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Territoires : dur dur d'être un maire en 2017

Les maires étaient réunis en congrès à la fin du mois de novembre. Une réunion toute en tension avec le pouvoir central national.

Si de plus en plus de citoyens apprécient un certain retour à la campagne, les élus locaux, eux, ont plutôt le blues face 
aux décisions du pouvoir exécutif. 
Si de plus en plus de citoyens apprécient un certain retour à la campagne, les élus locaux, eux, ont plutôt le blues face
aux décisions du pouvoir exécutif. 
© © Thierry Guillemot


France avec ses communes» que la 100e édition du Congrès des maires de France a eu lieu la semaine dernière. Mais le symbole du centenaire ne suffit pas pour donner le sourire à des milliers d’élus locaux, plutôt malmenés depuis l’élection présidentielle par le nouveau président de la République. Malheureusement, la nouvelle équipe au pouvoir n’innove pas. Leurs prédécesseurs avaient déjà multiplié les tentatives en la matière, que ce soit sous la mandature de Nicolas Sarkozy ou celle de François Hollande, rappelait le quotidien Libération dans son édition du 21 novembre. «Ce rendez-vous politique majeur se tiendra dans un contexte marqué par une avalanche de mesures défavorables aux collectivités et aux territoires qui a affecté profondément la relation de confiance avec l’Etat», indiquait même le communiqué de presse de présentation de cet événement.
Pour tenter de calmer le jeu, Emmanuel Macron, président de la République mais jamais élu local, est intervenu en clôture le jeudi 23 novembre, dans l’après-midi, entouré d’une bonne quinzaine de ministres et secrétaires d’Etat. Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, Gérard Larcher, président du Sénat, et François de Rugy, président de l’Assemblée nationale sont également intervenus.

Les sujets du congrès
Pour tenter d’améliorer la situation et mieux comprendre la volonté du gouvernement, de nombreux thèmes ont été abordés pendant ces trois jours.
Premier grand sujet, les changements climatiques et catastrophes naturelles ou comment réduire la vulnérabilité des territoires, avec notamment des témoignages de maires de communes de Polynésie française et de Guadeloupe.
La politique de sûreté locale, la place des communes dans une Europe en mutation, communes et intercommunalités comme moteurs d’une nouvelle dynamique, mieux gérer le foncier, tout en prenant en compte le triptyque construire - aménager - préserver, favoriser le civisme et la citoyenneté, une nouvelle approche entre attractivité et proximité en matière de développement économique, la place des femmes dans les exécutifs locaux, ou quelle nouvelle donne pour les finances locales : autant d’autres thèmes prévus traités au cours des congrès.

Ruralité et alimentation
Un débat était également prévu sur les territoires ruraux comme acteurs incontournables d’une véritable alliance des territoires. «Pour dépasser le clivage archaïque urbain/rural et lutter contre les fractures entre des territoires concentrant la richesse et une ruralité profonde se sentant souvent abandonnée, les élus ruraux demandent l’adoption d’une nouvelle politique d’aménagement du territoire qui donnerait la priorité aux solidarités territoriales... Elle constitue un des chantiers de travail engagés par la Conférence nationale des territoires.» Un point a été fait sur le dispositif des contrats de réciprocité villes-campagnes signé entre métropole, EPCI et territoires ruraux et lancé à titre expérimental dans le cadre du comité interministériel aux ruralités du 13 mars 2015. Une autre séquence traitait des initiatives innovantes à valoriser, comme la maison de services au public et santé, avec le témoignage de six maires (Côtes-­d’Armor, Rhône, Ariège, Drôme, Seine-et-Marne), et en présence des ministres de la Santé, des Transports et de la Cohésion des territoires.
Un atelier était consacré aux élus locaux engagés pour une alimentation durable de qualité. Deux séquences pour cette thématique : la réflexion relative à la gouvernance alimentaire locale comme un préalable à une alimentation durable de qualité d’une part, et la restauration collective comme un moyen au service d’une alimentation durable de qualité d’autre part. «La problématique de l’alimentation dans les territoires constitue une préoccupation de plus en plus prégnante dans les communes et leurs groupements en raison de sa dimension sociale, sanitaire, environnementale, de son impact sur l’ensemble des acteurs économiques qui y interviennent et de la demande croissante des familles. La mise en place, par le gouvernement, des Etats généraux de l’alimentation depuis septembre dernier témoigne de l’importance de ce sujet», expliquent les organisateurs. Rappelons que le gouvernement souhaite que, d’ici 2022, l’ensemble de la restauration collective propose au moins 50 % de produits biologiques, labels de qualité ou locaux.

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