Aller au contenu principal

Un agriculteur payé pour ne plus cultiver près d'une école

Dans le département des Deux-Sèvres, une commune couvre la perte d'exploitation d'un agriculteur causée par l'instauration d'une zone de non-traitement à proximité d'une école.

Il y a des maires qui prennent des arrêtés pour interdire l'interdiction de produits phytosanitaires dans leurs communes et d'autres qui optent pour des solutions plus pragmatiques. Dans la commune de Fors, dans le département des Deux-Sèvres, le maire Alain Canteau fait partie de la seconde catégorie depuis qu'il a trouvé un accord avec un céréalier installé sur sa commune pour compenser le renoncement de ce dernier à cultiver une partie de la parcelle qu’il exploite à proximité d’une école et d’un terrain de sport, et ainsi ne plus y appliquer de produits phytosanitaires.

Au micro de la radio France Bleu Poitou, qui revient aujourd’hui sur cette situation originale, Alain Canteau raconte : « L'agriculteur était lui aussi embêté de pulvériser ces produits-là. Il essayait de le faire le mercredi ou avant le début des classes mais c'était compliqué en fonction de la météo et puis les enfants devaient parfois marcher sur ses récoltes pour aller rechercher leur ballon de football ou de basket ».

Christophe Pasquier, l’agriculteur, expliquait lui aussi il y a quelques jours dans les colonnes du journal Le Parisien être satisfait de cet accord : « J'ai toujours fait attention, mais ça n'était jamais facile de trouver le bon créneau pour traiter en dehors des heures d'école. Et puis les gens sont plus vigilants, on sent une pression », redoutait-il avant de conclure un accord avec la commune de Fors.

450 euros par an pour 3600 m2 en jachère

Pour en arriver là, le chemin n’a toutefois été aussi simple que les deux parties l’affirment aujourd’hui. En septembre dernier, une délibération est votée à l'unanimité des membres du conseil municipal pour instaurer une convention entre la commune et l'EARL Pasquier. D'une durée de 3 ans, cette convention prévoit le versement d'une indemnité à l’agriculteur de manière à compenser sa perte d’exploitation.

Pour renoncer à exploiter une surface de 3 600 mètres carrés – soit une bande de 120 mètres de long sur 30 mètres de large -, l'exploitant doit ainsi percevoir un montant annuel de 450 euros. Mais quelques semaines plus tard, à l’occasion d’une nouvelle réunion du conseil municipal, le maire de la commune est contraint d’enlever sa délibération sur ordre du préfet. Celui-ci relève en effet qu’une commune n’a pas la possibilité sur le plan réglementaire de verser une pareille indemnité à un agriculteur ; cela pouvant être considéré comme une aide directe.

Pour qu’elle puisse effectivement être mise en œuvre, la convention entre la commune de Fors et l’EARL doit donc être modifiée ; ce qui se fera lors d’une réunion du conseil municipal en novembre 2020. Entre temps, pour contourner l’interdiction pour la commune d’indemniser directement l’agriculteur, le maire a trouvé une parade : verser une subvention à l’association des parents d’élèves de l’école de la commune ; laquelle peut ensuite indemniser l’agriculteur.

L’histoire se terminant plutôt bien, Alain Canteau espère désormais que son initiative donnera des idées à d’autres ailleurs en France.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

groupement producteurs pommes de terre Clarebout SUGAF
Les producteurs français de pommes de terre livrant le groupe Clarebout/Simplot se regroupent

Le SUGAF, nouvelle association des producteurs français livrant le groupe Clarebout/Simplot, a été officiellement constitué.…

mobilisation soutien Forest-Montiers
A Forest-Montiers, trois fois plus de soutiens que d’opposants au projet de poulailler

Plus de 180 personnes issues du monde agricole se sont rassemblées samedi 12 septembre à Forest-Montiers pour soutenir Marion…

À Attin, une panne de chaudière à la sucrerie stoppe provisoirement les arrachages de betteraves

Une panne de chaudière touche depuis ce jeudi matin la sucrerie Tereos d’Attin (62). Le service agricole demande aux planteurs…

poulailler Forest-Montiers
L’élevage avicole de Marion Bocquillon à Forest-Montiers reçoit le feu vert de la préfecture

Le CODERST a rendu un avis favorable à l’unanimité, lundi 14 septembre, au projet de poulailler de la SCEA Élevage Bocquillon.…

webinaire UNPT pommes de terre contrats sécheresse
Pommes de terre : comment éviter le piège du déficit de volumes contractuels

Face aux difficultés de production que peuvent rencontrer les producteurs de pommes de terre cette campagne, l’Union nationale…

truffes trufficulture champignons diversification
Et si la truffe poussait dans les champs de la Somme ?

La Chambre d’agriculture de la Somme invite les agriculteurs à découvrir la trufficulture comme piste de diversification, le…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde