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Un coup de «pousse» bienvenu pour les Pépinières Crété

Au sud-ouest de la Somme, les Pépinières Crété figurent parmi les lauréats régionaux de l’appel à projet pour l’amont de la filière bois-forêt du plan France Relance. 

Antoine Crété, le fondateur de l’entreprise, Jean-Claude Leclabart, Laurent Pietraszewski, Pierre et Clément Crété ont symboliquement planté un arbre marquant leur contribution au programme «50 millions d’arbres» annoncé en décembre dernier par le ministère de l’Agriculture.
© V. F.

D’ordinaire fermées au public le dimanche, les Pépinières Crété à Lafresguimont-Saint-Martin ont fait une exception le 18 avril dernier. L’entreprise accueillait en effet le secrétaire d’État auprès de la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, chargé des Retraites et de la Santé au travail, Laurent Pietraszewski, et le député (LREM) Jean-Claude Leclabart. Le représentant du gouvernement ainsi que l’élu de la quatrième circonscription de la Somme n’étaient pas peu fiers d’annoncer aux gérants des pépinières que l’enveloppe qu’ils ont décroché dans le cadre de France Relance atteint un montant de 376 000 €.
Lancé en décembre dernier, l’appel à projet pour l’amont de la filière bois-forêt était ouvert aux entreprises de la filière bois-forêt en France, et plus particulièrement aux pépiniéristes forestiers porteurs de projets «permettant une meilleure gestion et maîtrise de l’eau ainsi qu’une protection renforcée face aux aléas climatiques», et aux entreprises de reboisement et leurs projets visant à «l’amélioration du transport et de la conservation des plants». 97 professionnels ont finalement été retenus à l’échelle nationale. Parmi eux, trois sont installés dans les Hauts-de-France : le Gaec des pépinières de Thieffry à Chéreng (59), 2SP à Neufvy-sur-Aronde (60), et les Pépinières Crété sélectionnés pour deux dossiers.

Amélioration des outils de production et des conditions de travail

Grâce au coup de pouce de France Relance, Clément et Pierre Crété ont désormais les moyens d’accélérer le développement ambitieux qu’ils se sont fixés, comme l’expliquait le premier : «On a désormais notre cap pour les dix prochaines années». Alors que les Pépinières Crété ont produit et planté 500 000 arbres en 2019, leur objectif est d’atteindre le million de plants dans les cinq ans à venir. Pour cela, les frères Crété ont investi dans l’achat d’une exploitation agricole à Brocourt qui leur permet de disposer de 65 hectares de parcelles à planter. «Avec l’augmentation de notre activité, on devenait un peu court», justifie Clément Crété. «L’objectif est de tenir le marché et de répondre à la demande», poursuit le gérant de l’entreprise. «Nous ne sommes pas dans les standards agricoles, mais on suit les mêmes règles agronomiques. Il faut respecter une certaine rotation et éviter la monoculture pour éviter les maladies».
L’aide accordée dans le cadre du plan de relance va permettre aux frères Crété de réaliser des travaux d’aménagement pour augmenter la capacité de production, dont le triage des plants. Sur le plan humain et des conditions de travail, l’entreprise compte aussi investir dans des outils pour favoriser le désherbage – «désherber à la binette, c’est fini», sourit Pierre Crété –, l’irrigation des parcelles ou la plantation en milieu naturel. L’entreprise qui a embauché trois salariés en 2020 et compte déjà trois nouvelles recrues en 2021
compte actuellement quinze salariés. De novembre à avril, elle compte aussi sur le renfort d’intérimaires et de saisonniers.

«Un bon signal»
En décembre dernier, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie avait annoncé le lancement d’un vaste programme national de «repeuplement» des forêts françaises permettant de planter «50 millions d’arbres» afin de lutter contre les effets du réchauffement climatique. En bénéficiant du Plan de relance, les Pépinières Crété pourront y apporter leur contribution. Pour le député Jean-Claude Leclabart, voir l’entreprise samarienne être accompagnée par le Plan de relance est aujourd’hui «un bon signal» ; pour la réussite de ce programme «50 millions d’arbres» – on peut y ajouter celui engagé par la Région Hauts-de-France, le développement de l’agroforesterie –, mais aussi pour l’agriculture de la Somme : «C’est aussi une manière de montrer que dans la Somme, on ne fait pas que des betteraves, des pommes de terre et des céréales et que l’on a aussi quelques belles pépites, qui font partie des rescapés du secteur horticole, et qui méritent d’être mises en avant», a-t-il dit.

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