Syndicalisme
Un planteur picard à la tête des betteraviers européens
Réunis le 20 mai pour leur assemblée générale annuelle, les membres de la Confédération internationale des betteraviers européens (CIBE) ont porté à leur présidence un planteur axonais bien connu du réseau betteravier français : Guillaume Gandon. Sa feuille de route vise à remettre la défense du revenu des planteurs au cœur de la politique sucrière européenne.
Réunis le 20 mai pour leur assemblée générale annuelle, les membres de la Confédération internationale des betteraviers européens (CIBE) ont porté à leur présidence un planteur axonais bien connu du réseau betteravier français : Guillaume Gandon. Sa feuille de route vise à remettre la défense du revenu des planteurs au cœur de la politique sucrière européenne.
Installé depuis 1994 à Chéry-lès-Pouilly, dans l’Aisne, Guillaume Gandon cultive betteraves sucrières, blé, orge de printemps, colza et légumes industriels. Engagé de longue date dans les organisations professionnelles, il occupe aujourd’hui les fonctions de vice-président de la Confédération des planteurs de betteraves (CGB) et de vice-président de l’Association mondiale des producteurs de betteraves et de canne à sucre depuis 2022.
Au sein de la CIBE, il présidait déjà le comité économique. Son élection à la présidence intervient dans un contexte particulièrement tendu pour la filière sucrière européenne, confrontée à une volatilité des marchés, à des contraintes réglementaires croissantes et à une pression concurrentielle internationale de plus en plus forte.
« Reconstruire une véritable politique sucrière européenne »
Dans sa première prise de parole en tant que président, Guillaume Gandon a tenu à saluer le travail de son prédécesseur avant de dresser un constat sans détour sur l’état du secteur.
« Je succède à Marcel Jehaes, que je tiens à remercier, alors que son mandat touche à sa fin, pour avoir défini la feuille de route de la CIBE lors de notre dernier congrès annuel. Je suis conscient de l’ampleur de cette tâche pour l’avenir de notre secteur betteravier », a-t-il déclaré.
Le nouveau président pointe plusieurs sujets majeurs d’inquiétude : les déséquilibres du marché, les tensions géopolitiques, la réduction des solutions de protection des cultures et les futures discussions autour de la PAC et de l’élargissement de l’Union européenne à l’Ukraine.
« Les producteurs peinent à maintenir les moyens de production nécessaires pour protéger leurs cultures », insiste-t-il, dans un message qui résonne particulièrement auprès des planteurs confrontés depuis plusieurs campagnes à l’impasse technique autour de certains produits phytosanitaires.
Mais derrière ce diagnostic, Guillaume Gandon entend surtout porter une ligne offensive à Bruxelles. « Mon objectif sera de défendre sans relâche les revenus des producteurs, de soutenir la mise en place d’une politique sucrière européenne efficace et solide, dotée d’un véritable filet de sécurité, d’une politique de protection des cultures fondée sur les risques et de conditions de concurrence équitables face aux concurrents tiers », affirme-t-il.
Défense du revenu et souveraineté agricole
Pour le nouveau président de la CIBE, sans outils de production performants ni régulation européenne adaptée, les exploitations betteravières familiales risquent de perdre en compétitivité face aux importations extra-européennes.
Dans un contexte où les producteurs dénoncent régulièrement les distorsions de concurrence avec certains pays tiers, Guillaume Gandon plaide pour une politique plus protectrice et plus cohérente à l’échelle européenne. « Telles sont les conditions indispensables à la pérennité de nos exploitations familiales de betteraves sucrières dans l’UE et de notre secteur », souligne-t-il.
Et de conclure avec une ambition assumée : « Mon objectif, en tant que président de la CIBE, est de reconstruire une véritable politique sucrière européenne. »
Aux côtés de Guillaume Gandon, les membres de la CIBE ont également élu le Néerlandais Arwin Bos à la vice-présidence de l’organisation. L’Allemand Bernhard Conzen et le Belge Hendrik Vandamme prendront respectivement la présidence et la vice-présidence du comité économique, tandis que le Polonais Krzysztof Nykiel et l’Italien Luigi Maccaferri piloteront le comité technique et de contrôle des réceptions.