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Treize futurs salariés agricoles «Vert l’emploi»

L’action Agr’Innov emploi menée dans le secteur de Péronne pour répondre au besoin en main-d’œuvre se poursuit. Treize personnes ont intégré le Pass Vert l’emploi pour six semaines, puis signeront un contrat professionnel.

Après un entretien en février, treize personnes ont intégré un premier Pass Vert l’Emploi que pilote le Groupement  d’employeurs de la Somme, soit six semaines de formation. Ils débuteront un contrat de professionnalisation.
Après un entretien en février, treize personnes ont intégré un premier Pass Vert l’Emploi que pilote le Groupement d’employeurs de la Somme, soit six semaines de formation. Ils débuteront un contrat de professionnalisation. 
© Alix Penichou

Êtes vous plutôt solitaire, ou préférez-vous le travail en équipe ? Lorsqu’une erreur est commise, préférez-vous trouver un responsable, ou admettez-vous facilement vous être trompé ? Treize futurs salariés agricoles étaient amenés à répondre à ce genre de questions cette semaine pour mieux apprendre à se connaître et à définir le métier qui leur correspond. 

Après une série d’entretiens en février, ces personnes motivées à travailler dans le secteur agricole du secteur de Péronne entrent dans le vif du sujet. Depuis le 31 mai, ils ont intégré le Pass Vert l’emploi programmé sur six semaines, un dispositif du Groupement d’employeurs de la Somme (GES) dans le cadre d’Agr’Innov emploi. L’action a pour but de répondre au besoin crucial de main-d’œuvre agricole dans cette zone. «À la clé, un contrat professionnel doit démarrer le 12 juillet, pour une période de six à dix-huit mois. L’objectif est d’occuper de manière durable un poste qualifié dans une ETA ou une exploitation agricole. Pour 80 %, il s’agit de conducteurs d’engins», explique Yves Monteillet, président d’Alter-media pro, un organisme de formation qui pilote le projet avec le GES. 

Après une formation en salle de quelques jours, des interventions dans les lycées agricoles de Péronne et du Paraclet, à Cottenchy, des visites d’exploitations, des immersions et des formations virtuelles grâce à l’outil ProSapiens, une solution digitale permettant la mise en œuvre d’actions de formation en situation de travail (AFEST), sont au programme. «Ce processus est connu dans le monde de l’industrie. Nous pratiquons une méthode canadienne appelée méthode des compétences fortes. Tout le monde est doté de talents, qui ne s’expriment pas toujours en cursus scolaire classique. Nous aidons les personnes à les révéler», confie Yves Monteillet. 

Pour Vincent Carlino, de la MEEF (Maison pour l’entreprise, l’emploi et la formation) Santerre Haute Somme, Agr’Innov Emploi est une superbe opportunité. «Nous avons orienté quatre jeunes vers ce dispositif. Nous apprécions la sécurisation qu’il apporte, car tout est fait pour amener des solutions concrètes aux éventuels freins, comme la mobilité. Les conseillers eux-même ont pu découvrir les besoins du milieu agricole qu’ils appréhendaient mal. Aujourd’hui, nous avons des arguments pour inciter les jeunes à aller vers ce domaine : travail au grand air, contraintes physiques réduites grâce à la mécanisation, innovation constante…»

 

«J’ai eu un déclic : je suis fait pour l’agriculture»

Ces arguments ont séduit Valérie, cinquante-quatre ans, à rejoindre le secteur après une carrière dans la vente et l’éducation de ses cinq enfants. «J’ai besoin de m’occuper, et je voulais du changement. J’aime être dehors, bouger, et je n’ai pas peur de mettre les mains dans le cambouis, confie-t-elle. La formation devrait m’aider à me positionner plus précisément.» Marvin, dix-neuf ans, est aussi enthousiaste. «J’ai eu un déclic lors de l’entretien que menait le GES, en février, avoue-t-il. Plus les jours passent, plus je me dis que je suis fait pour l’agriculture. La conduite d’engin est un rêve. J’ai eu aussi le temps de me renseigner sur l’élevage, et ça m’attire.» Le jeune a prouvé sa motivation en décrochant son permis de con-duire et en acquérant une voiture. «Maintenant, j’ai hâte d’intégrer une entreprise, rit celui qui ne peut s’empêcher de gigoter sur sa chaise. Je suis venu pour le champ, pas pour la salle de classe !» 

 

Cent saisonniers à l’œuvre

En parallèle de l’accès à des postes qualifiés, Agr’Innov emploi a aussi débouché sur l’embauche par le GES d’une centaine de saisonniers. Trois équipes se relaient au SCEA Biosources, à Méharicourt, et une quatrième équipe s’active à Villers-Carbonnel, chez Emmanuel Courtier, pour le désherbage des légumes de plein champ bio. «Toutes ces personnes étaient en recherche d’emploi et 60 % étaient titulaires du RSA. Nous avons levé le principal frein de la mobilité en organisant du covoiturage et en mettant en place des navettes grâce, entre autres, aux subventions de la Région Hauts-de-France», relève David Caron, responsable de l’action au GES. Après la saison du désherbage, plusieurs saisonniers pourraient profiter d’un deuxième Pass Vert l’emploi pour atteindre un poste plus qualifié, et d’autres pourront poursuivre le travail saisonnier. «Nous avons une forte demande de main-d’œuvre pour le tri de pommes de terre et les endives.» David Caron pense aussi à la moisson, et appelle les agriculteurs à anticiper leurs besoins. «Pour un recrutement de qualité, qui permet de satisfaire le salarié comme l’employeur, il faut s’y prendre le plus tôt possible», prévient-il. 
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