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Environnement
Un excès de zèle de l’OFB qui agace les agriculteurs

Lors de la dernière session de la Chambre départementale d’agriculture, ses élus ont regretté les méthodes et motifs d’intervention de certains agents de l’Office français de biodiversité (OFB). Ils en appellent désormais à leur autorité de tutelle pour apaiser les relations. 

Après avoir vécu une année 2020 éprouvante – la Covid-19 n’est pas la seule responsable, même si elle participe à ce sentiment –, les agriculteurs s’attendaient sans doute à un peu plus de répit en ce début d’année 2021. Mais c’était sans compter sur des conditions météorologiques qui ont perturbé les travaux des champs et une pression inattendue : celle d’agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) dans l’exercice de leur mission de police de l’environnement. Pour que le sujet fasse l’objet d’une motion lors de la session de la Chambre départementale d’agriculture de la Somme, mardi 16 mars, c’est parce que «la coupe est pleine», a réagi le président de la FDSEA 80, Denis Bully, à qui l’on doit cette motion. 

Des travaux guidés par l’urgence

Pour comprendre l’origine de ces récentes tensions entre l’OFB et le monde agricole, – il en existe aussi de plus anciennes –, il faut revenir quelques semaines en arrière. Au cours des mois de janvier et de février derniers, plusieurs agriculteurs ont, en effet, été verbalisés pour avoir réalisé des épandages de produits organiques dans leurs parcelles. Ce qui leur a été reproché ? D’avoir enfreint les règles du programme d’actions national à mettre en œuvre dans les zones vulnérables afin de réduire la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole du 27 avril 2017 et du Programme d’actions régional du 30 août 2018.
Ce sont ces textes qui interdisent notamment les épandages de produits organiques au rapport C/N supérieur à 8, avant le 15 janvier, et l’épandage sur sols gelés. Mais du côté des agriculteurs, on tente d’expliquer que ceux qui ont agi ainsi «n’avaient pas le choix», et que c’est bel et bien «l’urgence» qui a motivé les travaux avec des capacités de stockage des effluents saturées. Dans ces conditions, pour la profession agricole, «l’intensification des verbalisations conduits par les agents de l’Office français de la biodiversité» conjuguée à «l’absence de démarche auprès de la DDTM ou de la chambre d’agriculture pour comprendre ce qui amenait les agriculteurs à être nombreux à engager leurs travaux à cette période et dans ces conditions» passent mal. «S’il y avait eu un peu plus de dialogue et de compréhension de la part de l’OFB, peut être que nous aurions pu éviter certaines situations», déclare Denis Bully. En dernier lieu, «voir des agents en arme venir à votre rencontre dans les champs alors que vous êtes seulement en train de travailler génère du stress», expliquait-on également, mardi dernier. 

«Excès de zèle» par des agents «très remontés»

À la lecture de la motion, la présidente de la chambre d’agriculture, Françoise Crété, acquiesce et partage elle aussi des «remontées de terrain» : «Le vrai problème, c’est de nous empêcher de vivre et de travailler sereinement. Des agriculteurs nous appellent pour dire qu’ils ne savent plus comment entretenir une haie, un cours d’eau, un bord de champ sans risquer de ne pas être dans les clous. D’autres ont été verbalisés pour des grains perdus sur la chaussée. Qu’en est-il du droit à l’erreur cher au président de la République ?». Sans sourciller, elle évoque «des excès de zèle». Lors du vote du texte, celui-ci recueillera 24 voix sur 25.

Représentant les chasseurs, le président de la Fédération départementale des chasseurs de la Somme (FDC80), Yves Butel y a apporté son soutien. Et pour cause : «Pour nous aussi, les dernières semaines ont été compliquées et les relations ont été tendues, a-t-il dit. Nous avons échangé avec la FDSEA et nous faisons le même constat… On sent que les agents de l’OFB sont très remontés en ce moment, mais cela ne doit pas durer. C’est un problème qu’il faut résoudre.» Pour cela, Yves Butel envisage d’inviter les responsables nationaux de l’OFB dans la Somme pour «un échange, sur le terrain», et d’y associer la profession agricole. Le texte de la motion est, quant à lui, très explicite sur ce que le monde agricole attend de sa relation apaisée avec l’OFB. Il propose ainsi que les agents de l’OFB puissent bénéficier «d’une formation à l’agriculture significative».

OFB en Baie de Somme

En ce qui concerne les procédures engagées suite aux verbalisations dressées cet hiver, la profession agricole demande «une bienveillance du Parquet», compte tenu de circonstances exceptionnelles, et qu’une contre-expertise de chaque situation ayant donné lieu à une verbalisation puisse être effectuée. Enfin, puisque le mal est fait, la motion indique une intention de «consigner les actes, propos et méthodes employés durant ces périodes par les agents de l’OFB» auprès de la cellule Demeter. 

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