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Installation-transmission
Un renouvellement des générations insuffisant en région

Maintenir le nombre de fermes est un enjeu crucial de dynamique territorial. Or, en Hauts-de-France encore plus qu’au national, les installations sont moins nombreuses que les départs. Le PAIT (Point accueil installation-transmission) dressait le bilan lors de sa conférence annuelle, le 11 octobre à Vignacourt.

En Hauts-de-France, on compte trois départs pour deux installations.
En Hauts-de-France, on compte trois départs pour deux installations.
© image générée par l’IA

Dans les dix prochaines années, la moitié des agriculteurs des Hauts-de-France transmettront leur exploitation. Et c’est sans compter les reconversions professionnelles en cours de carrière. C’est le constat que dresse le PAIT (Point accueil installation-transmission) régional, qui tenait sa conférence annuelle le 11 octobre à Vignacourt. Le nouvel observatoire Hauts-de-France du renouvellement des générations agricoles y était présenté.

«L’enjeu de l’installation et de la transmission est de maintenir une agriculture de production sur nos territoires. Sa diversité en fait un élément important de l’économie et de l’emploi. Notre objectif est donc d’accompagner le mieux possible chaque projet, quel qu’il soit», introduit Francine Théret, présidente de la commission régionale installation transmission emploi et formation de la chambre d’agriculture.

En Hauts-de-France, il y a du pain sur la planche. «Entre 2019 et 2023, le taux de remplacement des chefs d’exploitation est de 67 % en Hauts-de-France. Comptez trois départs pour deux installations», précise Pauline Ducrocq, conseillère installation-transmission à la Chambre d’agriculture du Nord-Pas-de-Calais. Elle s’amuse à dresser le portrait-robot du nouvel installé : «il s’agit d’un homme de trente et un ans, qui s’installe en individuel sur 109 hectares, en système de polyculture-élevage». Près de la moitié de ces installations est en effet réalisée en polyculture-élevage. Sur près de trois-mille installations entre 2019 et 2023, 28 % sont des femmes. Le cédant, lui, est «un homme de soixante et un ans, qui cède une exploitation de polyculture-élevage de 70 hectares». Si les installés sont moins nombreux d’année en année, les cédants le sont eux aussi.

Préparer la retraite

Pour ces cédants, le départ est un moment clé de leur carrière qu’il faut préparer. D’après une étude de la Draaf régionale, «à l’aube du départ, 1 650 exploitants ne connaissent pas le devenir de leur exploitation dans les trois prochaines années». Or, sans repreneur, «se pose la question de l’avenir de l’outil et des terres, alors destinées à l’agrandissement d’exploitations voisines». Pour Pauline Ducrocq, remplir son document Dicaa (Déclaration de cessation d’activité agricole) est un point de départ. «Trop de personnes ne le font pas encore aujourd’hui. C’est un préalable obligatoire au départ à la retraite, et ça permet de mettre le pied dans le projet.»

Des cafés de l’émergence

Les porteurs de projets, eux, bénéficient aussi d’un accompagnement, collectif puis individuel, du PAIT. «Nous orientons aussi les personnes dont le projet et moins défini, ou qui n’ont pas de foncier, vers les cafés de l’émergence. Il s’agit de créer une dynamique collective grâce aux échanges entre porteurs de projets.» Quelques installations concrètes aboutissent. Mais là n’est pas la finalité. «Certains repoussent l’installation en s’orientant d’abord vers une formation ou du salariat pour prendre de l’expérience. D’autres personnes se rendent compte que leur idée n’est pas viable. Éviter les échecs est une réussite !» Une bonne installation est une carrière d’agriculteur viable à long terme.

 

Chiffres clés

(en Hauts-de-France entre 2019 et 2023)

31 ans en moyenne au moment de l’installation

61 ans en moyenne au moment du départ

590 installations par an en moyenne

883 départs par an en moyenne

47 % des installations en polyculture-élevage

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