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Canal Seine-Nord Europe
Un petit port pour Péronne, des grandes opportunités pour la région

Jusqu’à fin novembre, la Région Hauts-de-France et ses partenaires invitent habitants et acteurs locaux, économiques et politiques, à venir découvrir l’utilité des futurs ports intérieurs qui jalonneront le tracé du Canal Seine-Nord Europe.

À quoi vont servir les ports intérieurs du Canal Seine-Nord Europe ? Où seront-ils installés ? Quand seront-ils en service et, surtout, qui va les utiliser ? Ce sont autant de questions qui commencent à trouver réponse lors des réunions de présentation de ces futures infrastructures organisées par la Région Hauts-de-France et les parties prenantes du projet de canal à grand gabarit. Jusqu’au 23 novembre, quatre réunions sont programmées. La semaine dernière, c’est à Péronne que la première d’entre elle a eu lieu, à l’espace Mac Orlan. Un peu plus de soixante-dix personnes, élus des collectivités, responsables professionnels et particuliers y ont participé. Le lieu de la rencontre n’avait rien d’un hasard puisque c’est là qu’avait eu lieu, il y a quatre ans, «L’appel de Péronne» qui avait scellé l’engagement de relance du projet de Canal Seine-Nord. Les ports intérieurs, que l’on appelait communément «plateformes multimodales» seront au nombre de 4 – Marquion-Cambrai, Nesle, Noyon et Péronne -, et distants chacun d’environ 25 km. 

 

Créateur de valeur 

En ce qui concerne le port intérieur à Péronne, sa réalisation continue d’être discutée avec la Société du Canal Seine-Nord et la Communauté de communes de la Haute-Somme. Pour chacun des projets, la logique sera la même. Les autres ports, et donc d’ores et déjà les quatre intercommunalités impliquées, sont incités à travailler ensemble : «Nous souhaitons ardemment que les quatre ports travaillent en réseau», défend Franck Dhersin, vice-président de la Région Hauts-de-France en charge des mobilités, infrastructures de transport et des ports. «C’est le rôle de la Région de les faire travailler ensemble et éviter des doublons qui n’auraient pas de sens.» L’élu du Dunkerquois assure être vigilant sur la future utilisation des ports et leurs occupants : «Nous voulons de la cohérence et nous veillerons à ce que les acheteurs d’une parcelle de terrain l’occuperont bien eux-mêmes et qu’ils ne fassent pas de la spéculation.» Concernant la nature des activités, le vice-président de la Région veut aussi jalonner le terrain : «Nous voulons des activités qui amènent de la valeur ajoutée, et pas seulement des entrepôts logistiques.» L’idéal se trouverait, selon M. Dhersin, dans un mix entre «grandes entreprises et PME-PMI». D’une manière générale, sont visées des entreprises utilisatrices du transport fluvial et ferroviaire (céréales, agro-industries, matériaux de construction et granulats, conteneurs, chimie, déchets…) ou d’autres déjà présentes sur le territoire, mais qui souhaiteraient explorer un nouveau mode de transport. 

 

Une localisation de choix

Le port de Péronne devrait s’étendre sur 41,4 ha ; ce qui en fera le plus petit des quatre. À titre de comparaison, celui de Noyon occupera 45 ha. Celui de Nesle s’étendra sur 86,7 ha et, enfin, Marquion-Cambrai, le plus grand, mobilisera 156 ha avec un quai d’une longueur d’un kilomètre, contre 400 m pour les autres. Sur les 41,4 ha du port de Péronne, 11,2 seront consacrés au terminal portuaire en tant que tel ; le reste servant à accueillir une zone d’activités. 

Si les premiers coups de pioche ne sont pas pour tout de suite et qu’il reste un tas de formalités administratives à régler, la localisation du futur port intérieur de Péronne ne fait plus débat : «Après avoir étudié plusieurs scénarios, nous avons trouvé un lieu pour que ce projet soit une réussite», assurait en milieu de semaine dernière, Éric François, président de la communauté de communes de la Haute-Somme. Prévue initialement sur la commune d’Éterpigny, la plateforme s’étendra finalement sur la commune de Péronne, au sud de la ville, «de manière à la connecter à la zone d’activité de la Chapelette et de la friche Flodor». Pour l’architecte-urbaniste Yann Tavart, «la singularité de cette implantation est d’être à proximité immédiate de l’autoroute A1 et d’une gare TGV, ce qui est un sérieux avantage». Autant d’atouts qui font que c’est le port de Péronne qui accueillera aussi sur son espace le futur centre de maintenance du Canal Seine-Nord Europe, et une cinquantaine d’emplois supplémentaires à la clé.

 

Des retombées économiques attendues

Au moment où les travaux de la première phase ont débuté, «les ports intérieurs, ce seront 25 à 30 000 emplois supplémentaires», s’enthousiasme Franck Dhersin. L’emprise foncière a, quant à elle, fait l’objet d’une prise en compte particulière. Les quatre ports n’occuperont plus «que» 330 ha, contre une prévision de 365 ha lors de la déclaration d’utilité publique de 2008. Soulevée par le conseiller régional d’opposition, Thomas Hutin, la question de la rentabilité de ces infrastructures n’est pas un sujet pour Franck Dhersin qui se montre confiant : «Il a fallu douze ans à la plateforme de Dourges pour décoller. Mais aujourd’hui, qui regrette son implantation ? Au début, c’est forcément quelque chose qui coûte de l’argent, mais au bout de quelques années, cela en rapporte et permet de créer de nombreux emplois.» Et d’ajouter : «On ne sait pas vraiment dire sous quel laps de temps ces ports intérieurs deviendront des investissements rentables, mais ils le seront, c’est certain, parce qu’ils seront multimodaux.»

 

Quel avenir pour la friche «Flodor» ? 

Répondant à une question sur le réemploi de la friche Flodor, le président de la Communauté de communes de la Haute-Somme, Éric François assure qu’il y aura bien une complémentarité des usages entre le futur port intérieur de Péronne et l’espace laissé libre par la disparition de l’entreprise agroalimentaire en 2004 : «Nous allons l’aménager (la friche Flodor, ndlr) à partir de l’année prochaine en étant preneurs de toute entreprise qui voudrait s’y installer. Pour nous, il ne s’agit pas d’une réserve foncière pour le port, mais d’un site à part entière à développer. L’espace en friche va être commercialisé très rapidement. Nous espérons y accueillir des entreprises en 2024-2025.» Il y a quelques mois, c’est un projet d’implantation d’une entreprise belge de transformation de pommes de terre qui était évoqué lors d’un conseil communautaire. Le porteur de projet en question souhaitant rester discret sur une possible implantation, d’autres pistes ne sont pas fermées pour l’aménagement de cette zone d’environ 18 ha. 
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