de Tereos qui produisent de la luzerne. Pour Émilien Rose, un autre membre du conseil de surveillance de Tereos et président de la commission «nutrition animale», «l’enjeu est de faire connaître l’offre produit luzerne en permettant aux coopérateurs d’acheter de la luzerne déshydratée directement». Le prix proposé est alors «sortie usine», auquel s’ajoute le coût du transport. «Dans le contexte actuel, quand on voit le prix du colza et d’autres matières premières, la luzerne devient intéressante si l’on calcule en fonction de la richesse en protéines», poursuit M. Rose. L’offre, dont le prix est mis à jour de manière hebdomadaire, est disponible depuis l’extranet de la coopérative.

 

Quatre usines dédiées

En termes de capacité de transformation, avec 35 000 t produites et 2 800 ha valorisés, l’usine d’Allemanche-et-Launay-Soyer est la deuxième de la coopérative Tereos parmi ses quatre unités de transformation, derrière Aulnay-aux-Planches (3 400 ha) et devant Montépreux (2 600 ha) et Pleurs (2 200 ha). La spécialisation de ces quatre sites dans la déshydratation de luzerne ne leur empêche pas de traiter aussi une autre matière : la pulpe de betteraves. Celle-ci est acheminée depuis la sucrerie de Connantre. L’autre particularité des sites de déshydratation de Tereos est de maîtriser l’ensemble des étapes de la production de la luzerne déshydratée. Fauche, andainage, récolte, transport sont réalisés par des entreprises de travaux agricoles partenaires, tandis que les étapes de déshydratation, de granulation et de stockage sont réalisées «maison». 

 

Avantages agronomiques et nutritionnels

La campagne de luzerne débute en général «fin avril», détaille Florent Feige, directeur des opérations pour Tereos nutrition animale. Et de constater que «le taux de protéines est le plus fort en début de campagne». Par ses qualités organoleptiques, la luzerne peut être un composant bienvenu d’une ration alimentaire. Pour Julien Duponchel, responsable de secteur nutrition animale, «la luzerne peut être un outil de diversification alimentaire des bovins, qu’ils soient laitiers ou allaitants». Elle est en effet riche en protéines, en acides gras et en minéraux. Avec 2,4 t de protéines – contre 0,9 t/ha pour le soja –, la luzerne est la plante qui produit le plus de protéines à l’hectare. Au champ, ce qui conditionne (en partie) la réussite d’une culture de luzerne, «c’est le semis», constate Julien Duponchel qui recommande des variétés de types «flamandes» et une densité comprise entre 22 et 25 kg/ha. La plante dispose par ailleurs d’un système racinaire profond grâce auquel une culture de luzerne peut être implantée pour trois, voire quatre ans, et être récoltée plusieurs fois pendant la campagne. Grâce à une forte «attractivité écologique», dixit Florent Feige, «en Région Grand Est, on peut déclarer les surfaces de luzerne en surface d’intérêt écologique (SIE)». Le rendement moyen de matière sèche à l’hectare est de 12,7 t/ha.

Si l’on reconnait du côté du service «appro» de Tereos que le volume d’une benne de camion pour un seul client peut paraître beaucoup, il est possible de répartir la livraison entre plusieurs acheteurs.

La possibilité qu’ont les coopérateurs de Tereos d’acheter de l’aliment à base de luzerne en direct est toutefois une exception et ne remet pas en cause les accords de commercialisation passés avec d’autres distributeurs. 

 

Réduction du méthane : un distributeur britannique teste les algues rouges

Les supermarchés Morrisons mènent un essai dans lequel des vaches reçoivent des suppléments aux algues afin de limiter leurs émissions de méthane, important facteur de réchauffement climatique. La quatrième enseigne britannique «collabore avec la Queen's University de Belfast dans le cadre d'un essai de trois ans qui étudie l'utilisation d'algues britanniques pour réduire la production de méthane du bétail», a expliqué le groupe dans un communiqué. «Nous concluons des essais en laboratoire et allons passer aux essais commerciaux en septembre», prévus jusqu'en février 2023, a précisé à l'AFP un porte-parole de Morrisons. Les algues seront achetées à des pêcheurs britanniques qui fournissent déjà la chaîne de distribution, selon le communiqué. «Des recherches scientifiques plus tôt cette année ont constaté que les vaches rejetaient 82 % de méthane en moins lorsqu'une petite quantité d'algues rouges a été ajoutée à leur alimentation», a-t-il ajouté. Parmi les autres organisations étudiant ces algues du genre Asparagopsis, on retrouve plusieurs start-up (dont Future Feeds) ou le projet français Meth’algues, associant notamment l’Inrae et l’Institut de l’élevage (Idele).
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