Commerce
Terres et Eaux, l’enseigne emblématique de l’équipement outdoor, dans les ronces
Le Tribunal de commerce de Lille-métropole a ouvert le 19 janvier 2026 une procédure de sauvegarde à l’encontre de la société Terres et Eaux, employant environ 226 salariés. Cette enseigne nordiste emblématique du commerce d’articles de chasse, pêche, équitation et loisirs nature, fondée en 1999 à Seclin, traverse une passe délicate nécessitant la protection judiciaire de ses activités face à ses difficultés financières.
Le Tribunal de commerce de Lille-métropole a ouvert le 19 janvier 2026 une procédure de sauvegarde à l’encontre de la société Terres et Eaux, employant environ 226 salariés. Cette enseigne nordiste emblématique du commerce d’articles de chasse, pêche, équitation et loisirs nature, fondée en 1999 à Seclin, traverse une passe délicate nécessitant la protection judiciaire de ses activités face à ses difficultés financières.
Fondée au début des années 2000 à Seclin (Nord) par un passionné de nature et de chasse, Terres et Eaux s’est développée pour devenir un acteur notable du commerce spécialisé d’articles de sport et de loisirs nature.
Classée dans le commerce de détail d’articles sportifs spécialisés, l’entreprise s’est bâtie un réseau d’une quinzaine de magasins répartis sur tout le territoire français, notamment dans les Hauts-de-France – dont à Amiens-Boves (80), Calais (62) et Seclin (59) -, le centre de la France, le Calvados, la Charente-Maritime, la Dordogne, la Sarthe ou les Pyrénées-Atlantique.
Avec des surfaces de vente importantes - plus de 2 900 m² par exemple pour son magasin historique de Seclin comprenant armurerie et tunnel de tir -, Terres et Eaux s’est positionnée comme une référence pour les passionnés de chasse, pêche, équitation et outdoor, proposant aussi bien des armes, cartouches et optiques que des équipements pour animaux, vêtements outdoor, matériel de pêche ou accessoires de randonnée.
C'est quoi une procédure de sauvegarde ?
Le tribunal de commerce de Lille-métropole a prononcé, par jugement en date du 19 janvier 2026, l’ouverture d’une procédure de sauvegarde à l’encontre de Terres et Eaux SAS. La procédure de sauvegarde est un mécanisme juridique destiné aux entreprises qui ne sont pas encore en cessation de paiements mais qui rencontrent des difficultés qu’elles ne peuvent pas surmonter seules. Elle vise à :
- geler temporairement les dettes en suspensionnant les actions des créanciers,
- permettre à l’entreprise d’établir un plan de redressement,
- conserver l’activité, l’emploi et l’outil de production,
- donner un cadre juridique pour réorganiser l’entreprise sans liquidation immédiate.
Dans cette phase, un administrateur judiciaire a été désigné pour assister l’entreprise, et un mandataire judiciaire pour représenter les créanciers. Au terme de la période d’observation, un plan de sauvegarde, de redressement ou — en dernier recours — de liquidation peut être présenté.
Enjeux pour l’emploi et le commerce spécialisé
Pour Terres et Eaux, cette procédure ouvre une période de négociation et de restructuration plutôt qu’un effondrement immédiat. Si elle réussit, l’enseigne pourrait préserver une partie significative de son activité et de ses emplois. A l’inverse, l’avenir de l’enseigne pourrait être compromis.
Pour les salariés il s’agit d’une période d’incertitude. La sauvegarde vise cependant à prévenir les licenciements massifs en donnant à l’entreprise le temps de redresser sa situation. Sur le plan sectoriel, cette mise en sauvegarde met en lumière les fragilités des commerces spécialisés physiques face aux évolutions des modes de consommation, à la concurrence des plateformes en ligne et aux variations conjoncturelles du pouvoir d’achat et la place des loisirs dans le portefeuille des Français.
Perspectives et étapes à venir
Dans les semaines à venir, l’administrateur judiciaire tiendra un rôle clé dans l’analyse détaillée des comptes, des engagements et du modèle d’exploitation de l’entreprise. Il définira avec la direction les mesures possibles pour remettre l’activité sur des bases financières viables.
Selon le résultat de cette période d’observation, le tribunal pourra ensuite valider un plan de sauvegarde avec mesures d’apurement ou de rééchelonnement des dettes, ou, si le redressement apparaît impossible, orienter la procédure vers une restructuration judiciaire plus contraignante ou une liquidation.