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Un pneu adapté et qui dure

Le pneu est un élément essentiel, notamment sur les tracteurs, car c’est lui qui assure le déplacement, la direction et permet l’entraînement des outils. Mais son choix relève de plusieurs critères entre lesquels il va falloir composer.

Une large gamme de pneumatiques agricoles chez Hurand Team.
© A.L.

Le premier est bien entendu l’usage que l’on fait du tracteur sur lequel il est monté. Est-ce pour labourer ? 
Dans ce cas, il faudra opter pour une bonne qualité de pneumatiques qui assure une traction et une adhérence optimales. Pour faire de la route ? Le pneu devra être résistant à l’usure sur le revêtement routier. Autant dire que le peu idéal, parfait pour tous les usages, n’existe pas : l’agriculteur devra trouver le bon compromis entre les différents usages souhaités.
Un autre point réside dans la largeur des roues. L’écartement de certaines cultures requiert des pneus étroits pour moins écraser les plantes. Certains agriculteurs ont des jeux de roues complètes montés en pneus larges et en pneus étroits qu’ils peuvent changer eux-mêmes. Quand il s’agit de changer uniquement les pneumatiques, ils font alors appel à une entreprise spécialisée dans le pneu.

Histoire de pression
«Les pneus sont censés résister à un usage sur route avec charge, c’est ainsi qu’ils sont testés», expliquent Bernard et Sylvain Hurand, de First Stop, installés à la Ferté-Milon (02). C’est surtout à la pression des pneus que doivent être attentifs les exploitants agricoles. Une pression plus forte
(1,2 kg) pour la route et une pression plus basse pour le travail en plaine, pour améliorer la portance et limiter le tassement des sols. Chaque fabricant de pneus donne la pression préconisée selon la vitesse d’avancement et la charge.
«L’idéal est de peser le pont avant et le pont arrière du tracteur avec l’outil qui sera utilisé, charrue, semoir ou outil de travail du sol. En fonction de cela, on déterminera la pression idéale, à la fois pour le travail et la route. Laquelle pression est différente s’il s’agit d’un outil traîné ou porté», détaille Sylvain Hurand. Chaque combinaison tracteur et outil a sa pression idéale, celle qui ne va pas tasser le sol, va préserver le pneu tout en permettant d’avancer sur la route.
Pour cela, il faut régulièrement contrôler la pression des pneus et, pour ce faire, des contrôleurs de pression peuvent être utilisés, plus précis que les manomètres, lesquels ne sont pas toujours bien étalonnés. «On observe parfois des différences importantes, de l’ordre de 200 g entre les mesures chez les agriculteurs et à l’atelier», témoigne Bernard Hurand. Selon lui, le télé-gonflage est sans doute une évolution intéressante «qui permet de passer d’une pression de 800 g au champ à une pression de 1,2 kg dès que l’agriculteur revient par la route à la ferme. Comme les nouveaux tracteurs, qui roulent maintenant à 60 km/h sont équipés de freins à air utilisant un compresseur, celui-ci pourra servir au télé-gonflage.»
En attendant la généralisation de cette technique, les manufacturiers proposent des pneus à carcasse radiale, en gamme standard des roues étroites, des standards ou des larges pour éviter le jumelage qui tasse le sol et forme un gabarit route très large. Ils proposent également des pneus de nouvelles technologies, c’est-à-dire avec des carcasses plus solides, donc plus chères qui, à pression égale avec un pneu standard, supportent des charges supérieures de 20 %. Ce qui permet de diminuer la pression des pneus et donc de préserver les sols, un argument auquel les agriculteurs sont sensibles.
Un autre aspect dans le choix des pneumatiques réside dans le respect de la prépondérance. La prépondérance, c’est l’avance du pont avant sur le pont arrière. En effet, les roues avant sont plus sollicitées pour la direction et la motricité et elles tournent à une vitesse supérieure, entre 1 et 4 %. Ce rapport de ponts, choisi par les constructeurs de tracteurs, doit être respecté lors du montage des pneumatiques.
Pour finir, un pneumatique bien entretenu et utilisé dans de bonnes conditions, dure entre 5 et 6 000 heures, soit entre cinq et six ans pour un usage habituel du tracteur. Bien évidemment, la nature des sols va impacter leur intégrité, selon la présence de cailloux ou non, les silex étant les plus tranchants. «Il ne fait pas bon vendre des pneus dans des régions où les sols n’ont pas de cailloux, ressuient vite et ne provoquent pas de patinage», plaisantent Bernard et Sylvain Hurand.

Pénuries de pneus à venir

En 2020, l’arrêt de l’économie mondiale et des échanges  a pénalisé le secteur des pneumatiques agricoles, pourtant une des rares activités qui a peu s’exercer presque normalement. Les usines de fabrication ont été arrêtées et leur redémarrage ne comble pas le retard. Déjà, certains modèles sont en rupture de stock. «Nous ne pourrons pas donner satisfaction à tous nos clients, faute de marchandise. De même, les cours de métaux sont à la hausse et des pénuries de jantes sont annoncées pour les mois à venir», se désolent Bernard et Sylvain Hurand. Le magasin a encore du stock mais il faudra parfois proposer d’autres marques pour pallier les pénuries parmi Michelin, Kléber, Tauris, Trelleborg, Bridgestone, Firestone et le récent BKT.
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