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Terraveg lance le programme Unibio dans les Hauts-de-France

Entreprise de production agricole, Terraveg vient de créer une branche dédiée à la bio : Unibio.

© AAP


Un nouveau né vient d’être porté sur les fonts baptismaux. Nom de code : Unibio, une organisation de production agricole consacrée à 100 % à la production et à la distribution de légumes racines biologiques issus des Hauts-de-France. Son père fondateur ? Christophe Legrand, fier de pouvoir déclarer que son dernier né va détonner dans le paysage régional de la bio, «car c’est le seul opérateur capable de s’investir en production afin d’apporter au producteur un réel accompagnement et la sécurisation de sa production grâce à un suivi technique, du prêt de matériel, des contrats de production à long terme, un financement de production, une valorisation de 100 % de la production…»
Zoom arrière. En 2008, l’entreprise Agromex est créée à Lesquin, dans le Nord. Son travail ? La production de pommes de terre pour l’export (850 ha pour 60 000 tonnes de marchandises, ndlr). Au fur et à mesure des années, ses clients (grandes et moyennes distributions, magasins spécialisés, restaurations commerciale et collective, grossistes et quelques transformateurs) la sollicitent sur d’autres légumes tels que des carottes, des betteraves rouges, des panais… La nouvelle activité se développant de plus en plus, Agromex décide de scinder les deux activités en 2012. A elle les pommes de terre, à Terraveg, (200 ha) les légumes racines.
C’est à ce moment-là que Christophe Legrand entre en piste. Cet ingénieur en agro-alimentaire, issu du milieu des produits de la mer, a déjà sa petite idée en tête : créer au sein même de Terraveg une bran­che bio. Entre une demande des clients en hausse, un intérêt croissant des agriculteurs, des garanties de prix assurées, une diversité de terroirs dans les Hauts-de-France (terres sableuses, limons, de marais…) et une grande technicité des agriculteurs, il y a forcément une carte à jouer. «Si l’idée première était de répondre à une demande des marchés, nous voulions aussi proposer aux agriculteurs de la région d’autres alternatives dans leur manière de produire, qui sortent des schémas classiques, notamment celui des céréales ou encore de la betterave», précise Christophe Legrand.

Un partenariat à long terme
Unibio, structure transversale sur les deux entreprises, commence par la carotte. Aujourd’hui, une centaine d’hectares lui sont dédiées sur tout le territoire des Hauts-de-France. Suivent la pomme de terre, l’oignon, la betterave rouge, le navet, la courge, le céleri-rave, l’échalote, et même le panais, le topinambour, le rutabaga, des betteraves de couleurs... Soit pas moins de vingt-cinq légumes biologiques cultivés sur les terres sableuses du Calaisis, les grandes plaines de Picardie, en passant par le marais de Saint-Omer ou encore les limons du Santerre. Avec 7 000 tonnes de stockage frigo pour approvisionner les clients, trois stations de collecte et de conditionnement (Orchie, à côté de Dunkerque et Beugny). Et ce n’est que le début.
«Notre idée est de valoriser 100 % de la production de l’agriculteur afin de lui remonter le maximum de valeur. Derrière cela, il y a aussi l’objectif de fédérer les agriculteurs de la région autour de la production de légumes racines afin de ne pas aller les chercher ailleurs, notamment aux Pays-Bas et en Belgique, comme c’est le cas», relève Christophe Legrand. Pour ce faire, la structure offre un accompagnement des agriculteurs sur les aspects techniques, matériels et financiers. Un accompagnement à la carte, autrement dit adapté aux besoins concrets des agriculteurs.
Ainsi, à celui qui a de bonnes surfaces, le financement, la technicité et ce qu’il faut en matériel, Unibio propose un contrat classique. «On impose cependant de suivre les parcelles pour voir la conduite des cultures», précise Christophe Legrand. Pour ceux qui ont besoin de matériel, la structure Agroprod a le matériel requis pour eux. Autre formule encore proposée aux agriculteurs : une production complètement intégrée. Mais quelle que soit la formule retenue, le cap reste le même, à savoir «travailler de façon raisonnée avec les clients, tout en sécurisant au maximum la production, le tout proportionné aux surfaces, et dans un partenariat de long terme», ajoute-t-il.

Des prix intéressants pour les agriculteurs
Le travail de partenariat sous-tend en effet toute la démarche, d’autant que «n’étant pas des agriculteurs, on préfère accompagner ceux qui ont la volonté de se développer et les aider financièrement. C’est pour cela que nous sommes sur un accompagnement sur le long terme visant à minimiser autant que faire se peut les risques pour eux», insiste-t-il. Car là est bien la préoccupation première des agriculteurs : sécuriser l’activité économique de leur production.
Aussi, en termes de prix, 99 % de la commercialisation se font sous programme. Traduction : pas un prix fixe donné, mais une fourchette de prix à la vente, comme à l’achat, pour que l’agriculteur puisse profiter de l’embellie du marché ou limiter la casse quand celui-ci baisse. «Il ne doit pas y avoir en bio de la place pour la spéculation. C’est la raison pour laquelle nous travaillons dans cet esprit-là, et en partenariat tant avec nos clients qu’avec nos producteurs. Dans tous les cas, les prix sont toujours intéressants pour les agriculteurs», commente le responsable d’Unibio. Et d’ajouter : «Parce qu’il ne doit pas y avoir de place pour l’incertitude quand on parle de revenu de production, Unibio garantit ses règlements à trente jours fin de décade.»
Dans cette même logique, et afin de pérenniser ses partenariats, cette structure investit aussi dans des travaux de recherche sur de nouvelles méthodes de production éco-responsables et d’optimisation d’énergie, ainsi que sur des essais variétaux, des essais de stockage, des techniques de production en termes de désherbage… Dans un marché en plein développement, «l’innovation seule peut nous permettre de garder un temps d’avance», assure Christophe Legrand.

Une traçabilité complète de la semence jusqu’à la livraison

Unibio, comme tous ses agriculteurs partenaires ont, bien entendu, la certification Agriculture biologique.

Elle sera aussi, cet automne, certifiée Biosuisse. En ligne de mire : une traçabilité complète de la semence jusqu’à la livraison en magasin. Pour ce faire, numéro de lot de semences, localisation GPS des parcelles, gestion informatisée des stocks, etc., sont pratiqués.
Chaque lot produit par Unibio subit, depuis la réception des semences jusqu’à l’emballage en UVC, une batterie de tests et de contrôles : analyse du sol, suivi hebdomadaire des parcelles, analyse de résidus, échantillonnage périodique en conservation… En fonction des légumes, des analyses spécifiques sont également pratiquées : taux de sucre, taux de matière sèche, répartition des calibres, etc. Enfin, une procédure d’audits internes est suivie.
En termes de certification, la majorité de la production réalisée pour Unibio est certifiée Global G.A.P., une certification désormais incontournable assurant des bonnes pratiques agricoles en termes de produits phytosanitaires, de sécurité alimentaire, de meilleures utilisations des ressources naturelles, d’éthique sociale…

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