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Trèfle violet : rebondir après une récolte clairsemée

En 2020, les rendements de récolte du trèfle violet porte-graines ne sont pas à la hauteur des espérances pour Semences fourragères de Picardie (SFP) qui appelle les producteurs à ne pas baisser les bras.

En temps normal, le rendement moyen de graines se situe entre 5 et 6 quintaux par hectare. Compte tenu des conditions climatiques du printemps et de l’été 2020, la culture a fortement souffert.
En temps normal, le rendement moyen de graines se situe entre 5 et 6 quintaux par hectare. Compte tenu des conditions climatiques du printemps et de l’été 2020, la culture a fortement souffert.
© FNAMS

La culture qui devrait être synonyme de haute valeur ajoutée pour celui qui la produit dans des conditions «normales» ne tiendra pas ses promesses cette année. Ce (triste) constat, c’est celui dressé il y a quelques jours par Semences fourragères de Picardie (SFP), une filiale du groupe coopératif Noriap, et concerne en premier lieu la récolte 2020 de trèfle violet pour la fourniture de semences. Pour Géraldine Poiret, en charge des cultures spécialisées et du développement de l’agriculture bio au sein de la coopérative Noriap, «la campagne s’est avérée très décevante en termes de rendements». Sur les 790 hectares contractualisés en 2020, 150 hectares n’ont pas pu être récoltés. 320 hectares l’ont été avec un rendement inférieur à 2 quintaux. Les 320 hectares restants permettent de «sauver les meubles» avec un rendement compris entre 4 et 10 quintaux par hectare. Les secteurs les plus touchés par ces rendements décevants sont le Noyonnais, le sud-amiénois et le secteur de Saint-Just-en-Chaussée/Haudivillers.

Impact de la sécheresse

En temps normal, le rendement moyen se situe entre 5 et 6 quintaux par hectare. Avec des conditions optimales, sans accroc, il peut grimper jusqu’à 10 quintaux par hectare. La culture de trèfle violet porte-graine trouve habilement sa place chez des céréaliers confrontés à des soucis de désherbage comme chez des éleveurs-polyculteurs. Ces derniers peuvent réaliser une pré-coupe de leur parcelle en «avril-mai» pour l’alimentation de leur troupeau. Sauf qu’en 2020, sur un certain nombre de parcelles, la reprise de la plante après cette coupe pré-estivale ne s’est pas effectuée de manière optimale en raison de la sécheresse. La chaleur qui a touché la région lors de la floraison a également eu un impact négatif en perturbant la pollinisation des fleurs. «Le trèfle violet porte-graine n’est pas la seule culture impactée par des rendements très hétérogènes, voire décevant», temporise-t-on chez SFP, prenant exemple de certaines parcelles de blés, d’orges de printemps, de pois de printemps, de pommes de terre fécule ou de betterave. Le défi pour SFP consiste désormais à sensibiliser ses autres partenaires au sein d’une filière de niche sur les difficultés rencontrées en 2020, et de négocier la meilleure valorisation possible.

Une étude pour mieux comprendre

Pour mieux comprendre les raisons de cet échec, SFP a engagé une étude avec le concours d’une ingénieure stagiaire. Cette enquête a débuté le 12 octobre dernier. On devrait en connaître les conclusions dans le courant de la deuxième quinzaine de novembre : «Le but de cette étude est d’établir des liens entre un contexte pédoclimatique, les rendements et les pratiques des agriculteurs, explique Géraldine Poiret. En fonction de ce qui en ressortira, il faudra peut-être modifier certaines choses ou arrêter la culture dans certaines zones. Il y a des secteurs qui s’en sortent plutôt bien, d’autres où c’est compliqué. On veut comprendre pourquoi et en tirer des enseignements».
Du côté de Noriap, on rappelle que cet échec ne remet en rien la volonté de la coopérative et de ses filiales de continuer à proposer des voies de diversification à ses adhérents. «Mais il ne s’agit pas non plus d’embarquer les producteurs dans des impasses économiques ou agronomiques», assure Mme Poiret. En dernier lieu, SFP rappelle qu’il n’est pas question non plus pour elle d’abandonner un travail de développement de cette culture engagé depuis une dizaine d’années – elle avait démarré avec une dizaine d’hectares – qui peut révéler aussi de bonnes surprises.

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