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Travail le 1er mai : « Lorsque l’activité le justifie (…) la possibilité de travailler doit rester ouverte »

Dans les Hauts-de-France, président de Région, député et responsable professionnel agricole soutiennent le travail le 1er mai quand le besoin s’en fait sentir et que les salariés sont volontaires.

travail 1er mai férié
© Pexels

Président du Conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand s’est fendu d’un courrier adressé au préfet de région, Bertrand Gaume, le 29 avril demandant une trève des agents de l’inspection du travail le 1er mai. La raison de cette demande ? Celle de « nombreux commerçants-artisans, fleuristes, boulangers, bouchers et métiers de bouche » de pouvoir ouvrir leurs entreprises le 1er mai, et de faire travailler leurs salariés sans être hors-la-loi. Xavier Bertrand rappelle dans sa lettre au préfet de la région Hauts-de-France qu’une proposition de loi est portée par les sénateurs Annick Billon et Hervé Marseille pour « permettre aux entreprises déjà ouvertes le dimanche de pouvoir faire travailler leurs salariés sur la base du volontariat, le 1er mai. »

« Valoriser la valeur travail »

Quelques jours plus tôt, c’est le député de l’Aisne, Julien Dive qui « montait » lui aussi au créneau pour défendre la liberté de travailler le 1er mai. Sur sa page Facebook, l’axonais assurait dès le 25 avril avoir été « alerté sur les conditions de travail du 1er mai qui ne tiennent pas compte des réalités de fonctionnement de nos artisans. » « La législation est stricte mais une tolérance était légitimement appliquée depuis de nombreuses années. Pourtant dans certains cas, des contrôles et des sanctions ont été prononcées et à l’approche du 1er mai l’inquiétude est logique », regrette l’élu. Favorable à un assouplissement de la loi, il dit avoir fait part de cette situation « à la ministre concernée, puis la préfète de l’Aisne et enfin déposé une proposition de loi visant à aménager ces conditions. » Et de conclure : « Quand on défend la valeur travail, on la valorise ! »

Travailler quand le travail est là 

Dans le département de la Somme, la profession agricole a aussi un avis sur le sujet. Agriculteur à Heucourt-Croquoin en système de polyculture élevage laitier et président de la FDSEA, Denis Bully s’étonne dans une tribune à paraître ce vendredi 2 mai dans L’Action agricole picarde des propos de la secrétaire général de la CGT, Sophie Binet. Le 27 avril dernier, interrogée par LCI, la syndicaliste déclarait être résolument opposée au travail des salariés le 1er mai, prenant en exemple le secteur de la boulangerie : « On sait survivre un jour sans avoir sa baguette de pain et c'est très important que ce jour reste férié et chômé », a-t-elle notamment déclaré. 

Denis Bully, lui, donne le sentiment de défendre la possibilité pour les entreprises de faire travailler leurs salariés quand l’activité le rend nécessaire, férié ou pas : « Lorsque l’activité le justifie, soit par un chantier, soit par une activité permanente comme une chaine de froid ou de l’élevage, et ce sans acharnement ni mépris pour les salariés (…) la possibilité de travailler doit rester ouverte et ne souffrir d’aucune remise en cause. Toute comme le fait que, pour des périodes de plantation ou de récolte, les semaines puissent faire 70 heures exceptionnellement. »

Dépôt d’une PPL sénatoriale et soutien du gouvernement 

Annick Billon et Hervé Marseille, les deux sénateurs à l’initiative du dépôt d’une proposition de loi ont quant à eux clarifié leur intention : « Il ne s'agit en aucun cas de remettre en cause le caractère férié et chômé de cette journée, mais de reconnaître la spécificité de certaines activités – à l'instar des boulangeries ou des fleuristes – qui participent pleinement à notre vie quotidienne et à notre patrimoine culturel », ont souligné les auteurs de la proposition de loi, qui espèrent l'inscrire à l'ordre du jour du Sénat « avant fin juin ».

Les fleuristes satisfaits

La Fédération française des artisans fleuristes (FFAF) a salué le 28 avril le soutien apporté par la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités Catherine Vautrin, à ce proposition de loi visant à assouplir le travail le 1er mai. Un peu plus tôt, l’organisation professionnelle s’était élevée contre l’impossibilité de pouvoir ouvrir leur établissement avec du personnel, même si celui-ci était volontaire et rémunéré double conformément à la convention collective de la profession. « Ce premier pas législatif concrétise des années de mobilisation : nos artisans vont enfin pouvoir vivre pleinement leur 1er mai, entre tradition et respect du droit. Mais nous restons pleinement mobilisés : notre vigilance sera totale jusqu’à l’adoption définitive du texte », a précisé Farell Legendre, président de la FFAF. Catherine Vautrin a indiqué que le texte, s’il passait, ne serait en effet applicable qu’à partir de 2026.

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