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Un bon potentiel de rendement estimé pour la prochaine moisson

Le comité régional des céréales de Picardie a examiné les estimations de récolte et les évolutions des surfaces.

En Picardie, les premières moissons de blé ne sont pas envisagées avant la première quinzaine d’août.
En Picardie, les premières moissons de blé ne sont pas envisagées avant la première quinzaine d’août.
© AAP

Les cultures de la prochaine récolte présentaient, à la fin juin, un bon potentiel de rendement, légèrement supérieur à la moyenne quinquennale. C'est ce qu'a estimé le comité régional des céréales de Picardie réuni le 28 juin dernier sous la présidence de Jacques de Villeneuve. Une estimation assortie toutefois de réserves, car outre le retard accusé tout le long de l’année, les conditions climatiques du mois de juillet restent déterminantes.
En tout cas, les premières moissons ne sont pas envisagées avant le 20 juillet pour les escourgeons et pas avant la première quinzaine d’août pour les blés.

Déficit d'ensoleillement de 25 à 50%
La campagne 2012-2013 aura été marquée par le froid, l’humidité et le manque d’ensoleillement. L’automne pluvieux et froid en Picardie a permis une initialisation florale tardive des cultures d’hiver.
De janvier à la mi-mars, le gel n'a fait que des dégâts limités. Le redémarrage de la végétation n’a véritablement commencé qu’en avril, les températures moyennes demeurant en retrait de 2 à 3°C par rapport à la normale sur vingt ans. Le printemps, pluvieux et frais a favorisé le peuplement. Un tallage important a permis aux cultures de compenser en partie la perte de pieds subie pendant l’hiver. Les apports réguliers d’azote ont été correctement absorbés par les plantes. Toutefois, les céréales d’hiver accusaient un retard de 20 à 25 jours par rapport à l’année dernière à partir du stade épi 1 cm.
Les précipitations régulières de mai, couplées à des températures inférieures à 15°C, ont permis de rattraper quelque peu le retard des céréales, qui s'est réduit de six à douze jours au stade épiaison. Des interrogations demeurent toutefois sur l’impact des températures très basses de fin mai au moment de la méiose pour certaines variétés précoces de blé et pour les escourgeons. De même que sur les conséquences du déficit d’ensoleillement en Picardie de 25 à 50 % par rapport aux normales sur vingt ans.
A contrario, ces conditions ont profité largement aux cultures de printemps, avec néanmoins une interrogation sur les maïs. Dans le même temps, la pression des maladies était réelle, mais toutefois maîtrisée.
Le mois de juin pluvieux et des températures supérieures à 15°C ont favorisé un remplissage optimum des grains. Toutefois, pour les céréales à paille, des inquiétudes demeurent sur le risque élevé de verse.

Blé : dans la moyenne quinquennale
Cela étant, le comité a estimé le rendement moyen du blé tendre autour de 84 qx, une valeur égale à la moyenne quinquennale. La production picarde serait en légère augmentation par rapport à 2012 (+2,5%), autour de 4,56 Mt. Les trois départements picards présenteraient des rendements similaires, la Somme légèrement supérieure par rapport aux deux autres départements.
Les membres du comité ont été unanimes pour retenir l’aspect relativement homogène des cultures. Mais ils ont fait remarquer que beaucoup d'éléments sont encore difficilement mesurables, notamment l’impact du gel et le manque d’ensoleillement à la montaison. Les conditions de maturation des blés seront un élément déterminant.
Mêmes appréhensions pour les escourgeons, dont les cultures sont déjà bien avancées. Les rendements approcheraient les 84 qx au niveau régional, en légère augmentation par rapport à l’année dernière.
Pour les orges de printemps, les conditions climatiques du printemps ont été optimales. Les rendements attendus sont conformes à l’année précédente, autour de 71 qx.

Colzas en baisse, pois en hausse
Les rendements du colza devraient baisser par rapport à l'an dernier, autour de 35 qx, soit 3 qx de moins que la moyenne décennale. L’Oise afficherait un rendement de 31 qx, en retrait par rapport aux autres départements. La production diminuerait de 10%, autour de 500 000 tonnes.
Les pois présentent un bon potentiel et leur rendement pourrait se situer autour de 52 qx, en hausse par rapport à l’année dernière (48 qx). Quant aux féveroles qui ont également bénéficié de conditions climatiques favorables, leur potentiel de rendement serait en hausse, autour de 55 qx.

Les estimations de surface

- Blé tendre : la sole picarde devrait être identique à 2012, proche des 545 000 ha, soit environ 50% de la surface agricole utile.
- Orges d'hiver : légère augmentation (+ 1,5%) à 59 500 ha.
- Orges de printemps : en baisse de 9%, autour de 36 500 ha.
- Maïs : plus de 6% de hausse, cette culture bénéficiant en grande partie des reports de surfaces dues aux retournements des parcelles de colza.
- Colza : encore en progression cette année pour atteindre le niveau record de 144 500 ha (+1,3 %).
- Pois protéagineux : encore en diminution. La chute atteindrait les 16 %.
- Féveroles : en progression de 12%, autour de 16 000 ha.

Source : les estimations du service statistique de la Draaf, consolidées par les premières extractions des déclarations PAC des exploitants.

Attention à la protéine

Rémi Haquin, président du conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer, a rappelé lors de ce comité les enjeux de la qualité des blés français et en particulier des blés picards dont la moitié est exportée. Alors que les cahiers des charges de nos acheteurs traditionnels de céréales (pays du Maghreb et du Proche Orient) exigent un taux minimal de protéines de 11,5%, la teneur en protéines des blés meuniers français ne cesse de diminuer depuis plusieurs années. C'est préoccupant. Face à la concurrence mondiale et européenne, la France risque de perdre sa place de leader d’exportateur européen.
Comment réagir ? Plusieurs pistes sont envisagées, notamment le progrès génétique et surtout les pratiques agronomiques permettant d’optimiser les apports d’azote strictement nécessaires aux besoins de la plante.

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