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Alimentation animale
Un programme pour renforcer l’autonomie protéique des élevages

La France ne produit que la moitié des protéines dont elle a besoin. L’autre moitié est comblée par l’importation du soja de pays tiers, ce qui rend les élevages français vulnérables à la volatilité des cours. La Chambre d’agriculture de la Somme a participé aux travaux de Cap Protéines, visant à accroître l’autonomie protéique des élevages de ruminants en France. Point sur nos résultats.

Pour limiter le recours aux importations, deux possibilités existent : soit baisser l’utilisation du maïs ensilage dans les rations afin de diminuer la consommation de tourteau soja, mais cela nécessite d’utiliser plus d’herbes dans les rations, soit intégrer dans l’assolement des fourrages riches en protéines ou dans la production de graines.

C’est dans ce contexte que la Chambre d’agriculture de la Somme a participé aux travaux du programme national Cap Protéines, visant à accroître l’autonomie protéique des élevages de ruminants en France d’ici 2030. L’objectif était de mettre en place cette année, une plateforme de légumineuses fourragères pour en sortir des références sur le comportement agronomique des différentes espèces et ainsi trouver des pistes de substitution. 

Au total, ce sont 13 légumineuses qui ont été testées et implantées dans le Vimeu sur un sol argilo-calcaire le 22 septembre 2021. Une fertilisation en phosphore et potasse a été apportée avant le semis à hauteur de 60 u de P et 150 u de K.

Au niveau des espèces, nous retrouvons la vesce velue d’hiver, la fèverole, le trèfle incarnat, le pois fourrager, la vesce de Pannonie, le trèfle hybride, le trèfle de Micheli, le trèfle d’Alexandrie, la vesce de Narbonne, le trèfle vésicule, la lentille noirâtre, la vesce commune d’hiver et le trèfle Squarossum.

Une première fauche (C1) a eu lieu le 29 avril 2022 et une deuxième (C2) le 10 juin 2022 (C1 + 6 semaines). Comme nous pouvons le constater sur le graphique ci-contre nous avons eu un bon comportement des vesces à l’exception de la vesce commune d’hiver qui a subi des dégâts de gel. Cette dernière affiche un bon comportement sur les autres plateformes. Au niveau des trèfles, le trèfle vésicule et hybride n’ont pas pu être récoltés en raison d’un faible développement par rap-port aux autres. 

Peu d’espèce ont redémarré suite à la première fauche. S’agissant des trèfles, seul le trèfle Squarossum et d’Alexandrie ont eu un redémarrage rapide car plus tardifs. 

Sur la première coupe, la teneur en protéines des vesces de Narbonne, de Pannonie et velue d’hiver est très satisfaisante d’autant plus que ces espèces possèdent un bon rendement. En revanche, la valeur alimentaire des trèfles est un peu décevante. 

L’essai teste également le rendement et la valeur alimentaire des trèfles et des vesces à différents stades physiologiques. 

Plus nous avançons dans le stade, moins bonne est la valeur protéique. Cependant, la baisse est plus faible qu’un ray grass ou un seigle. Le trèfle d’Alexandrie s’est bien comporté dans l’essai en raison de l’hiver doux. Dans le cas d’un méteil d’hiver que l’on souhaite récolter tôt (fin avril), ces trois trèfles assurent un rendement et une valeur alimentaire correcte à fin avril. 

Les vesces disposent d’excellentes valeurs alimentaires. Dans l’essai, la vesce velue d’hiver se démarque pour son rendement précoce et sa valeur en protéines qui atteint presque les 30 % début avril. 

Cette expérimentation permet à la chambre d’agriculture de recommander des associations de méteils intéressantes à tester. L’association avec une graminée fourragère permet d’augmenter le rendement et couvre le sol plus rapidement pour limiter le salissment des méteils. Les mélanges ensilés peuvent contribuer à améliorer le niveau d’autonomie protéique des élevages à condition d’être suffisamment riches en protéines. Associer plusieurs espèces est un gage de réussite d’un méteil car la rigueur plus ou moins importante de l’hiver va influencer le développement de celles-ci. 

Pour une récolte précoce (avant un maïs ensilage), la chambre d’agriculture conseille d’associer les vesces et les trèfles à un seigle. Pour une récolte plus tardive, on remplacera le seigle par de l’avoine ou du triticale. Contrairement à un ray grass, ces méteils sont moins gourmands en eau et en azote et, par conséquent, moins pénalisant pour le maïs qui va suivre.

Vous vous interrogez sur la valeur protéique de vos fourrages ? Ou sur votre autonomie à fournir un fourrage riche en protéines à votre élevage ? Rapprochez-vous de votre conseiller Chambre d’agriculture de la Somme.

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